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Mouvement de contestation des lycéens : la mobilisation se poursuit en France

- Monde, Politique
14 octobre 2026
https://tunisiatimes.tn/finance/cooperation-tunisie-france-lafd-reaffirme-son-soutien-strategique-au-developpement/113420/

Le mouvement de contestation des lycéens se poursuit en France ce mercredi 14 octobre 2026, avec des blocages toujours signalés dans plusieurs établissements scolaires et universitaires. Les élèves mobilisés réclament une amélioration des conditions d’apprentissage, la suppression de la sélection associée à la plateforme Parcoursup et un plan d’investissement de 10 milliards d’euros pour les lycées. À l’approche des vacances de la Toussaint, les organisateurs souhaitent maintenir la mobilisation et élargir le mouvement à d’autres revendications sociales.

Lancé le 17 septembre, ce mouvement intervient à environ six mois de l’élection présidentielle française. Il s’est progressivement étendu à plusieurs villes du pays, donnant lieu à des rassemblements, des blocages d’établissements et des manifestations. Les revendications portent principalement sur les moyens consacrés à l’éducation, les conditions de scolarité et les modalités d’accès à l’enseignement supérieur.

La journée du mardi 13 octobre a constitué un nouveau temps fort de la mobilisation. Les estimations de participation divergent sensiblement entre les autorités et les organisations lycéennes et étudiantes. Malgré ces différences, les rassemblements ont confirmé la poursuite de la contestation, alors que le gouvernement mise sur les prochaines vacances scolaires pour favoriser un retour progressif au calme.

Les revendications des lycéens et l’ampleur de la mobilisation en France

Les élèves mobilisés mettent en avant plusieurs difficultés rencontrées dans les établissements scolaires. Ils demandent notamment de meilleures conditions d’apprentissage, des moyens supplémentaires pour les lycées et une évolution du système d’orientation vers l’enseignement supérieur.

Leurs revendications s’articulent autour de trois axes principaux : l’amélioration du fonctionnement quotidien des établissements, la remise en question de la sélection associée à Parcoursup et l’obtention d’un financement supplémentaire de 10 milliards d’euros pour les lycées.

La plateforme Parcoursup, utilisée pour gérer les candidatures vers de nombreuses formations de l’enseignement supérieur en France, constitue l’un des points de désaccord. Les manifestants réclament la suppression du système de sélection qu’ils contestent. Cette demande s’ajoute aux préoccupations liées aux conditions matérielles de scolarité et aux ressources disponibles dans les établissements.

La mobilisation concerne également des étudiants et des organisations syndicales. Les blocages ne se limitent donc pas aux seuls lycées : plusieurs établissements universitaires sont aussi concernés. Cette extension traduit la volonté des organisateurs de donner une portée plus large aux revendications liées à l’éducation.

Le mardi 13 octobre, présenté comme le cinquième acte de la mobilisation, a rassemblé entre 161 500 manifestants selon le gouvernement et 480 000 selon l’intersyndicale de la jeunesse. L’écart entre ces deux estimations montre les différences d’évaluation de la participation entre les autorités et les organisations à l’origine des appels à manifester.

Plusieurs villes ont accueilli des rassemblements. À Saint-Denis, en région parisienne, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg s’est rendue devant le lycée Paul-Éluard pour apporter son soutien aux élèves mobilisés. Sa présence a marqué cette journée de contestation, qui a également été accompagnée de nouveaux blocages.

Le nombre d’établissements fermés reste toutefois limité à une partie des lycées français. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a indiqué qu’un peu moins de 200 lycées sur un total de 3 700 devraient être fermés le mercredi 14 octobre, soit près de 4 % des établissements.

Cette estimation intervient alors que le gouvernement évoque un ralentissement de la mobilisation à l’approche des congés scolaires. Les organisations lycéennes et étudiantes contestent cette lecture de la situation et appellent à poursuivre les actions. Elles considèrent que les revendications restent d’actualité et que les annonces gouvernementales ne répondent pas encore à l’ensemble de leurs demandes.

Blocages, incidents et prochaines discussions avec le gouvernement

La poursuite du mouvement s’accompagne de perturbations dans certains établissements et de plusieurs incidents signalés par les autorités. À Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, un incendie de poubelles survenu devant un lycée s’est propagé à la façade et au rez-de-chaussée du bâtiment, selon la police.

À Amiens, dans le nord du pays, une soixantaine de personnes ont forcé l’entrée du pôle universitaire Jules-Verne avant de se barricader à l’intérieur, toujours selon les informations communiquées par les forces de l’ordre. Ces événements illustrent les difficultés rencontrées dans certaines villes pour assurer le fonctionnement normal des établissements concernés.

Les questions relatives au maintien de l’ordre et aux interventions policières occupent également une place dans l’actualité du mouvement. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a fait part de son inquiétude concernant les incidents survenus pendant les manifestations.

En France, 36 enquêtes ont été ouvertes par la police des polices au moment des informations communiquées le 14 octobre. Par ailleurs, un policier a été mis en examen mardi après qu’un lycéen a perdu un œil en marge des manifestations à Tours, dans le centre du pays. Cette procédure judiciaire s’inscrit dans le suivi des incidents survenus pendant la mobilisation.

Le président Emmanuel Macron a, pour sa part, exprimé ses préoccupations concernant l’évolution de la contestation. Par l’intermédiaire d’un porte-parole, il a dénoncé l’exploitation politique des inquiétudes exprimées par les jeunes et leur transformation en violences urbaines. Cette déclaration intervient dans un contexte où les autorités cherchent à distinguer les revendications des manifestants des actes de violence constatés dans certaines circonstances.

Sur le terrain, les organisations lycéennes souhaitent maintenir la pression. Ryad Rani, président de l’Union syndicale des lycéens, a appelé à poursuivre les blocages et à participer à une manifestation contre la vie chère prévue le samedi 17 octobre. Plusieurs organisations envisagent ainsi de rapprocher les revendications concernant l’éducation de celles portant sur les difficultés économiques et sociales.

Cette perspective pourrait élargir le cadre des mobilisations au-delà des seules questions scolaires. Les organisateurs évoquent une convergence entre différents mouvements sociaux, tandis que le gouvernement espère que les vacances de la Toussaint contribueront à réduire les tensions et les perturbations dans les établissements.

Une rencontre entre les représentants des lycéens et les ministres chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur est prévue le jeudi 15 octobre à 17 h 30, heure de Paris, soit 15 h 30 GMT. Les discussions doivent permettre aux représentants des élèves d’exposer leurs demandes aux responsables gouvernementaux, dans un contexte marqué par la poursuite des blocages et les divergences sur les réponses à apporter.

Les prochaines décisions dépendront notamment de l’évolution des échanges entre les organisations lycéennes et les autorités, ainsi que de la capacité des différents acteurs à trouver des réponses aux revendications concernant les moyens des établissements, les conditions d’apprentissage et l’orientation vers l’enseignement supérieur.