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Rencontre Poutine-Witkoff : cinq heures pour rien

Rencontre Poutine-Witkoff : cinq heures pour rien


Ils sont partis du Kremlin à minuit passé. Mais malgré un tête-à-tête avec Vladimir Poutine qui a duré près de 5 heures, l’émissaire américain Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump Jared Kushner ne semblent pas avoir réussi à obtenir des concessions russes, ce mardi 2 décembre, notamment sur l’épineuse question territoriale ukrainienne.

Sur X, l’émissaire du président russe, Kirill Kiriliev, a salué des discussions « productives », ponctuant son message d’une colombe de paix. « Nous ne sommes pas plus proches de résoudre la crise en Ukraine », a toutefois tempéré le conseiller du Kremlin Iouri Ouchakov. « Un compromis n’a pas encore été trouvé » sur la question de la cession de territoires par l’Ukraine, et il reste « beaucoup de travail reste à faire », selon ses propos rapportés par l’agence russe Interfax et le site officiel du Kremlin.

Pas de rencontre prévue avec Trump

Ouchakov a évoqué un plan américain en 27 points, soit un de moins que la première version présentée mi-novembre, qui avait été jugée trop prorusse par l’Ukraine et les Européens, et qui a depuis été remaniée après des échanges entre Washington et Kiev. Le conseiller de Poutine a qualifié « certaines propositions américaines » de « plus ou moins acceptables », sans vouloir préciser lesquelles, au nom du « secret » des négociations. Il a taclé les contre-propositions européennes « destructrices ». Avant cette entrevue, Vladimir Poutine avait haussé le ton, déclarant : si l’Europe veut la « guerre », « nous sommes prêts ».

Critiqué lors de son dernier voyage à Moscou pour avoir eu recours à un interprète du Kremlin, Steve Witkoff était, cette fois, accompagné par une traductrice américaine. Donald Trump avait également dépêché son gendre en espérant que le duo, qui est parvenu à négocier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, récidive. Kushner et Witkoff ont dîné avec l’émissaire Kirill Kiriliev puis ont déambulé dans le centre de Moscou avant leur entretien avec Poutine.

À ce stade, aucune rencontre n’est prévue entre le président russe et Donald Trump. Moscou souhaite poursuivre les discussions au niveau actuel, et un éventuel sommet entre les présidents dépendra « des progrès accomplis », a précisé Ouchakov.

Poutine veut pousser son avantage sur le front

L’absence de progrès sur la question territoriale n’est pas surprenante, estime sur X Steven Pifer, ambassadeur américain en Ukraine sous Bill Clinton : « Poutine croit toujours que la Russie peut atteindre ses objectifs sur le champ de bataille. Il ne voit donc aucune raison de faire des compromis. L’Occident doit aider l’Ukraine à convaincre Poutine que la Russie échouera militairement et devra négocier sérieusement pour mettre fin à la guerre. »

L’ancien secrétaire d’État de Donald Trump, Mike Pompeo, estime, lui, que « le rôle que jouent les États-Unis dans les négociations entre la Russie et l’Ukraine aura un impact sur leur position sur la scène internationale pour des décennies. Si la Russie sort victorieuse, les intérêts américains – ainsi que ceux de nos partenaires en Europe et dans le monde – seront gravement compromis ».

La semaine dernière, plusieurs élus républicains avaient critiqué le plan américain. « Si les responsables de l’administration sont plus préoccupés par le fait de ménager Poutine que d’obtenir une véritable paix, alors le président ferait mieux de se trouver de nouveaux conseillers. Récompenser les atrocités russes serait désastreux pour les intérêts américains », avait notamment tonné le sénateur Mitch McConnell.