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Intelligence artificielle dans les centres de formation : la Tunisie renforce son partenariat avec Tunisie Telecom

- Tech, Tunisie
14 octobre 2026
intelligence artificielle dans les centres de formation

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et Tunisie Telecom ont signé, mercredi 14 octobre 2026, un accord de partenariat stratégique destiné à accélérer la transformation numérique de la formation professionnelle en Tunisie. La convention a été signée au Centre sectoriel de formation en électronique de Den Den, en présence du ministre Riadh Chaoued et du président-directeur général de Tunisie Telecom, Lassâad Ben Dhiab.

Ce partenariat porte notamment sur le développement de l’intelligence artificielle dans les centres de formation, le renforcement des infrastructures de télécommunications, la modernisation des programmes pédagogiques et l’amélioration des compétences numériques des apprenants. Il prévoit également le développement de la formation à distance et la mise en place de solutions technologiques adaptées aux besoins du marché du travail.

À travers cette coopération, les deux parties entendent rapprocher davantage les établissements de formation professionnelle des évolutions technologiques et des exigences des entreprises. L’accord concerne plusieurs structures relevant du ministère, dont l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP), l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), ainsi que les centres de formation des formateurs et de formation continue.

Un partenariat stratégique pour développer l’intelligence artificielle dans les centres de formation

La convention signée entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et Tunisie Telecom repose sur une coopération dans plusieurs domaines liés à l’évolution des métiers et des technologies. D’une durée de cinq ans, renouvelable, elle comprend douze articles et accorde à l’opérateur national le statut de partenaire stratégique du ministère.

Les principaux axes de cette collaboration concernent les télécommunications, la transformation numérique, l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques ainsi que la recherche et le développement. L’objectif est de mobiliser les compétences et les moyens techniques des deux parties pour accompagner la modernisation du système de formation professionnelle.

Le partenariat doit notamment contribuer à améliorer la qualité des services proposés aux apprenants, à faciliter les parcours de formation et à diversifier les méthodes pédagogiques. La formation en présentiel sera ainsi complétée par des dispositifs numériques permettant d’élargir l’accès aux enseignements et de proposer de nouvelles modalités d’apprentissage.

L’intelligence artificielle dans les centres de formation constitue l’un des volets importants de cet accord. Des laboratoires spécialisés doivent être installés dans les établissements concernés afin de créer des espaces consacrés à l’apprentissage des technologies émergentes, à l’innovation et à la recherche appliquée.

Ces laboratoires seront équipés d’une connexion Internet à très haut débit et auront vocation à soutenir la modernisation pédagogique et technique. Ils doivent également permettre aux apprenants de se familiariser avec les outils numériques et de développer des compétences en phase avec les évolutions du secteur professionnel.

Le laboratoire du Kef et la formation à la fibre optique à Sers

La mise en œuvre de cette orientation avait commencé avant la signature officielle de la convention. Le premier laboratoire consacré à l’intelligence artificielle a été mis en place au Centre de formation et d’apprentissage professionnel du Kef.

Cette initiative s’inscrit dans le processus de modernisation des établissements de formation professionnelle. Elle vise à intégrer davantage les nouvelles technologies dans les parcours pédagogiques et à proposer aux apprenants un environnement adapté à l’acquisition de compétences numériques.

Parallèlement, un projet de développement de la formation dans le domaine de la fibre optique concerne le Centre de la jeune fille rurale de Sers. Cette spécialisation s’inscrit dans le développement des infrastructures de télécommunications et dans les besoins liés au déploiement des réseaux à haut débit.

Ces deux initiatives illustrent les différents volets de la coopération entre le ministère et Tunisie Telecom : d’une part, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les établissements de formation et, d’autre part, le développement de compétences techniques dans les télécommunications.

La mise en place de ces dispositifs doit s’accompagner d’une adaptation des contenus pédagogiques aux évolutions technologiques. L’objectif est de permettre aux apprenants de développer des connaissances directement mobilisables dans leurs futurs parcours professionnels.

Des programmes adaptés aux besoins du marché du travail

L’accord prévoit également l’actualisation des programmes de formation dans le domaine des télécommunications. Cette évolution doit permettre de mieux prendre en compte les besoins des entreprises et les changements qui affectent les métiers techniques.

La coopération prévoit par ailleurs de faciliter l’accès des apprenants des centres de formation professionnelle et des étudiants à des stages pratiques. Ces expériences doivent renforcer le lien entre les connaissances acquises pendant la formation et les exigences rencontrées dans le monde professionnel.

Les stages peuvent ainsi contribuer à familiariser les futurs diplômés avec les conditions de travail en entreprise et les compétences nécessaires à l’exercice de leur métier. Le partenariat vise également à favoriser leur insertion sur le marché de l’emploi, en Tunisie comme auprès d’entreprises étrangères.

Le développement de l’intelligence artificielle dans les centres de formation s’inscrit dans cette même logique d’adaptation des compétences. Les technologies numériques prennent une place croissante dans de nombreux secteurs, ce qui nécessite une évolution régulière des programmes et des méthodes d’apprentissage.

Le dispositif concerne aussi les personnes déjà engagées dans la vie professionnelle. La formation continue et l’actualisation des connaissances constituent des leviers pour accompagner les changements technologiques et permettre aux travailleurs d’acquérir de nouvelles compétences au cours de leur carrière.

Fibre optique, formation à distance et modernisation des services de l’emploi

Le partenariat entre le ministère et Tunisie Telecom prévoit un renforcement des infrastructures numériques utilisées par les établissements de formation professionnelle et les structures relevant du secteur de l’emploi.

L’opérateur national s’engage à développer les réseaux de fibre optique et à raccorder les bureaux de l’emploi, les centres de formation professionnelle et les structures régionales à des réseaux Internet à haut débit. L’objectif est d’améliorer la connectivité et de faciliter les échanges entre les différentes institutions concernées.

La convention prévoit également la mise à disposition de solutions de communication sécurisées et fiables. Ces infrastructures doivent accompagner le déploiement des services numériques et soutenir l’intégration de nouvelles applications dans le fonctionnement des établissements.

Dans ce cadre, l’intelligence artificielle dans les centres de formation ne se limite pas à l’installation de laboratoires spécialisés. Elle s’inscrit dans un ensemble plus large de projets portant sur les réseaux de télécommunications, les plateformes pédagogiques et la modernisation des services liés à l’emploi.

Les deux parties prévoient notamment d’étudier et de mettre en œuvre des solutions d’intelligence artificielle susceptibles de contribuer à la modernisation du système de formation professionnelle et de l’emploi. Ces applications doivent s’appuyer sur les infrastructures numériques développées dans le cadre du partenariat.

Une plateforme de formation à distance et des laboratoires virtuels

Un autre volet de l’accord concerne la création d’un système avancé de formation à distance. Selon Abdesattar Tajouri, directeur exécutif de Tunisie Telecom, le dispositif reposera sur des solutions techniques intégrées, hébergées et administrées au sein du centre de données national de l’opérateur.

Cette organisation doit permettre d’assurer la continuité des services ainsi que des conditions élevées de sécurité et de protection des infrastructures numériques.

La plateforme envisagée doit proposer une expérience d’apprentissage combinant des ateliers en présentiel et des activités à distance. Cette approche hybride permettra de diversifier les modalités de formation et de réduire certaines contraintes logistiques liées aux déplacements ou à l’accès aux équipements.

Le projet prévoit également le recours à des laboratoires virtuels utilisant la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Ces technologies pourront servir à réaliser des expériences et des exercices pratiques à distance, dans un environnement numérique conçu pour compléter les activités pédagogiques traditionnelles.

Ces outils doivent offrir de nouvelles possibilités d’apprentissage, notamment lorsque les travaux pratiques nécessitent des équipements spécifiques ou des installations difficiles d’accès. Leur utilisation s’inscrit dans la volonté de développer des méthodes pédagogiques adaptées aux évolutions technologiques.

Le dispositif doit aussi faciliter l’accès à des contenus numériques et permettre aux établissements concernés de diversifier leurs offres de formation. La combinaison des cours en présentiel, des plateformes en ligne et des exercices virtuels constitue l’un des axes prévus pour moderniser les parcours des apprenants.

L’intelligence artificielle au service de l’orientation et de l’emploi

La coopération prévoit également l’intégration de technologies émergentes dans plusieurs domaines liés à l’emploi et à la formation. Les applications envisagées concernent notamment l’information et l’orientation professionnelles, le rapprochement entre les compétences disponibles et les offres d’emploi, ainsi que l’analyse des besoins du marché du travail.

L’intelligence artificielle pourrait ainsi être mobilisée pour accompagner le développement de services numériques destinés aux demandeurs d’emploi et aux structures chargées de leur orientation. Le partenariat prévoit aussi des travaux portant sur l’identification des besoins en compétences et l’évolution des métiers.

Le développement de plateformes de formation à distance et de contenus pédagogiques numériques figure également parmi les domaines concernés. Ces outils doivent contribuer à diversifier les parcours proposés et à faciliter l’accès à la formation professionnelle.

Tunisie Telecom mettra ses compétences et ses ressources technologiques à la disposition du ministère pour accompagner les projets relevant des télécommunications, de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle. Cette contribution doit notamment porter sur les infrastructures, la connectivité et l’étude de solutions technologiques adaptées aux besoins des institutions concernées.

Lors de la présentation du projet, Abdesattar Tajouri a également évoqué l’expérience acquise par l’opérateur dans le secteur de la santé, à travers le projet « Hôpital numérique », développé avec le ministère de la Santé. Ce projet a permis de réaliser plus de 200 000 examens de radiologie à distance et a enregistré un taux de satisfaction de 92 %, selon les données communiquées.

Cette expérience est présentée comme une référence pour le développement de services numériques dans d’autres secteurs. Dans le domaine de la formation professionnelle, la coopération doit désormais porter sur les infrastructures, les outils pédagogiques, les laboratoires spécialisés et les solutions permettant de renforcer les compétences numériques des apprenants.