Insultée en plein briefing quelques jours avant la finale, ovationnée ensuite par un stade en liesse en Thaïlande, Fatima Bosch, Miss Mexique, a été couronnée dans la nuit du 21 novembre 2025 nouvelle reine de Miss Univers 2025. Face à 127 candidates venues du monde entier, la jeune mannequin mexicaine a décroché la tiare au terme d’une soirée très suivie, où la politique et les polémiques se sont presque autant invitées que les robes de soirée.
Miss Univers 2025 : le sacre de Miss Mexique dans une ambiance électrique
La finale s’est tenue en Thaïlande, à Nonthaburi près de Bangkok, devant des millions de téléspectateurs et un public chauffé à blanc. Au Mexique, des milliers de personnes se sont rassemblées dans un stade de Villahermosa, capitale de l’État de Tabasco dont est originaire la jeune femme, pour suivre la retransmission en direct. Au moment où son nom est annoncé, la foule exulte et scande “Mexique ! Mexique !”, tandis que des feux d’artifice embrasent le ciel, selon les médias locaux. Pour beaucoup de téléspectateurs, l’image d’une Miss Mexique rayonnante serrant la couronne contraste avec la vidéo choc qui l’avait montrée humiliée en début de séjour.
Âgée de 25 ans, originaire de Teapa dans la province de Tabasco, Fatima Bosch est mannequin, mesure 1 mètre 74 et a obtenu un diplôme de styliste, rappelle la presse people. Très croyante, la jeune femme s’était déjà constitué une communauté importante avant l’élection, mais son sacre a fait exploser sa visibilité: sur les réseaux sociaux, elle comptabilise deux millions d’abonnés. Cette ascension éclair, sur fond de polémique, nourrit le récit d’une “revanche” qui séduit une grande partie du public, tandis que d’autres observateurs soulignent surtout la prestation scénique et le discours de la Mexicaine pour expliquer sa victoire.
Insultes, polémiques et soupçons de tricherie : le scandale Miss Univers 2025 relance le débat
Bien avant la soirée de couronnement, l’édition thaïlandaise avait basculé dans la crise. Quelques jours après l’arrivée des 127 candidates à Bangkok, une réunion de préparation filmée et diffusée en direct sur Facebook montre Nawat Itsaragrisil, responsable de l’organisation locale, prendre à partie Miss Mexique qu’il accuse de ne pas avoir assez promu la Thaïlande sur ses réseaux et d’avoir été absente à un événement. “Si vous suivez les ordres de votre directeur national, vous êtes débile”, a lancé Nawat Itsaragrisil, cité par BFMTV. “Restez polie! Je parle, je suis en train de parler. Écoutez!”, a-t-il enchaîné avant d’appeler la sécurité pour l’escorter hors de la salle. “Arrêtez. Arrêtez! Asseyez-vous”, a-t-il encore hurlé. “Si quelqu’un veut continuer le concours, asseyez-vous”. L’animateur ira jusqu’à la traiter d’”idiote” devant des concurrentes médusées.
La réaction de Fatima Bosch est immédiate: la jeune femme, furieuse, quitte la salle suivie par plusieurs collègues. Devant les journalistes, elle s’indigne: “Ce que votre directeur a fait est irrespectueux: il m’a traitée d’idiote”, s’est indignée Fatima Bosch devant les journalistes présents, selon La Nouvelle République. “Le monde doit être témoin de cela, car nous sommes des femmes indépendantes et cet espace nous permet de faire entendre notre voix.” Peu après, elle prend la parole sur TikTok: “Ce que votre directeur vient de faire n’est pas respectueux”, assure-t-elle. “Il m’a traitée de débile parce qu’il a des problèmes avec l’organisation”. “Je trouve que ce n’est pas honnête parce que je suis ici, je fais tout comme il faut, (…) j’essaye de faire de mon mieux et il s’en prend à moi. Je pense que tout le monde doit voir ça parce que nous sommes des femmes fortes (…) et personne ne peut nous faire taire. Personne ne me fera ça”, conclut-elle. Dans la salle, plusieurs candidates quittent la réunion en signe de solidarité; la Miss Univers 2024 Victoria Kjær Theilvig raconte ensuite: “Nous devons agir. Il faut respecter tout le monde, et cela ne peut plus durer. Mépriser les autres est irrespectueux, et ce n’est pas ce que je veux défendre. J’ai donc choisi de partir”, a-t-elle affirmé, citée par BFMTV. La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, dit “rendre hommage” à Fatima Bosch, dont la réaction est “un exemple de la manière dont nous, les femmes, devons nous exprimer” face à l’agression, a déclaré Claudia Sheinbaum, citée par BFMTV, tandis que l’ambassade du Mexique en Thaïlande assure être en “communication constante” avec la candidate, a indiqué l’ambassade du Mexique en Thaïlande sur sa page Facebook, citée par BFMTV.
Face au tollé, le président de l’organisation, Raul Rocha, monte à son tour au créneau. “Je ne permettrai pas que les valeurs de respect et de dignité envers les femmes soient bafouées”, a déclaré Raul Rocha, cité par BFMTV, dénonçant une “agression publique” et estimant que “Malheureusement, Nawat (Itsaragrisil) a oublié le vrai sens de ce que signifie être un véritable hôte”. Le responsable thaïlandais finit écarté des événements, avant de revenir en larmes lors d’une conférence de presse puis de la cérémonie d’ouverture pour présenter ses excuses. “Je suis un être humain”, affirme-t-il, expliquant que “la pression est énorme”. “Je vous respecte toutes.” Mais l’incident Miss Mexique ne représente qu’un volet d’une édition 2025 déjà minée par d’autres polémiques: propos racistes tenus en direct par l’ancienne Miss Univers Alicia Machado envers Nawat Itsaragrisil, vidéo TikTok de Miss Chili Inna Moll mimant une prise de cocaïne avant de s’excuser, enquête de la police thaïlandaise sur des participantes ayant filmé des oreillers floqués au nom d’un casino en ligne, alors que les lois locales sur les jeux d’argent sont très strictes.
Dans les coulisses, le concours enregistre aussi des défections au sein du jury. Le compositeur français Omar Harfouch annonce son départ en accusant le concours d’être truqué et en dénonçant un “vote secret et illégitime” qui se serait déroulé sans le véritable jury, a-t-il écrit sur Instagram, selon La Nouvelle République, accusation vigoureusement niée par l’organisation. L’ex footballeur Claude Makélélé explique de son coté quitter le jury pour “des raisons personnelles imprévues”, a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux, cité par La Nouvelle République. Sur scène, Miss Grande Bretagne Danielle Latimer chute violemment pendant le défilé des costumes nationaux, et Miss Jamaïque Gabrielle Henry est hospitalisée après avoir plongé accidentellement hors de la scène lors d’un défilé en robe de soirée. Dans ce climat de chaos, jusqu’aux annonces officielles, comme la prochaine édition prévue en 2026 à Porto Rico, passent presque au second plan.
Résultat: à l’annonce de la victoire de Miss Mexique, une partie des internautes salue une “justice symbolique” pour une candidate érigée en figure de femmes “fortes” et indépendantes, d’autres voient dans ce sacre la conséquence d’un concours fragilisé qui chercherait à redorer son image après une série de scandales, voire évoquent un résultat biaisé en rappelant les accusations de concours truqué. Entre la performance de scène de Fatima Bosch, la solidarité qu’elle a suscitée et le contexte explosif de cette édition, le débat sur le caractère mérité ou non de sa couronne continue de faire réagir, y compris en France où le parcours d’Ève Gilles et d’Ophély Mézino est scruté à l’aune de cette Miss Univers 2025 pas comme les autres.

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