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Dior et Guerlain quittent le BHV Marais : impayés, Noël menacé et polémique Shein en toile de fond

Dior et Guerlain quittent le BHV Marais : impayés, Noël menacé et polémique Shein en toile de fond

Au rez-de-chaussée du BHV Marais, les stands des parfumeurs de Dior et Guerlain ont disparu ou sont masqués, signe visible d’un retrait qui tombe au pire moment du calendrier. Présentoirs vides, panneaux noirs, produits introuvables : sur place, l’impression est nette, alors que la polémique autour de Shein au 6e étage continue de faire parler.

Noël. Le contexte est électrique, et la raison avancée change tout.

Pourquoi Dior et Guerlain quittent le BHV Marais : impayés, pas Shein

D’après plusieurs témoignages concordants, la décision de Dior Parfums et de Guerlain de retirer leurs produits du BHV découle de défauts de paiement répétés du grand magasin, et non de l’arrivée de Shein. Sur le terrain, le corner Dior a été bouclé et, chez Guerlain, les présentoirs sont vides, y compris pour Shalimar, qui fête ses cent ans cette année. “Sans ces grands acteurs de la parfumerie, Noël est fichu”, déplore une source chez les salariés, citée par BFM Business.

Les ventes récentes alimentent la tension. “Samedi dernier, sans compter les ventes de Shein, le grand magasin a réalisé 350 000 euros de chiffres d’affaires, contre 1 million, voire 1,5 million d’euros d’ordinaire pour un gros samedi”, indique une source en interne à BFM, sous couvert d’anonymat. Ces données sont contestées en haut lieu : “très loin de la réalité”, dément une source dans l’entourage de Frédéric Merlin. Le dirigeant affirme de son côté sur Instagram que “plus de 50 000 visiteurs sont déjà venus découvrir la première capsule Shein au BHV. Un panier moyen de 45 euros, et près de 15% d’entre eux ont poursuivi leurs achats dans les autres rayons.”

Un coup dur avant Noël, sur fond de financement incertain

Au magasin, les fermetures se voient et se commentent : “Ils ont tout bouclé dimanche dernier”, glisse un employé positionné en face du corner Dior au Parisien. Une autre salariée résume l’état d’esprit : “Il y a de l’inquiétude car la période de Noël arrive, et avant ça il y a le Black Friday, c’est là que beaucoup de marques font une bonne partie de leur chiffre d’affaires annuel. Les enseignes ferment les unes après les autres, la fin d’année s’annonce compliquée.” En moyenne, un commerçant réalise plus de 20 % de son chiffre d’affaires annuel en décembre ; novembre compte lui aussi avec le Black Friday. Une situation quasiement inédite pour l’enseigne.

Sur le plan capitalistique, l’équation se corse. La Société des Grands Magasins vise toujours le rachat des murs du BHV Marais auprès des Galeries Lafayette, une opération autour de 300 millions d’euros à finaliser d’ici fin décembre. Mais la Banque des Territoires s’est retirée le 8 octobre en dénonçant “une rupture de confiance entre les deux parties”. Dans le même temps, l’Union du grand commerce de centre-ville a acté l’exclusion de la SGM. Les spéculations vont bon train sur l’arrivée d’un partenaire étranger : “Si les Français s’en vont, il ne faut pas s’étonner que des étrangers entrent en jeu”, confie un bon connaisseur du dossier, en précisant qu’il n’y a “rien de confirmé.”