À Gaza, le cessez-le-feu et la première phase du plan de paix sont-ils de nouveau en danger ? Quelques jours seulement après de premières tensions sur le sujet, qui menaçaient déjà la suspension des hostilités moins de 48 heures après que celle-ci a été formulée, de nouveaux bombardements israéliens ont retenti dans l’enclave palestinienne mardi.
D’après les hôpitaux gazaouis et la défense civile, les attaques aériennes, qui ont entre autres visé l’hôpital Al-Shifa, dans la ville de Gaza, ainsi que le nord et le sud de l’enclave, ont tué au moins 91 personnes, dont 24 enfants. Quelque 200 autres ont été blessées. C’est le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui a ordonné à l’armée israélienne de mener de « puissantes » frappes sur le territoire, indique un communiqué diffusé par son cabinet.
Mort d’un soldat israélien
L’une des causes de cette escalade est la mort mardi de Yona Efraim Feldbaum, 37 ans, un soldat israélien « tombé au combat dans le sud de la bande de Gaza ». D’après Reuters, alors qu’il était à bord de l’avion présidentiel Air Force One l’emmenant en Corée du Sud – dernière étape de sa tournée asiatique –, Donald Trump a déclaré à ce propos : « De ce que j’ai compris, (le Hamas) a abattu un soldat israélien. Les Israéliens ont donc répondu, comme ils doivent le faire. Quand cela se produit, ils doivent répondre. » Et d’ajouter : « Personne ne sait exactement ce qui est arrivé au soldat israélien, mais ils ont dit que c’était un tir de sniper. »
Un responsable de l’armée israélienne a également accusé le Hamas d’avoir violé le cessez-le-feu, en menant des attaques contre les forces israéliennes dans une zone contrôlée par l’État hébreu près de Rafah. Le Hamas a nié toute attaque visant des soldats israéliens, réaffirmant son attachement au cessez-le-feu.
Accusations mutuelles
Plus tôt dans la journée, Benyamin Netanyahou avait déjà accusé le mouvement islamiste palestinien d’avoir violé le cessez-le-feu : le gouvernement israélien avait alors assuré que les restes de l’otage rendu la veille par le Hamas étaient en réalité « d’autres parties du corps » d’Ofir Tzarfati, dont la dépouille avait déjà été récupérée par l’armée israélienne dans le territoire palestinien, à la fin de l’année 2023. Il avait promis une réponse israélienne.
Assurant dans un premier temps qu’il remettrait la dépouille d’un otage trouvée dans les tunnels de Gaza, le Hamas avait ensuite fait marche arrière, accusant l’autre belligérant de violation du cessez-le-feu.
« Le cessez-le-feu tient »
Le tout semble s’être fait avec l’accord des États-Unis. Au Monde, la porte-parole du gouvernement israélien Shosh Bedrosian a assuré que tout « se [faisait] en pleine coordination avec » le pays.
Ces bombardements risquent de compromettre un cessez-le-feu déjà fragile, bien qu’ayant été décrit comme « historique » par Donald Trump. Le locataire de la Maison-Blanche, qui souhaite mettre la main sur le Prix Nobel de la paix, s’est pour sa part voulu rassurant, promettant que « rien ne (le) mettra en péril » : « Il faut que vous compreniez que le Hamas représente une toute petite partie de la paix au Proche-Orient. Il faut que (le Hamas) se comporte bien. » Son vice-président JD Vance a assuré : « Le cessez-le-feu tient. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de petits accrochages ici et là. »

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