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Cession de territoires, réduction de l’armée… Que propose le plan de Trump « pour la paix » en Ukraine ?

Cession de territoires, réduction de l’armée… Que propose le plan de Trump « pour la paix » en Ukraine ?


Le détail des 28 propositions du plan de paix de Trump pour l’Ukraine commence à se dessiner. Et, bien que celui-ci accède à de nombreuses revendications russes, il semble que l’Ukraine soit encline à le considérer.

Ce jeudi, après un entretien avec le secrétaire à l’Armée de terre américain Dan Driscoll, Volodymyr Zelensky s’est dit prêt à travailler main dans la main avec les États-Unis sur le plan visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Il a assuré sur Telegram : « Nos équipes […] travailleront sur les points du plan pour stopper la guerre. » Et il s’est dit « prêt pour un travail constructif, honnête et rapide ». Il a assuré que l’Ukraine ne ferait rien pour perturber les efforts diplomatiques vers la paix : « La priorité absolue pour tous était de mener un processus diplomatique constructif avec l’Amérique et tous nos partenaires. Il est vital de bénéficier d’un soutien stable pour notre armée et pour toutes nos opérations de défense planifiées, y compris les frappes en profondeur. »

Son cabinet a indiqué avoir « défini les principes fondamentaux qui comptent pour [leur] peuple » et a confirmé que le dirigeant prévoyait de « discuter avec le président Trump des opportunités diplomatiques existantes et des points clés nécessaires pour parvenir à la paix dans les prochains jours ». D’après Reuters, le texte a bel et bien été élaboré après des discussions avec le conseiller à la sécurité nationale de Volodymyr Zelensky, Rustem Umerov, qui a approuvé une grande partie de la substance du plan après l’avoir modifié.

Concessions territoriales

Bien que la souveraineté de l’Ukraine doive être confirmée par le texte, celui-ci lui semble cependant défavorable. Depuis hier, plusieurs conditions poussées par la Russie – et rejetées à plusieurs reprises par l’Ukraine – circulent. Le plan prévoit ainsi que Kiev cède la totalité du Donbass, dans l’est du pays, à Moscou, qui revendique le territoire depuis l’annexion de la Crimée en 2014.

À LIRE AUSSI Comment l’UE réagit aux fuites sur un accord Trump-Poutine sur l’UkraineLes États-Unis devraient également reconnaître la Crimée et les régions de Louhansk et Donetsk comme russes. D’ailleurs, Donetsk deviendrait une zone tampon démilitarisée et les troupes ukrainiennes devraient s’en retirer. Ce n’est pas tout : deux régions du sud du pays, Kherson et de Zaporijjia, seraient partagées selon le tracé de l’actuelle ligne de front.

Garantie de ne pas rejoindre l’Otan

Autre revendication russe reprise par le plan : l’Ukraine devrait s’engager à ne pas rejoindre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan). Pour qu’il soit sûr que le pays tienne sa promesse, Kiev devrait inscrire cette non-adhésion dans sa Constitution. L’Ukraine pourrait cependant intégrer l’Union européenne et doit bénéficier d’un accès préférentiel à court terme au marché européen pendant que son adhésion est étudiée. De son côté, l’Otan devrait s’engager à ne pas déployer ni faire stationner de troupes en Ukraine.

À LIRE AUSSI Entre Poutine et Zelensky, cinq ans de méfiance et de haineAutre changement du côté militaire : Kiev devrait réduire la taille de son armée pour que celle-ci ne dépasse pas les 600 000 soldats. En échange, un pacte de non-agression doit être conclu entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe, d’après le texte. Le plan prévoit tout de même des « garanties de sécurité » de la part de Washington et de l’Europe en cas d’attaque de Moscou, et des avions de combat européens stationneraient en Pologne pour assurer la protection de l’Ukraine. La Russie ne doit pas, non plus, envahir ses autres voisins.

Reconstruction et amnistie

Par ailleurs, le plan prévoit que la Russie soit réintégrée dans l’économie mondiale et au sein du G8. Des accords en matière d’intelligence artificielle, de ressources naturelles, d’énergie, d’infrastructures, de centres de données et d’extraction de terres rares dans l’Arctique doivent aussi être conclus entre Moscou et Washington.

Le texte propose aussi un plan de reconstruction de l’Ukraine, où seraient organisées des élections sous cent jours. La restauration du pays serait notamment financée à hauteur de 100 milliards de dollars par des avoirs russes aujourd’hui gelés. Un fonds de développement pour l’Ukraine est prévu, ainsi qu’un programme de financement spécial élaboré par la Banque mondiale. Les infrastructures gazières et les zones touchées par la guerre doivent être réinvesties et de nouvelles infrastructures doivent être développées.

Quant à la centrale nucléaire de Zaporijjia, elle serait bel et bien relancée et placée sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). 50 % de production d’électricité seraient reconduits vers l’Ukraine. Les 50 % restants iraient vers la Russie. Enfin, les parties belligérantes recevraient une amnistie complète pour leurs actions.