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Gaza : que change l’adoption du plan de paix de Trump par l’ONU ?

Gaza : que change l’adoption du plan de paix de Trump par l’ONU ?


Le voilà voté par l’ONU. Ce lundi 17 novembre, treize membres du Conseil de sécurité des Nations unies se sont prononcés en faveur du plan de paix de Donald Trump pour Gaza. L’ambassadeur américain aux Nations unies Mike Waltz a qualifié le texte d’« historique » et de « constructif ». Après la signature de sa première phase, puis la mise en place d’un fragile cessez-le-feu dans les territoires palestiniens le 10 octobre, qu’Israël et le Hamas s’étaient mutuellement accusés d’avoir violé, c’est donc une nouvelle étape vers une paix plus stable dans la région.

Dans le détail, le plan de paix entérine plusieurs avancées. La libération des vingt otages du groupe terroriste encore en vie a d’ores et déjà été réalisée. Elle constituait la phase initiale de l’accord du président américain. En échange, Israël a tenu son engagement en libérant plus de 1 900 prisonniers palestiniens. Que change donc, concrètement, l’endossement de cet accord par l’ONU ? Éléments de réponse.

« Aide humanitaire massive »

Le texte voté par le Conseil de sécurité prévoit la mise en place d’une « aide humanitaire massive » dès l’entrée en vigueur de l’accord. Celle-ci doit être distribuée via l’ONU et ses agences sans interférence directe d’Israël ou d’autres parties.

Le texte « autorise » également une « force de stabilisation internationale » (dite ISF), chargée notamment de la sécurisation des frontières avec Israël, en coopération avec l’État hébreu et l’Égypte. Mandatée par l’ONU pour superviser la sécurité et protéger les civils, la démilitarisation, et la formation d’une police locale, cette force de stabilisation peut agir sur place avec une légitimité internationale. Parmi ses prérogatives, donc : le désarmement des « groupes armés non étatiques » à Gaza – en priorité, le Hamas. Reste encore à savoir qui participera à cette fameuse force, et selon quelles modalités, même si la signature de ce plan aux Nations unies est un pas important de franchi avant sa mise en œuvre.

Le texte offre d’ailleurs une amnistie aux membres du Hamas qui déposeraient les armes et accepteraient une « coexistence pacifique ». Ce n’est pas tout : ceux qui choisiraient de quitter Gaza pourraient le faire via « un passage sécurisé ». Quant à leurs infrastructures militaires (des tunnels aux lieux de production d’armes), celles-ci seraient détruites. Le texte prévoit un « processus de démilitarisation de Gaza sous la supervision d’observateurs indépendants ».

Gouvernance de transition

Du côté de la gouvernance, l’accord donne un mandat jusqu’au 31 décembre 2027 pour un « comité de la paix » : cet organe de « gouvernance de transition » à Gaza doit être présidé par Donald Trump et rester en place jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne. Une fois réformée – ou une fois qu’une autre autorité palestinienne réformée verra le jour –, elle prendra la main.

Par ailleurs, la résolution soumise aux Nations unies évoque la possibilité d’un État palestinien – si l’Autorité palestinienne se réforme comme prévu. Une avancée majeure par rapport aux premières versions du texte : « Les conditions pourraient finalement être en place pour un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d’État. » Israël a rejeté cette mesure. Dimanche, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré : « Notre opposition à un État palestinien sur quelque territoire que ce soit n’a pas changé. »