Une balance commerciale qui regagne du terrain
L’amélioration de la santé commerciale du pays se traduit par un indicateur clé : le taux de couverture, qui bondit à 80,4 % (contre 74 % en janvier 2025). Ce redressement de plus de 6 points témoigne d’une meilleure capacité de la Tunisie à financer ses achats internationaux par ses propres ventes.
Pourtant, la pression reste forte sur certains postes. Le déficit actuel est principalement creusé par la facture énergétique (-927,4 MD) et les matières premières (-433,1 MD). À l’inverse, le secteur agro-alimentaire continue de jouer son rôle de bouclier avec un excédent confortable de +424,9 MD.
Exportations : L’énergie et l’huile d’olive tirent la croissance
Les exportations tunisiennes ont affiché une belle dynamique en janvier, atteignant 5298,7 MD, soit une progression de 5,4 %. Cette performance repose sur deux piliers majeurs :
- Le boom énergétique : Avec une hausse spectaculaire de 140 %, le secteur a bénéficié de l’explosion des ventes de produits raffinés (passant de 28,5 MD à 100,3 MD).
- L’or vert tunisien : Les industries agro-alimentaires progressent de 1 %, portées par les ventes d’huile d’olive qui s’élèvent à 610,5 MD.
- Les industries mécaniques : Une croissance solide de 6,4 % confirme la stabilité de ce secteur historique.
Toutefois, tout n’est pas au vert. Le secteur des mines, phosphates et dérivés accuse un repli de 23,6 %, tandis que le textile-habillement subit une légère baisse de 2,1 %.
Partenariats internationaux : La France et l’Égypte au rendez-vous
L’Union Européenne reste le partenaire incontournable, captant plus de 71 % des exportations. La France se distingue avec une croissance de 16,5 %, suivie par l’Italie (+3,3 %). Le tableau est plus nuancé avec l’Allemagne (-0,3 %) et surtout les Pays-Bas, où les ventes ont chuté de 21 %.
Sur le plan régional, la Tunisie gagne des parts de marché en Égypte (+41,8 %) et aux Émirats Arabes Unis (+24,8 %). La situation est plus complexe avec nos voisins directs : les échanges avec le Maroc (-67,3 %), la Libye (-24,8 %) et l’Algérie (-10,8 %) marquent un recul significatif ce mois-ci.
Importations : Une gestion plus rigoureuse des flux
Pour la première fois depuis plusieurs mois, les importations globales ont diminué de 3 %, totalisant 6586,4 MD. Cette baisse est principalement due à une réduction drastique des achats de produits alimentaires (-32,5 %) et de matières premières (-5,5 %).
Cependant, la Tunisie continue d’investir dans son outil productif : les importations de biens d’équipement ont augmenté de 6,9 %, signe que les entreprises locales préparent l’avenir.
Du côté des fournisseurs, la France enregistre une progression fulgurante de ses ventes vers la Tunisie (+50,6 %). À l’inverse, on note un désengagement marqué des importations en provenance de la Russie (-70,2 %) et une baisse plus modérée de celles venant de Chine (-7,5 %).
L’essentiel à retenir : L’allègement du déficit commercial en ce début 2026 est une nouvelle encourageante. Si la dépendance énergétique reste le point de vigilance majeur, la performance de l’huile d’olive et le renforcement des liens avec certains partenaires européens offrent une base solide pour le reste de l’exercice.

Partager :