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Le directeur général de l’OMS envisage une prochaine visite en Tunisie

- Tunisie
12 octobre 2026
directeur général de l’OMS en Tunisie

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, envisage d’effectuer prochainement une visite en Tunisie. Cette perspective a été évoquée lors d’une rencontre avec le ministre tunisien de la Santé, Mustapha Ferjani, organisée dimanche 11 octobre 2026 à Berlin, en marge du Sommet mondial de la santé.

Les discussions ont porté sur plusieurs priorités du système de santé tunisien, notamment la santé numérique, la couverture sanitaire universelle, la sécurité des médicaments et la coopération internationale dans la lutte contre les pandémies. Le responsable de l’OMS a également salué la tenue de la conférence internationale « TeleHealth Connect Tunisia 2026 » et exprimé la disponibilité de l’organisation à accompagner la mise en œuvre de ses recommandations.

La date de la visite envisagée en Tunisie n’a pas été précisée dans les informations communiquées. Les échanges entre les deux responsables témoignent toutefois de l’importance accordée au renforcement de la coopération entre la Tunisie et l’organisation sanitaire internationale.

Tunisie-OMS : les priorités de la coopération sanitaire

La rencontre entre Mustapha Ferjani et Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est déroulée dans le cadre du Sommet mondial de la santé organisé dans la capitale allemande. Elle a permis d’aborder plusieurs dossiers liés à l’amélioration des services médicaux, à leur accessibilité et au renforcement des mécanismes de régulation sanitaire.

La santé numérique figure parmi les axes prioritaires examinés par les deux responsables. L’objectif évoqué consiste à rapprocher les services de santé des citoyens et à améliorer la qualité des prestations dans les différentes régions du pays. Le développement de la télémédecine et l’utilisation des outils numériques sont notamment envisagés pour faciliter l’accès aux soins, en particulier dans les régions de l’intérieur.

La télémédecine permet de mobiliser des solutions technologiques pour faciliter certaines consultations et les échanges entre professionnels de santé et patients à distance. Dans le contexte tunisien, les discussions ont mis l’accent sur son potentiel pour améliorer la proximité des services médicaux. Les échanges ne précisent cependant ni le calendrier des mesures envisagées ni les modalités concrètes de leur mise en œuvre.

La conférence internationale « TeleHealth Connect Tunisia 2026 » a également été évoquée au cours de la rencontre. Tedros Adhanom Ghebreyesus a félicité la Tunisie pour cet événement et indiqué que l’OMS était disposée à soutenir l’application de ses recommandations. Les modalités de cet accompagnement n’ont pas été détaillées.

Un autre dossier concerne la proposition tunisienne d’accueillir un siège régional consacré à l’approche « Une seule santé », connue sous l’appellation anglaise One Health. Ce concept repose sur la prise en compte des liens entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement.

Cette approche implique de considérer les risques sanitaires de manière intégrée plutôt que de traiter séparément les problématiques touchant les personnes, les animaux et leur environnement. Les deux responsables ont examiné les possibilités de soutenir l’initiative tunisienne. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’une décision définitive a été prise concernant l’implantation de cette structure régionale.

Couverture sanitaire universelle, médicaments et lutte contre les pandémies

Le financement du système de santé et l’accès équitable aux soins ont également occupé une place importante dans les discussions. L’Organisation mondiale de la santé a notamment été sollicitée pour soutenir la signature du Pacte national pour la santé, ou National Health Compact, élaboré en partenariat avec la Banque mondiale et le Japon.

Ce mécanisme vise à soutenir le financement de la couverture sanitaire universelle (CSU). Celle-ci correspond à un objectif selon lequel chaque personne doit pouvoir accéder aux services de santé nécessaires sans être exposée à des difficultés financières excessives. Elle concerne notamment l’accès aux prestations médicales et la capacité du système de santé à répondre aux besoins de la population.

Dans le cadre des échanges à Berlin, le soutien de l’OMS à cette initiative a été abordé comme un levier de renforcement de la coopération sanitaire. Les informations communiquées ne précisent toutefois ni le calendrier de signature du pacte ni les montants de financement concernés.

La sécurité des médicaments constitue un autre axe important des discussions entre la Tunisie et l’organisation internationale. Les deux parties ont évoqué l’accompagnement de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANMPS) dans sa démarche visant à atteindre le niveau de maturité 3, désigné par l’OMS sous le sigle ML3.

Cette étape vise à renforcer les capacités de surveillance de l’agence ainsi que les dispositifs liés à la qualité et à la sécurité des médicaments. Le développement des capacités réglementaires représente un enjeu important pour le suivi des produits de santé et la protection des patients.

Les échanges n’ont pas permis de confirmer que ce niveau de maturité avait déjà été atteint. Il s’agit d’un objectif de renforcement institutionnel pour lequel un accompagnement de l’OMS a été discuté.

La coopération internationale en matière de préparation et de réponse aux pandémies a également été abordée. À cette occasion, Mustapha Ferjani a réaffirmé le soutien de la Tunisie à l’accord international sur les pandémies ainsi qu’à la finalisation du mécanisme d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages liés à leur utilisation.

Ce mécanisme concerne notamment les conditions d’accès aux agents pathogènes et la répartition des avantages découlant de leur utilisation dans le cadre de la recherche et de la lutte contre les menaces sanitaires. L’enjeu évoqué est de favoriser une répartition équitable des moyens mobilisés face aux pandémies.

La position tunisienne s’inscrit dans le prolongement de l’initiative du président de la République, Kaïs Saïed. Le 10 juillet 2025, à Genève, celui-ci avait reçu le « Blason de l’accord de l’OMS sur les pandémies », une distinction attribuée en reconnaissance de son rôle dans la conception et la défense de cet accord.

La rencontre de Berlin a ainsi réuni plusieurs dossiers complémentaires : la transformation numérique des services de santé, le financement de la couverture sanitaire universelle, le renforcement de la réglementation des médicaments et la préparation aux crises sanitaires internationales. Dans ce cadre, Tedros Adhanom Ghebreyesus a fait part de son intention d’effectuer prochainement une visite en Tunisie, sans qu’une date officielle ait été annoncée.