Une ressource à fort potentiel dans l’économie circulaire
Les boues résiduaires, longtemps perçues comme un déchet à gérer, s’imposent désormais comme une ressource stratégique dans la transition vers une économie circulaire. En Tunisie, la problématique de leur stockage et de leur traitement est devenue un enjeu majeur, à la fois environnemental et économique.
C’est dans ce contexte que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a organisé, lundi à Tunis, un atelier national consacré à la gestion durable et à la valorisation agricole des boues résiduaires. Cet événement a rassemblé les principaux acteurs du secteur afin de définir des approches concertées et innovantes.
Un défi environnemental devenu opportunité agricole
La Tunisie fait face à une augmentation continue des volumes de boues issues des stations d’épuration, conséquence directe de l’urbanisation et de l’amélioration du traitement des eaux usées. Selon la FAO, cette évolution pousse le pays à intensifier ses efforts pour une gestion durable de ses ressources hydriques et pour le développement d’une agriculture résiliente face aux changements climatiques.
La valorisation de ces boues, notamment sous forme d’amendements organiques, permet d’améliorer la fertilité des sols, de réduire la dépendance aux engrais chimiques importés et de stimuler l’économie locale. Ce processus s’inscrit dans une logique de durabilité, contribuant à une meilleure sécurité alimentaire et à une gestion plus efficiente des ressources naturelles.
Une mobilisation collective et institutionnelle
L’atelier organisé par la FAO a réuni des représentants des ministères de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques, de la Pêche et de l’Environnement, ainsi que des organisations professionnelles et universitaires. Étaient également présents des acteurs du secteur agricole tels que l’UTAP (Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche) et le GDA Sidi Amor – Borj Touil.
L’objectif principal de cette rencontre était d’identifier des pistes concrètes pour le développement de projets durables et sécurisés, basés sur une coopération intersectorielle. Selon la FAO, tous les participants ont réaffirmé leur engagement à promouvoir des solutions concertées et innovantes, au service d’une agriculture tunisienne plus durable et d’un environnement plus sain.
Un cadre réglementaire en appui à la valorisation
La gestion et l’utilisation agricole des boues résiduaires sont encadrées par la loi relative à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ainsi que par le décret n°2007-13 du 3 janvier 2007, fixant les conditions et modalités d’emploi de ces boues dans le domaine agricole.
Ces textes imposent des contrôles sanitaires stricts, similaires à ceux appliqués aux eaux usées traitées destinées à l’irrigation. En 2023, les analyses réalisées sur 13 échantillons de boues et 17 échantillons de sols ont montré une conformité totale à la norme tunisienne NT 106.20, relative aux matières fertilisantes issues du traitement des eaux usées urbaines.
Vers une agriculture plus verte et résiliente
En intégrant la valorisation des boues dans sa stratégie agricole, la Tunisie fait un pas décisif vers un modèle d’économie circulaire agricole où chaque ressource est optimisée. Cette approche favorise la réduction des coûts de production, la restauration des sols appauvris, et l’atténuation des effets du changement climatique.
Soutenue par la FAO et les institutions nationales, cette dynamique illustre une transition vers une agriculture tunisienne plus résiliente, sobre en ressources et respectueuse de l’environnement.

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