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Michael Reagan, « gardien inébranlable » de l’héritage de son père, est mort

Michael Reagan, « gardien inébranlable » de l’héritage de son père, est mort

Le fils aîné de l’ancien président Ronald Reagan s’est éteint à Los Angeles, à l’âge de 80 ans, entouré de sa famille.

Il a passé sa vie dans l’ombre d’un nom qui appartient à l’histoire américaine. Michael Reagan, fils de l’ancien président Ronald Reagan, est mort à l’âge de 80 ans, emporté par un cancer le 4 janvier, entouré des siens. L’annonce a été confirmée mardi par la Ronald Reagan Presidential Foundation and Institute (RRPFI), qui a salué la disparition d’un « gardien inébranlable de l’héritage de son père ».

Adopté en 1945 par Ronald Reagan et l’actrice Jane Wyman, Michael Reagan n’a jamais fui cet héritage. Très tôt, il comprend que son existence se construira sur un équilibre délicat : être lui-même, tout en assumant le poids d’un patronyme devenu mythique. Comédien à ses débuts, comme ses parents, il fait ses armes dans plusieurs séries télévisées populaires, parmi lesquelles Falcon Crest, dans laquelle il joue avec sa mère, et Capitol.

Mais Michael Reagan ne se contente pas des plateaux de tournage. Sa voix trouve un écho particulier à la radio, où il anime pendant près de trente ans une émission de débat éponyme. Il y aborde avec agressivité les grands enjeux nationaux, sans mâcher ses mots et avec une touche de sarcasme. Auteur, diplômé du Los Angeles Valley College, il publie plusieurs ouvrages marqués par une profonde introspection.

Héritage familial

En 2016, avec Lessons My Father Taught Me (Les leçons que mon père m’a apprises), Michael Reagan livre sans doute son ouvrage le plus personnel : une déclaration à l’homme qui lui a tout enseigné, son père. Un recueil de principes qu’il a hérités de « la personne la plus humble que vous rencontrerez dans toute votre vie », comme il le qualifiait dans une interview donnée à Movieguide en 2024. Durant cet échange, il se souvient particulièrement d’une leçon reçue lorsqu’il était encore enfant.

« J’ai signé un accord avec ma mère quand j’avais 10 ans pour qu’elle m’achète un vélo. Elle ne voulait pas, donc elle m’a fait signer une feuille indiquant que je lui devrais de l’argent. Je me suis alors mis à vendre des journaux devant l’église Good Shepherd à Beverly Hills le dimanche matin. J’ai partagé les bénéfices avec elle et j’ai fini par la rembourser », confiait-il, sourire aux lèvres.

Cette admiration pour sa famille, et particulièrement pour son père, se prolonge bien au-delà des mots. Pendant près de trois ans, il préside le conseil d’administration de la fondation John Douglas French et s’engage activement dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer, qui a emporté Ronald Reagan en 2004. Soutien de nombreuses causes caritatives, il œuvre au sein de la Reagan Legacy Foundation pour faire vivre une mémoire qu’il estimait devoir être transmise, protégée, racontée.

À l’annonce de la disparition de Michael Reagan, les hommages ont afflué. Des figures politiques, comme l’ancien gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, ont salué « une source d’inspiration », tandis que de nombreux internautes se souvenaient de ces heures de radio-débat. « J’écoute son émission de radio où il parle de la vie, de politique et surtout de son père. C’était un homme impressionnant », peut-on notamment lire.

Dans son communiqué, la RRPFI a résumé : « La disparition de Michael Reagan est une perte immense pour tous ceux qui l’ont connu et pour les millions de personnes qui appréciaient son dévouement à la préservation de l’héritage du président Reagan. » Il laisse derrière lui une famille endeuillée, et l’image d’un homme qui aura passé sa vie à défendre, avec ferveur et constance, la mémoire de celui qui lui a donné son nom, et sa boussole.