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Qui est Gregory Bovino, symbole de la lutte contre l’immigration aux États-Unis ?

Qui est Gregory Bovino, symbole de la lutte contre l’immigration aux États-Unis ?

À la tête de la police des frontières américaines, il est devenu le visage controversé de la militarisation de la politique migratoire américaine depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

« Les victimes sont les agents de la police des frontières. Je ne les blâme pas ». C’est en ces termes que Gregory Bovino s’est exprimé, quelques heures après le meurtre de l’infirmier Alex Pretti, tué par des agents fédéraux de Border Patrol à Minneapolis.

À la tête de la police des frontières américaine, l’homme de 55 ans est, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le visage de la militarisation de la lutte contre les migrants aux États-Unis.

Après deux morts de citoyens américains des suites de tirs d’agents fédéraux, la ICE, Donald Trump est contraint de reculer sur le sujet de l’immigration et de sa répression à Minneapolis.

Gregory Bovino et plusieurs agents doivent en effet quitter les lieux, ce mardi 27 janvier. La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a toutefois assuré que le policier restait « un grand professionnel » et allait « continuer à diriger très activement la Customs and Border Patrol à travers tout le pays », et la porte-parole du département de la sécurité intérieure Tricia McLaughlin a insisté qu’il était « un élément clé de l’équipe du président ».

Répression décomplexée

Celui que la presse outre-Atlantique surnomme « Greg » est devenu incontournable. Figure de la répression décomplexée, il se montre régulièrement sur le terrain, vêtu de treillis militaire ou de kaki, au milieu de ses troupes masquées ou cagoulées pendant que lui avance à visage découvert.

Son statut particulier, celui de commandant « itinérant » au sein de la patrouille frontalière américaine, lui permet de chapeauter les opérations d’expulsion très médiatisées.

Le tout, toujours selon sa même méthode expéditive « Turn and burn » (« agir et dégager »), qui consiste à procéder au plus vite à l’arrestation des suspects, avant que les manifestants n’aient le temps de s’interposer.

Des techniques musclées qui interrogent, depuis longtemps, sur leur légalité, en l’absence de mandat judiciaire – comme briser les vitres des automobiles pour saisir les passagers ou ouvrir de force les portes de domiciles.

Dans une vidéo largement relayée par la presse américaine, on voit Gregory Bovino en train de lancer une grenade lacrymogène dans la foule de manifestants et échanger des piques avec ses détracteurs.

« Gestapo Greg »

Certains se seraient probablement bien passés de cette mise en lumière. Pas Gregory Bovino. Quand il n’est pas en treillis militaire, il arpente les rues de Minneapolis affublé d’un long pardessus vert kaki à épaulettes et à larges revers. Ce manteau lui a valu de nombreuses critiques, ainsi qu’une comparaison avec les nazis.

Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie et fervent opposant à Donald Trump, surnomme le policier « Gestapo Greg » et a déjà déclaré : « Greg Bovino s’est littéralement habillé comme s’il était allé sur eBay acheter un uniforme SS. » L’intéressé a balayé le rapprochement d’un revers de la main, assurant qu’il possédait ce costume depuis plus de 25 ans.

D’après Politico, il faut voir autre chose qu’un symbole nazi dans cet accoutrement. Si le média souligne que ledit manteau présente des similitudes visuelles avec certains uniformes de la ​​Wehrmacht, celui-ci s’inscrit en fait dans une autre symbolique, celle de la militarisation croissante des contrôles d’immigration.

Inspiré par un film

Il faut rappeler que c’est grâce à cette logique que Gregory Bovino s’est fait remarquer par Trump. Ayant rejoint la police des frontières en 1996 à l’âge de 26 ans, notamment inspiré par le film The Border (1982) et après avoir obtenu une licence en conservation des ressources naturelles à l’Université de Western-Carolina et une maîtrise en administration publique à l’Université d’État des Appalaches, il grimpe les échelons dans l’administration depuis l’unité d’El Centro, ville de Californie proche de la frontière mexicaine, où il commence sa carrière.

En 2020, il prend la direction de la patrouille locale. Il doit cependant attendre janvier 2025 pour se faire connaître, et une descente dans le comté de Kern baptisée « opération retour à l’envoyeur ». Vendue comme une offensive anticartels à l’encontre de criminels, elle permet l’arrestation de 78 personnes sans-papiers… Et sans antécédents judiciaires, sauf pour l’un d’entre eux.

Opération « coup de poing » à Aurora dans le Colorado en février, puis à Los Angeles en juin ; opération « Midway Blitz » en septembre à Chicago ; opérations « Metro Surge » depuis décembre à Minneapolis…. Par la suite, les opérations de Gregory Bovino succèdent.

Tant et si bien que le quinquagénaire, arrière-petit-fils d’un immigrant italien, est finalement nommé commandant itinérant des opérations par Kristi Noem.