Les manifestations étudiantes en Serbie ont pris une nouvelle ampleur à Belgrade, où des milliers de personnes ont accueilli, mercredi 21 octobre 2026, des groupes de jeunes venus de différentes régions du pays. Cette mobilisation intervient à quelques jours des élections législatives anticipées prévues le dimanche 25 octobre, dans un contexte politique marqué par plusieurs mois de contestation.
Les rues de la capitale serbe ont été animées par des chants, des applaudissements, des drapeaux et des rassemblements festifs. Les étudiants ont rejoint le centre-ville après plusieurs jours de marche, tandis que des habitants se sont mobilisés pour les accueillir. Cette arrivée collective constitue une étape importante de la campagne menée par le mouvement étudiant avant son dernier grand rassemblement préélectoral.
La mobilisation doit se poursuivre jeudi 22 octobre sur la place Slavija, à Belgrade. Ce rendez-vous intervient trois jours avant le scrutin législatif, qui oppose notamment le Parti progressiste serbe (SNS), associé au président Aleksandar Vučić, à une liste soutenue par le mouvement étudiant.
Une mobilisation étudiante massive à Belgrade avant le scrutin du 25 octobre
Les manifestations étudiantes en Serbie se sont traduites par des marches organisées depuis plusieurs régions du pays. Les participants ont convergé vers Belgrade après avoir parcouru des routes et traversé différentes localités au cours des jours précédant le rassemblement.
À leur arrivée dans la capitale, les étudiants ont été accueillis par des foules venues les soutenir. Des habitants ont agité des drapeaux serbes et utilisé des fumigènes, tandis que des groupes de manifestants chantaient et dansaient dans les rues. Des feux d’artifice ont également accompagné certains moments de cette mobilisation.
Plusieurs participants arboraient des pancartes portant le slogan « Les étudiants gagnent ! », associé à la liste électorale soutenue par le mouvement. D’autres affichaient les symboles de cette initiative politique. Les images de la mobilisation montraient une atmosphère festive, avec des rassemblements importants dans les secteurs centraux de la capitale.
Les étudiants sont arrivés de plusieurs directions après des marches destinées à renforcer leur présence dans le pays avant le vote. Cette stratégie leur a notamment permis de traverser des zones rurales, considérées comme des territoires où le parti au pouvoir dispose traditionnellement d’un soutien important.
L’objectif immédiat de cette mobilisation est de participer au rassemblement final de la campagne étudiante. Celui-ci est programmé le jeudi 22 octobre sur la place Slavija, un lieu déjà associé à de grandes manifestations étudiantes en Serbie.
La participation attendue à ce meeting pourrait atteindre plusieurs milliers de personnes. Il doit permettre au mouvement de réunir ses sympathisants dans la capitale à quelques jours d’un scrutin dont l’issue demeure incertaine.
La liste étudiante, présentée sous le nom « Student list – Students win », entend participer directement à la compétition électorale. Parmi ses candidats figurent des profils issus de différents milieux professionnels et universitaires. Ilija Srdanović, médecin et candidat de cette liste, a notamment commenté l’ampleur de l’accueil réservé aux marcheurs.
Aleksandar Baucal, professeur de psychologie également candidat, a lui aussi évoqué les perspectives ouvertes par cette mobilisation. Ces déclarations reflètent les attentes exprimées par les représentants du mouvement à l’approche des élections.
Parallèlement, Aleksandar Vučić a organisé mercredi un rassemblement dans la ville méridionale de Niš, devant ses propres partisans. Il a affiché sa confiance dans les chances de victoire du Parti progressiste serbe lors du scrutin du dimanche.
L’ancien président serbe cherche à revenir au poste de Premier ministre à l’issue de cette élection, après avoir quitté la présidence en septembre pour se consacrer à la campagne. Il a également accusé les étudiants et certains de leurs enseignants d’agir sous l’influence de l’étranger, des affirmations contestées dans le contexte de la confrontation politique.
La campagne se déroule ainsi autour de deux dynamiques distinctes : la mobilisation de la liste soutenue par les étudiants et les efforts du parti au pouvoir pour conserver sa position. Les rassemblements organisés dans différentes villes témoignent de l’importance prise par cette compétition dans la vie politique serbe.
Les origines des manifestations étudiantes en Serbie et les enjeux des élections anticipées
Le mouvement étudiant s’est développé après l’effondrement meurtrier d’un auvent de la gare de Novi Sad, dans le nord de la Serbie, le 1er novembre 2024. L’accident a causé la mort de 16 personnes et déclenché une vague de protestations dans le pays.
Les étudiants ont demandé que les responsabilités liées à ce drame soient établies. Ils ont notamment dénoncé de possibles négligences associées aux travaux de rénovation de la gare et réclamé davantage de transparence concernant les circonstances de l’accident.
Cette mobilisation s’est progressivement étendue au-delà des établissements universitaires. Elle a rassemblé des étudiants, des enseignants et d’autres citoyens, donnant naissance à un mouvement de contestation qui s’est poursuivi pendant près de deux ans.
Les manifestations étudiantes en Serbie ont ainsi évolué d’une mobilisation liée à une tragédie précise vers une contestation plus large de la gouvernance et du fonctionnement des institutions. Le mouvement est désormais également présent sur le terrain électoral, avec une liste destinée à participer directement au scrutin législatif.
Le calendrier électoral a renforcé l’importance de cette mobilisation. Les élections anticipées sont prévues le 25 octobre 2026, alors que le Parlement devait normalement être renouvelé à une échéance ultérieure. Le président serbe a convoqué ce scrutin après une longue période de contestation antigouvernementale.
Le vote mettra notamment en concurrence le Parti progressiste serbe et la liste soutenue par les étudiants. Les informations disponibles avant le scrutin indiquent que les deux formations pourraient se trouver au coude-à-coude, ce qui rend les résultats difficiles à anticiper.
Cette incertitude constitue un enjeu important pour la période électorale. Une compétition serrée peut alimenter les tensions, notamment si plusieurs camps revendiquent la victoire à la fermeture des bureaux de vote.
Les autorités serbes ont par ailleurs annoncé, mercredi, l’arrestation de six personnes soupçonnées de préparer des troubles le jour des élections. Les accusations portent sur la préparation présumée de violences visant notamment des policiers et des adversaires politiques. Ces éléments relèvent des soupçons présentés par les autorités et ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de culpabilité.
Les arrestations interviennent dans un climat de méfiance entre le pouvoir et les mouvements de contestation. Des critiques du gouvernement estiment que certaines opérations de ce type peuvent intimider les opposants, tandis que les autorités présentent les interventions policières comme des mesures de sécurité.
Les conditions du scrutin font également l’objet d’une attention particulière. Des observateurs électoraux internationaux et l’Union européenne ont exprimé des préoccupations concernant l’équité des élections, en raison d’irrégularités signalées lors de précédents scrutins.
Un rapport publié mercredi par le Centre serbe de recherche, de transparence et de responsabilité a également évoqué un rétrécissement des libertés et un approfondissement des inégalités entre les participants à la campagne et les électeurs. L’organisation a notamment fait état de surveillance visant des militants de l’opposition, d’interrogatoires et d’interceptions de communications.
Le même rapport a relevé des différences importantes dans la couverture des candidats par les médias traditionnels et mentionné plus d’une centaine d’incidents violents pendant la campagne. Ces éléments contribuent aux interrogations portant sur les conditions dans lesquelles se déroule la compétition électorale.
Dans ce contexte, les manifestations étudiantes en Serbie représentent une composante centrale de la campagne précédant le vote. Le rassemblement attendu sur la place Slavija doit réunir les sympathisants du mouvement à Belgrade, tandis que les autres forces politiques poursuivent leurs propres activités électorales dans différentes régions du pays.
Le scrutin du 25 octobre doit permettre de mesurer le soutien électoral dont dispose la liste étudiante face au parti au pouvoir, dans un pays où la contestation déclenchée par le drame de Novi Sad continue de peser sur le débat public.
