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[LP1] : Sauver l’US Tataouine, un impératif de justice sociale et fiscale

[LP1] : Sauver l’US Tataouine, un impératif de justice sociale et fiscale - Tunisie-Foot

Le Conseil local de Tataouine-Nord vient de lancer un cri de détresse solennel au Chef de l’État et aux autorités centrales : l’Union Sportive de Tataouine est à l’agonie. Ce n’est pas seulement un club de football qui risque de disparaître, mais un pilier social, un moteur culturel et le principal poumon d’une jeunesse en quête d’espoir. Pourtant, derrière cette crise financière étouffante se cache une anomalie structurelle et une injustice fiscale flagrante qui ne peut plus durer.

L’anomalie fiscale de l’ETAP : L’argent du sud profite au nord

Au cœur du problème se trouve la gestion de la responsabilité sociétale et fiscale des grandes entreprises nationales, avec en première ligne l’Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières (ETAP). Le constat est amer : alors que l’essentiel de l’extraction pétrolière, notamment sur le site emblématique d’El Borma, s’effectue sur le sol de Tataouine, les retombées fiscales majeures échappent à la région.

En raison d’un système centralisé obsolète, l’ETAP verse la majorité de ses taxes (pourtant colossales) à la délégation de l’Ariana, sous prétexte que son siège social s’y trouve. Cette situation crée un déséquilibre insupportable : la richesse est produite à Tataouine, subissant les externalités environnementales et sociales de l’industrie, mais les bénéfices fiscaux servent à financer le développement d’une zone déjà privilégiée.

La responsabilité sociétale : Un devoir, pas une faveur

L’Union Sportive de Tataouine n’est pas un simple club de LP2 ; c’est un rempart contre la marginalisation. Dans une région intérieure qui lutte pour son développement, le club joue un rôle vital de cohésion sociale et d’encadrement des jeunes. Le Conseil local rappelle avec justesse que les entreprises exploitant les richesses du sous-sol de la région ont une responsabilité historique.

Le soutien de l’ETAP et des compagnies pétrolières ne doit plus être perçu comme une aide conjoncturelle ou une charité, mais comme un retour sur investissement local légitime. Demander le sauvetage de l’UST, c’est réclamer une application concrète de la justice distributive et de la discrimination positive inscrites dans les principes de l’État.

Pour une réforme de la fiscalité locale

L’urgence est double. Il faut, d’une part, une intervention immédiate pour éponger les dettes de l’Union Sportive de Tataouine et garantir sa survie. D’autre part, une réflexion de fond doit être engagée pour que les taxes liées à l’extraction des ressources naturelles soient prioritairement versées aux collectivités locales des zones de production.

Sauver l’UST, c’est refuser que Tataouine ne soit qu’un simple réservoir de richesses dont on ne récolte que les poussières. C’est un test pour la volonté politique de traduire l’équité régionale en actes concrets.