Quand on ne dispose que d’un marteau comme outil militaire, tous les problèmes ressemblent à des clous. Donald Trump menace et tape éventuellement. Cela fonctionne parfois, mais pour des résultats toujours limités, car les principaux effets stratégiques sont obtenus par ceux qui se battent au sol pour conquérir et contrôler. Or, par une profonde inhibition, ceux-ci ne peuvent plus être américains.
Dans son deuxième mandat, et poursuivant les opérations de son prédécesseur, Donald Trump a continué la campagne de raids et de frappes contre les houthis yéménites. Il a fini par obtenir, non pas la destruction du mouvement, mais l’arrêt, à partir de mars 2025, de leurs attaques contre les navires de commerce américains dans la mer Rouge et le golfe d’Aden, puis contre les navires de toutes nationalités à la fin de l’année.
Un des enseignements de cette première campagne est aussi que les bavures éventuelles des opérations aériennes ne suscitent plus d’indignation. En l’occurrence, malgré plus d’une centaine de civils tués, l’opinion internationale semble rester de marbre face à ces dommages collatéraux, marquant une évolution notable de la sensibilité éthique dans les conflits modernes.
Fort de ce premier succès, Donald Trump ose s’attaquer à l’Iran pour la seconde fois après l’élimination en 2020 de Qassem Soleimani, alors chef de la force Al-Qods (une unité d’élite du Corps des gardiens de la Révolution islamique). C’est cependant la première fois qu’il frappe sur le sol iranien depuis 1988. Le risque est plus important que contre les houthis, car les Iraniens disposent de capacités de rétorsion directes contre les intérêts américains.
« Salve d’honneur iranienne »
Justifié par la guerre alors en cours en juin 2025 entre Israël et l’Iran, le président des États-Unis ordonne, le 22 juin, aux forces aériennes et navales de frapper trois sites nucléaires iraniens. C’est délicat à justifier au regard du droit international, mais Donald Trump n’en a cure : le temps n’est plus où l’on négociait un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies pour agir.
Cette deuxième série de « coups de marteau » réussit finalement puisque, comme en 2020, l’Iran ne riposte que par une « salve d’honneur » de missiles, démonstrative mais sans effet car annoncée au préalable. Le régime des gardiens de la Révolution n’est pas mis à bas, mais son programme nucléaire est sérieusement endommagé, autorisant ainsi la fin des hostilités entre Israël et l’Iran.
C’est un Donald Trump grisé qui se tourne ensuite vers d’autres victoires rapides. Il lance des frappes de drones contre le groupe Lakurawa et l’ISWAP (État islamique en Afrique de l’Ouest) dans le nord-ouest du Nigeria, les 25 et 26 décembre derniers. L’opération est facilement justifiable par les autorisations d’emploi de la force de 2001 et 2002. Si cela ne change rien à la situation locale, cela plaît énormément à l’électorat évangélique américain.
Opportunisme politique ou économique
Le Nigeria vite oublié, le président se tourne vers le Venezuela. L’affaire est transformée en opération de police internationale contre un cartel de drogue dont Nicolas Maduro serait le chef. En classant le régime comme « narcoterroriste », Trump s’autorise des méthodes de guerre et des éliminations extrajudiciaires dans les Caraïbes, sans que l’objectif final ne soit clairement défini au départ.
On découvre le but réel après la capture de Maduro au cœur de Caracas, le 3 janvier 2026, par un raid héliporté. Il ne s’agissait pas de changer le régime chaviste, corrompu et sanglant, mais simplement de lui imposer des concessions pétrolières massives. Cette victoire spectaculaire renforce encore l’image d’un président agissant par pur pragmatisme économique.
Saisi d’hubris, Trump tente enfin de soutenir les émeutiers iraniens par la parole, mais se heurte à une impasse sanglante. Pour détourner l’attention, il revient sur sa lubie de possession du Groenland et renforce ses troupes au Proche-Orient « pour voir » quel gain il peut en tirer. Peu importent alors les peuples soumis aux dictatures, seule compte la prochaine opportunité politique ou économique.

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