Redécouverte après restauration, une peinture murale d’une basilique romaine alimente les soupçons d’un clin d’œil politique, même si l’artiste s’en défend.
Giorgia Meloni aurait-elle pris des airs célestes ? C’est en tout cas ce que laisse penser une fresque remise au jour dans la basilique San Lorenzo in Lucina, à Rome. Le journal La Repubblica a dévoilé l’affaire le 31 janvier 2026 en publiant des clichés comparatifs de l’œuvre avant et après restauration. On y distingue un ange ailé, parchemin en main, sur lequel figure la carte de l’Italie – avec en guise de visage, des traits étrangement proches de ceux de la cheffe du gouvernement italien, connue pour ses positions ultraconservatrices.
La restauration a été réalisée par Bruno Valentinetti, un artiste bénévole déjà intervenu dans cette basilique en 2002. Bien qu’il nie fermement toute volonté de représenter la Première ministre, le quotidien italien n’a pas manqué de rappeler ses liens supposés avec le mouvement Frères d’Italie (Fratelli d’Italia), un parti d’extrême droite italien. De quoi alimenter les soupçons : pour certains, cette fresque serait un hommage discret, voire idéologique, à Giorgia Meloni.
Nei lavori di restauro della basilica di San Lorenzo in Lucina, a Roma, in un affresco sopra il busto in marmo di Umberto II di Savoia il volto generico di un cherubino è stato sostituito con un angelo che ha le sembianze della presidente del Consiglio Giorgia Meloni pic.twitter.com/oSOIpoxJwe
— Repubblica (@repubblica) January 31, 2026
Dans une réponse à la polémique auprès de La Repubblica, l’homme a assuré n’avoir rien reçu de la part de Giorgia Meloni pour la réalisation de cette fresque. Il a également affirmé : « Je ne l’aime pas. Je n’ai rien à voir avec elle. Je ne suis pas de droite, je ne me souviens même plus depuis combien de temps je n’ai pas voté ».
Une inspection diligentée
Reste que beaucoup s’étonnent qu’aucune alerte n’ait été donnée après la découverte de ce visage controversé. En ligne, de nombreux internautes ont partagé leurs avis, certains louant la représentation d’un « ange qui guide l’Italie », tandis que d’autres ont dénoncé une atteinte au patrimoine artistique et historique du pays, allant jusqu’à qualifier la dirigeante de « diable ».
Plusieurs élus de l’opposition ont, pour leur part, appelé le ministre de la Culture, Alessandro Giuli, à intervenir. Face à la polémique, le ministère a mandaté, samedi, le responsable des biens culturels de Rome afin d’inspecter la fresque avant de déterminer d’éventuelles mesures.
Une initiative personnelle
Le diocèse de Rome a indiqué qu’il avait connaissance, depuis 2023, d’un projet de restauration qui devait être réalisé sous condition de n’apporter aucune modification ni ajout. Le changement dans l’aspect de l’ange serait donc dû à une initiative personnelle du décorateur qui n’a pas été signalée aux autorités concernées.
Pour Daniele Micheletti, le curé de la paroisse, cette ressemblance ne pose « aucun problème » – comme il a pu le confier au journal La Sicilia. « Si davantage de fidèles de droite viennent à la messe, ce ne sera pas un souci, je les attends demain », a-t-il ajouté avec humour.
Interrogé par l’agence ANSA, il a, par ailleurs, indiqué que des retouches s’étaient imposées en raison de dégradations provoquées par des infiltrations d’eau. Réalisées au début des années 2000, les fresques ne bénéficiaient d’aucun statut de protection patrimoniale.
La principale intéressée n’a pas tardé à réagir. Giorgia Meloni a ainsi partagé l’image de la fresque sur son compte Instagram, accompagnée d’un commentaire ironique : « Non, je ne ressemble vraiment pas à un ange », suivi d’un émoji amusé. Une chose est certaine : pour éviter la tempête médiatique, l’artiste aurait sans doute gagné à rappeler que toute ressemblance avec des personnes existantes ne saurait être que purement fortuite…

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