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Qui est vraiment l’auteur du plan de paix en Ukraine ?

Qui est vraiment l’auteur du plan de paix en Ukraine ?


Une simple phrase a suffi à mettre le feu aux poudres. « Avant d’entamer nos travaux, il serait judicieux de savoir précisément qui en est l’auteur et où il a été élaboré. » Au cœur de cette interrogation de Donald Tusk, Premier ministre polonais : le plan en 28 points pour la paix en Ukraine. Si peu de doutes subsistent quant à l’influence russe sur ce plan (le Kremlin a travaillé de concert avec l’administration américaine), une question demeure : et si cette influence était beaucoup plus importante qu’imaginée ? Et si le plan de paix avait en fait été rédigé directement par la Russie ?

Déjà, vendredi 21 novembre, le Guardian estimait que certaines phrases de la proposition de paix semblaient avoir été directement rédigées en russe. Le troisième point du plan en 28 points stipule : « It is expected that Russia will not invade neighbouring countries and Nato will not expand further. » Soit : « Il est prévu que la Russie n’envahira pas les pays voisins et que l’Otan ne s’étendra pas davantage. »

À LIRE AUSSI Le plan Trump pousse le corbillard de l’Ukraine « Il est prévu » est une construction passive, plutôt maladroite, alors que la version russe est une forme verbale courante. « D’autres expressions russes semblent s’être glissées dans le texte, notamment неоднозначности [ambiguïtés] et закрепить [sanctifier] », précise encore le média britannique. Les soupçons sont d’autant plus grands que les Américains et les Russes ont rédigé seuls ce plan, sans les Ukrainiens ni les Russes.

Des sénateurs émettent des doutes

Plus précisément, la Maison-Blanche a reconnu que Kirill Dmitriev, envoyé de Vladimir Poutine, avait rédigé la proposition en collaboration avec Steve Witkoff, représentant spécial de Donald Trump. Le duo a finalisé le texte lors d’une réunion commune à Miami. Une réunion en catimini qui a renforcé les doutes quant à la véritable paternité de ce plan.

Plusieurs sénateurs, dont le démocrate Angus King et le républicain Mike Rounds, ont par exemple exprimé leurs doutes. Le premier, rapporté par le correspondant de PBS News Nick Schifrin sur X, aurait déclaré que « le plan en 28 points qui a fuité, qui ne correspond pas à la position de l’administration, est essentiellement la liste de souhaits des Russes ».

Mike Rounds aurait déclaré, toujours selon la même source : « Marco Rubio nous a téléphoné cet après-midi. Il nous a clairement indiqué que nous avions reçu une proposition remise à l’un de nos représentants. Il ne s’agit ni de notre recommandation ni de notre plan de paix. C’est une proposition qui nous a été transmise. »

Un plan amendé

Face à ces rumeurs, Tommy Pigott, le porte-parole du secrétaire d’État des États-Unis, a déclaré que « comme le secrétaire Rubio et l’ensemble de l’administration l’ont toujours affirmé, ce plan a été élaboré par les États-Unis, avec la contribution des Russes et des Ukrainiens ». Sur le fond, le plan comporte tout de même un grand nombre de conditions exigées par la Russie, comme le renoncement de l’Ukraine à entrer dans l’Otan.

À LIRE AUSSI Comment l’UE réagit aux fuites sur un accord Trump-Poutine sur l’UkraineDonald Trump a tempéré en déclarant que son plan n’était pas sa « dernière offre » et que le délai au 27 novembre, laissé à Volodymyr Zelensky, pourrait être prolongé si les choses « se déroulaient bien ». Ce dimanche 23 novembre, la « nouvelle version » du plan de paix a été élaborée par l’Ukraine et les États-Unis, les Européens soumettant eux aussi une version amendée. Mais à quel point l’ombre de Vladimir Poutine plane-t-elle encore sur le plan ?