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Macron mis sur la touche et menaces sur le Groenland : Trump déchaîné avant Davos

Macron mis sur la touche et menaces sur le Groenland : Trump déchaîné avant Davos

Le président américain, qui marquait mardi le premier anniversaire de son retour à la Maison-Blanche avant de s’envoler pour la Suisse, garde son cap impérialiste.

Pendant plus de 80 minutes, Donald Trump a livré un monologue décousu, d’un ton monocorde, avec aussi peu d’énergie que « sleepy » Joe Biden. Pour marquer le premier anniversaire de son retour à la Maison-Blanche, le président américain s’est invité au briefing de sa press secretary, Karoline Leavitt, ce mardi 20 janvier, avant de décoller pour le forum de Davos, où il doit prendre la parole ce mercredi à 14 h 30.

Donald Trump a commencé, pendant une quinzaine de minutes, par présenter des photos « d’assassins déséquilibrés » et de « dangereux violeurs » arrêtés, selon lui, par la police de l’immigration (ICE) dans le Minnesota. Il s’est toutefois animé lors de la dernière demi-heure en répondant aux questions des journalistes dans une salle pleine à craquer. Il en a profité pour renouveler des menaces à peine voilées sur le Groenland et renvoyer Emmanuel Macron à un lame duck, un président sur la sortie qui ne semble désormais plus capable d’influencer un « commander in chief » isolé et déchaîné.

Macron, un « ami » qui « ne sera pas là pour très longtemps »

La nuit précédente, Donald Trump a mitraillé sur Truth Social à minuit passé, dévoilant notamment un message privé envoyé par Emmanuel Macron. Le président français le flatte sur la Syrie mais interpelle son homologue : « Je ne comprends pas ce que tu fais sur le Groenland. » Avant de l’inviter à une potentielle réunion d’urgence du G7 ce jeudi après-midi à Paris, après le passage de Donald Trump à Davos, à laquelle Macron proposait de convier « les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes ».

Le président américain compte-t-il venir ? « Non, je ne ferai pas ça », commence-t-il, avant de partir en roue libre : « Vous savez, Emmanuel ne sera pas là pour très longtemps. C’est un de mes amis. C’est un type sympa. J’aime bien Macron, mais il ne va pas rester là très longtemps ». Traduction : avec une présidentielle française dans 15 mois, la relation entre les deux hommes, de près d’une décennie, touche à sa fin. Le ministre français de l’Économie, Roland Lescure, l’a reconnu sur France 2 : « Cette année, ça fait 250 ans qu’on est amis avec les États-Unis. Aujourd’hui, c’est très difficile, je ne vous le cacherai pas. »

Jusqu’où Trump ira-t-il sur le Groenland ? « Vous verrez bien »

Un journaliste américain lui pose la question frontalement : « Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour acquérir le Groenland ? ». Réponse : « You’ll find out ! »

La traduction française (« vous le découvrirez », ou « vous verrez bien ») ne capture pas la menace sous-jacente de l’anglais dans ce contexte. Rappelons que l’acronyme préféré de la galaxie Maga, notamment pour défendre le policier de l’immigration qui a abattu Renee Good à Minneapolis, est le fameux « FAFO » : « fuck around, find out » (proche de « si tu me cherches, tu vas me trouver »).

À Davos, Gary Cohn, un ancien conseiller économique de Donald Trump, a assuré que « le Groenland restera le Groenland », estimant que les menaces de son ancien patron « sont une technique de négociation ». D’autres relèveront que le président américain a demandé à 1 500 soldats de la 11e division aéroportée basée en Alaska de se tenir prêts pour, selon la version officielle, être déployés au Minnesota s’il invoquait l’Insurrection Act. Selon Malcolm Nance, un ancien officier de renseignement de l’US Navy, ces soldats spécialisés dans le combat en milieu arctique représentent exactement le type de forces que Donald Trump pourrait décider d’envoyer au Groenland s’il choisissait la manière forte.

Quid des Groenlandais qui refusent à une immense majorité de passer sous pavillon américain ? Donald Trump, qui a fait du pouvoir de la pensée positive la base de sa psyché, en est persuadé : « Une fois que je leur aurai parlé, je suis sûr qu’ils seront ravis. » « Vous engagez-vous à maintenir les États-Unis au sein de l’Otan ? », poursuit un journaliste américain. L’intéressé botte en touche : « J’ai une super relation [avec l’Otan]. Je l’ai tellement améliorée. L’Otan est tellement plus forte aujourd’hui. Parfois l’Otan est surcotée […] et si l’Otan ne nous a pas, l’Otan n’est pas très forte. »

Après un « très bon appel téléphonique au sujet du Groenland » avec le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, Donald Trump a dit sur Truth Social avoir « accepté la tenue d’une réunion des différentes parties à Davos ». Mais il le répète : « Le Groenland est impératif pour la sécurité nationale » des États-Unis, et « il n’y a pas de retour en arrière possible ». « Nous sommes la seule PUISSANCE capable de garantir la PAIX dans le monde, et cela se fait, tout simplement, par la FORCE. » La loi de la jungle.