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Après le meurtre d’un élève, la Fédération de l’enseignement secondaire met en cause le ministère

Après le meurtre d’un élève, la Fédération de l’enseignement secondaire met en cause le ministère

Au lendemain du drame survenu dans un lycée du gouvernorat de Monastir, la Fédération générale de l’enseignement secondaire a vivement réagi. La structure syndicale dénonce une dégradation alarmante de la sécurité dans les établissements scolaires et impute cette situation au ministère de l’Éducation. Elle appelle à des mesures urgentes et à une enquête élargie sur les responsabilités.

Des accusations directes

Dans un communiqué publié ce mardi, la Fédération, affiliée à l’UGTT, a condamné le meurtre d’un élève à l’intérieur de son établissement, lors d’une agression à l’arme blanche qui a également fait un blessé.

Qualifiant cet acte de « violation flagrante du caractère sacré de l’institution éducative », la Fédération estime que l’école publique est devenue un espace d’insécurité et de peur. Elle considère que ce drame met en lumière, selon ses termes, l’effondrement des mécanismes de protection des élèves, du corps éducatif et du personnel administratif.

Un phénomène présenté comme structurel

La structure syndicale tient le ministère de l’Éducation pour responsable de la dégradation de la situation sécuritaire, évoquant des politiques jugées insuffisantes, l’absence de mesures minimales de prévention et un manque de volonté politique face à la montée de la violence scolaire.

Pour la Fédération, ce drame ne constitue pas un incident isolé mais s’inscrit dans une dynamique plus large de violences répétées dans les établissements éducatifs. Elle pointe l’absence de dispositifs de surveillance adaptés, l’affaiblissement de l’accompagnement psychologique et social, ainsi que le manque de politiques préventives efficaces.

Appel à une enquête et à des mesures urgentes

La Fédération appelle à l’ouverture d’une enquête « sérieuse et immédiate » qui ne se limite pas aux aspects pénaux, mais qui examine également les responsabilités administratives et structurelles, avec des sanctions contre toute partie reconnue défaillante.

Parmi les revendications formulées figurent la mise en place d’une protection permanente des établissements, l’élaboration d’un plan national de prévention de la violence scolaire, le renforcement de l’accompagnement psychologique et l’implication du partenaire syndical dans la définition des solutions.

Rappel des faits

La direction générale de la sûreté nationale avait annoncé hier, lundi 9 février 2026, l’interpellation par les unités sécuritaires de deux mineurs âgés de 17 et 16 ans, impliqués dans l’agression de deux élèves à la suite d’un différend.

L’un des élèves agressés a succombé à ses blessures alors que le deuxième a été blessé lors de cette agression perpétrée dans le hall de l’établissement.

Ce matin, le substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Monastir, Mohamed Mekki Fraj, a confirmé que l’un des agresseurs est inscrit dans l’établissement. Accompagné de son complice, les deux mineurs ont pénétré dans l’enceinte scolaire par le mur extérieur pour un règlement de compte avec un autre élève.

S’ensuit un rassemblement de plusieurs élèves autour des concernés. Dans un moment de panique, l’agresseur a sorti son couteau avant de porter des coups fatals à un des élèves, Yassine.