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Washington emploiera « la manière douce » ou « la manière forte » pour s’emparer du Groenland

Washington emploiera « la manière douce » ou « la manière forte » pour s’emparer du Groenland

La Maison-Blanche a révélé ce vendredi que Donald Trump songeait « activement » à acheter l’île arctique, pour empêcher Pékin et Moscou de l’occuper.

Le conquérant Trump, qui a récemment affirmé privilégier sa « propre morale » au droit international, a réaffirmé vouloir s’emparer du Groenland ce vendredi à la Maison-Blanche.

« Je suis un fan du Danemark, je dois vous dire, et ils ont été très sympas avec moi », a-t-il déclaré à la presse. « Mais vous savez, le fait qu’ils aient débarqué là avec un bateau il y a 500 ans ne veut pas dire qu’ils possèdent le territoire ».

L’excuse de la « sécurité nationale »

Prétextant, comme à son habitude, que ce projet relevait de la « sécurité nationale » des États-Unis face à Pékin et Moscou, le républicain a affirmé qu’il toucherait au but de gré ou de force. « On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine occuper le Groenland. C’est ce qu’ils vont faire, si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland, soit avec la manière douce, soit avec la manière forte ».

Comme le souligne Tore Keller, correspondant européen du journal danois Dagbladet Information, « le Danemark et les États-Unis ont conclu un accord en 1951 qui autorise les États-Unis à établir autant de bases qu’ils le souhaitent sur le sol groenlandais ». Ce qui offre à Washington la possibilité de renforcer sa présence militaire sur l’île.

Or les États-Unis, qui avaient 17 bases et environ 10 000 militaires au Groenland pendant la guerre froide, ont décidé de réduire leur présence militaire sur place. « Ce sont les États-Unis eux-mêmes qui, au cours des 40 à 50 dernières années, ont fermé leurs bases, car il n’y a pas de menace contre le Groenland », explique Tore Keller.

L’argent, cette « force » tranquille

La Première ministre Mette Frederiksen a affirmé qu’une agression américaine contre un membre de l’Otan entraînerait « la fin de tout ». Donald Trump lui-même a reconnu dans une interview accordée au New York Times que les enjeux n’étaient pas les mêmes qu’au Venezuela et qu’il lui faudrait choisir entre préserver l’Alliance transatlantique ou prendre le contrôle du Groenland.

Face à ce dilemme, la Maison-Blanche a indiqué que le républicain réfléchissait « activement » à acheter l’île danoise, sans en dire plus sur cette hypothétique transaction.

Transaction qui risquerait d’affaiblir la cote de popularité du président, les Américains étant très soucieux de la façon dont leur argent est dépensé par le gouvernement. En avril 2025, un sondage du Pew Research Center montrait par ailleurs que 54 % des Américains étaient défavorables à la prise de contrôle du Groenland par Washington, tandis que 22 % étaient sceptiques ou n’avaient pas d’avis. Seuls 23 % y étaient favorables.