La LP2 bat tous les records d’instabilité en ce début de saison. Alors que le championnat n’a même pas atteint la dixième journée, le rythme des changements d’entraîneurs vire à l’anarchie, transformant les bancs de touche en véritables chaises musicales.
Une simple lecture des organigrammes techniques des clubs révèle une réalité alarmante : une vingtaine d’équipes ont déjà procédé à au moins un changement. Au total, ce sont plus de 30 mouvements qui ont été enregistrés, forçant les clubs à s’appuyer sur une multitude de techniciens pour tenter de trouver la formule magique.
Le Groupe A, champion de l’instabilité.
Le Groupe A est un cas d’école de cette frénésie. Certains clubs ont enchaîné les nominations à un rythme incroyable :
- L’US Boussalem détient la palme de la précipitation avec quatre entraîneurs différents nommés avant même le premier tiers du championnat : Haykel Ayari, Badii Zouaghi, Abdelkarim Ouji, et enfin Skander Majboura. Difficile dans ces conditions d’établir une philosophie de jeu stable.
- BS Bouhajla et Sfax Railways Sports ne sont pas loin, ayant déjà fait appel à trois techniciens chacun.
- L’instabilité est telle que certains entraîneurs se retrouvent immédiatement en circulation d’un club à l’autre : Skander Majboura est passé du SC Ben Arous à l’US Boussalem, et Haykel Ayari a fait le chemin inverse. Mohamed Souihli est, quant à lui, passé de Mégrine Sport à EM Mahdia.
Le Groupe B n’est pas en reste
Dans le second groupe, la situation n’est guère plus sereine.
- L’AS Kasserine est le miroir de l’US Boussalem avec également quatre entraîneurs nommés : Zied Derbali, Saber Trabelsi, Majdi Rachdi, et Hedi Mokrani.
- Le Stade Gabésien et l’Olympique Sidi Bouzid ont déjà consommé trois coachs. Il est à noter que l’Olympique Sidi Bouzid a même vu Othmane Chehaibi transiter vers le CS Redayef avant que ce dernier ne revienne… au CS Redayef après un intermède d’Ezzedine Khemila.
- Lotfi Jebali (SRS puis Stade Gabésien) et Zied Derbali (SRS puis AS Kasserine puis AS Jelma) sont d’autres exemples frappants de cette valse technique.
Les Conséquences d’une telle Instabilité
Cette situation soulève de sérieuses questions sur la maturité et la vision à long terme des clubs de LP2 :
- Absence de projet de jeu : Comment un club peut-il construire une équipe et une identité tactique quand les méthodes et les philosophies changent toutes les trois semaines ?
- Pression exagérée : Ce cycle infernal témoigne d’une pression insoutenable exercée par les comités directeurs sur les staffs techniques, souvent après seulement une ou deux défaites.
- Coût financier : Chaque changement implique généralement des indemnités et des nouveaux contrats, représentant un fardeau financier non négligeable pour des clubs qui sont déjà en difficulté.
La LP2, censée être l’antichambre de l’élite et le vivier de talents, risque de sombrer dans l’instabilité chronique si cette tendance ne s’inverse pas rapidement. La recherche de résultats immédiats semble avoir définitivement pris le pas sur la construction pérenne.

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