Le Club Africain s’est imposé 2-0 face aux Stars d’Al Quds lors d’un match amical de solidarité disputé ce vendredi au stade Hamadi Agrebi de Radès. Mais au-delà du score anecdotique, c’est la dimension symbolique de cette rencontre qui restera dans les mémoires. Cette initiative, portée notamment par l’investisseur Fergie Chambers, s’inscrit dans un cadre plus large de solidarité avec la Palestine.
Un geste fort, une mobilisation tiède
Le stade de Radès a accueilli ce vendredi après-midi cette rencontre qui dépasse le football, transformant les tribunes en message de soutien au peuple palestinien. Les buts de Moataz Zemzemi (54e) et Bassem Serarfi (58e) ont ponctué une rencontre dominée par les Clubistes, mais le véritable enjeu se trouvait ailleurs.
Les supporters clubistes ont transformé le stade en un message de soutien au peuple palestinien, arborant fièrement les couleurs des drapeaux palestiniens. Dès l’entame de la rencontre, les ultras du CA ont déployé un tifo spectaculaire, affichant leur fraternité avec le peuple palestinien. Tout au long des 90 minutes, les chants et les banderoles ont résonné dans l’enceinte de Radès, prouvant que la cause palestinienne trouve un écho profond dans le cœur des supporters clubistes.
Cette mobilisation témoigne d’une unité et d’un engagement qui dépassent le cadre sportif, rappelant que l’honneur d’être rouge et blanc s’enracine dans une fraternité indéfectible. Les recettes de cette rencontre seront intégralement reversées au profit du peuple palestinien, donnant un sens concret à cette mobilisation.
Mais ce qui interpelle, c’est le cadre dans lequel s’est déroulé cet événement. Le stade Hamadi Agrebi de Radès, capable d’accueillir 60 000 à 65 000 spectateurs, n’a vu que 25 000 places autorisées par les autorités pour cette rencontre. Une limitation difficilement compréhensible pour un match de solidarité avec la cause palestinienne.
Comment un pays qui se targue d’être l’un des plus fervents défenseurs de la Palestine peut-il brider ainsi un événement censé incarner cette solidarité ? Cette restriction de jauge interroge. Alors que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sadok Mourali, avait reçu jeudi l’ambassadeur de Palestine ainsi que le président du Fonds et Waqf d’Al Quds, cette limitation a privé des dizaines de milliers de supporters de l’occasion d’exprimer concrètement leur soutien.
Les appels à arborer les couleurs rouge, blanc et noir, le keffieh et les drapeaux palestiniens auraient mérité une tribune pleine à craquer. Au lieu de cela, les autorités ont préféré la prudence à l’ambition, transformant ce qui aurait pu être une démonstration éclatante de fraternité en un événement contraint.
Pour un pays qui se présente comme un pilier du soutien à la Palestine, cette frilosité administrative laisse un goût amer. La cause palestinienne méritait mieux qu’un stade à moitié vide.

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