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Frappes des Houthis en Arabie saoudite : 13 morts à l’aéroport de Ryad

- Monde, Politique
11 octobre 2026
Frappes des Houthis en Arabie saoudite

Les frappes des Houthis en Arabie saoudite ont fait au moins 13 morts et 309 blessés lors d’une attaque contre l’aéroport international de Ryad, le samedi 10 octobre 2026, selon un bilan provisoire rapporté par TV5MONDE avec l’AFP. Dimanche 11 octobre, le mouvement yéménite a revendiqué plusieurs nouvelles opérations visant des infrastructures aéroportuaires et énergétiques, notamment à Dammam et sur des sites appartenant au groupe pétrolier Aramco.

Cette série d’attaques marque une nouvelle escalade dans le conflit opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, soutenues militairement par une coalition dirigée par Riyad depuis 2015. Les répercussions dépassent le seul cadre militaire : la fermeture de l’aéroport de la capitale saoudienne, les perturbations du trafic aérien et les conséquences pour les voyageurs illustrent l’ampleur de la crise.

Frappes des Houthis en Arabie saoudite : un bilan humain lourd à Ryad

Le samedi 10 octobre, une attaque contre l’aéroport international de Ryad a provoqué un lourd bilan humain. Selon les informations publiées le lendemain, 13 personnes ont perdu la vie et 309 autres ont été blessées. Ce bilan restait provisoire au moment de la publication.

Les autorités saoudiennes avaient initialement annoncé 12 décès. Les victimes recensées comprenaient quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, ainsi que des citoyens américain, égyptien, argentin, syrien, palestinien et soudanais. Le dimanche, l’ambassade de l’Inde en Arabie saoudite a annoncé la mort d’un ressortissant indien qui avait succombé à ses blessures, portant le bilan à 13 morts.

D’après les informations rapportées par TV5MONDE et l’AFP, les Houthis affirment avoir conduit quatre opérations militaires d’envergure en 24 heures. Ils déclarent avoir ciblé l’aéroport international de Ryad en plusieurs phases, à partir de la soirée du vendredi 9 octobre. Le mouvement revendique l’utilisation de missiles balistiques, de missiles de croisière et de drones.

Ces déclarations doivent être distinguées des informations confirmées par les autorités saoudiennes. La revendication d’une attaque par un groupe armé ne suffit pas, à elle seule, à établir tous les détails concernant les armes utilisées, les dommages provoqués ou le déroulement exact des opérations.

Des secours mobilisés face à l’afflux de blessés

L’explosion survenue à l’aéroport a provoqué des scènes de panique parmi les passagers. Un témoin interrogé par l’AFP a raconté avoir entendu une forte détonation, senti le bâtiment trembler, puis entendu les sirènes d’alarme retentir. Des voyageurs ont tenté de fuir les zones touchées tandis que d’autres portaient assistance aux blessés.

Face à l’afflux de victimes, le ministère saoudien de la Santé a activé ses procédures d’urgence et demandé à des médecins de rejoindre les hôpitaux de la capitale. Les blessures signalées comprenaient notamment des traumatismes graves aux membres et des lésions provoquées par des éclats de verre. Des personnes ont également subi d’importantes réactions de stress.

La situation s’est encore compliquée le dimanche. Les autorités saoudiennes ont signalé qu’un projectile dont l’origine n’avait pas été identifiée avait déclenché un incendie au terminal 4 de l’aéroport, faisant plusieurs blessés.

Selon le bilan rapporté par TV5MONDE, des attaques revendiquées par les Houthis contre ce même aéroport les mercredi et jeudi précédents avaient déjà fait six morts au total. Ces événements successifs témoignent de la pression exercée sur une infrastructure essentielle aux déplacements internationaux.

Une suspension des vols qui perturbe les déplacements

Les conséquences de ces frappes ne se limitent pas aux pertes humaines. Selon une source du secteur aérien citée par l’AFP, les vols à destination et au départ de l’aéroport international de Ryad ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Cette interruption a affecté les passagers en transit, les voyageurs internationaux et les personnes qui prévoyaient de rejoindre d’autres destinations depuis la capitale saoudienne. Certains vols ont été déroutés, tandis que des voyageurs ont dû attendre sans disposer immédiatement de toutes les informations nécessaires sur leur itinéraire.

La fermeture de l’aéroport a également contraint la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, à prolonger son séjour en Arabie saoudite. Elle participait à la Semaine de l’énergie organisée à Ryad. Son ministère a indiqué que son retour prévu ne pourrait probablement pas se dérouler comme initialement programmé.

La période est particulièrement sensible pour les déplacements religieux. Le mois d’octobre correspond généralement au début de la haute saison de la Omra, le pèlerinage musulman effectué à La Mecque en dehors de la période du Hajj. De nombreux fidèles venant de différents pays transitent par les aéroports saoudiens pour rejoindre les villes saintes.

Dimanche, les Houthis ont renouvelé leurs avertissements aux voyageurs, aux employés et aux compagnies aériennes. Ils ont affirmé que les aéroports saoudiens n’étaient pas sûrs, tout en excluant de leurs menaces déclarées ceux de La Mecque et de Médine. Cette communication constitue une déclaration du mouvement et ne doit pas être interprétée comme une évaluation indépendante de la sécurité de chaque aéroport.

Dammam et les installations d’Aramco également visés

Les frappes des Houthis en Arabie saoudite ont également concerné l’est du royaume, une région stratégique pour les infrastructures énergétiques. Le mouvement yéménite a revendiqué des opérations contre deux installations associées au groupe Aramco : l’installation gazière de Shugadam et une raffinerie située à Tanajib.

Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a également annoncé une attaque contre l’aéroport international de Dammam. Selon ses déclarations, cette opération aurait atteint sa cible et perturbé le trafic aérien.

Les informations disponibles au moment de la publication indiquaient que plusieurs départs et arrivées à Dammam étaient retardés. Le dimanche soir, l’Autorité saoudienne de l’aviation civile a signalé une nouvelle frappe contre cet aéroport et précisé qu’une évaluation des dommages était en cours.

Les conséquences matérielles définitives de ces opérations n’étaient donc pas encore entièrement établies. Il convient de distinguer les objectifs annoncés par les Houthis des dommages effectivement confirmés par les autorités compétentes.

Une escalade qui suscite des condamnations internationales

L’attaque meurtrière de Ryad a provoqué de nombreuses réactions internationales. La coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite a qualifié l’attaque de « crime de guerre » et promis une réponse ferme. Cette qualification constitue la position exprimée par la coalition et ne correspond pas, en elle-même, à une décision judiciaire.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également condamné l’attaque. De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il examinerait la possibilité d’une participation des États-Unis aux opérations militaires contre les Houthis et qu’il s’entretiendrait avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

L’Organisation des Nations unies, ainsi que plusieurs pays européens et du Moyen-Orient, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Qatar, la Jordanie, la Russie, l’Irak et le Pakistan, ont également condamné l’attaque selon le compte rendu de TV5MONDE. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décrit la situation comme une escalade dangereuse.

Ces réactions montrent que les frappes dépassent le cadre d’un affrontement local. Elles soulèvent des questions concernant la sécurité des infrastructures civiles, la protection des voyageurs et le risque d’une extension des opérations militaires dans la région.

Le conflit au Yémen au cœur des tensions

La guerre au Yémen constitue l’arrière-plan de cette nouvelle escalade. Le conflit oppose les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, qui bénéficient depuis 2015 du soutien militaire d’une coalition menée par l’Arabie saoudite.

Les attaques revendiquées contre Ryad, Dammam et des installations énergétiques s’inscrivent dans cette confrontation. Elles exposent des infrastructures essentielles aux transports et à l’approvisionnement énergétique, tout en faisant peser de nouveaux risques sur les populations civiles.

En Arabie saoudite, le manque d’informations publiques détaillées sur l’ampleur des attaques inquiète également certains habitants. Des témoins cités par l’AFP ont exprimé leur besoin d’être informés plus directement des risques et des mesures de sécurité. Des voyageurs ont, pour leur part, décrit des déroutements, des attentes prolongées et des difficultés à obtenir des renseignements sur la poursuite de leur trajet.

Les frappes des Houthis en Arabie saoudite ont provoqué un bilan provisoire de 13 morts et 309 blessés à l’aéroport de Ryad, tout en perturbant les déplacements aériens et en touchant des infrastructures de Dammam et d’Aramco. Les revendications militaires, les réactions internationales et l’incertitude sur l’évolution des opérations confirment l’importance de suivre les informations officielles. Pour les voyageurs, notamment ceux qui prévoient un transit par l’Arabie saoudite depuis la Tunisie, il est prudent de vérifier le statut du vol auprès de la compagnie aérienne et les consignes des autorités compétentes avant tout déplacement.