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Importations de produits pétroliers russes en Tunisie : une baisse de 50 % en 2026

- Tunisie
11 octobre 2026
importations de produits pétroliers russes en Tunisie

Les importations de produits pétroliers raffinés russes en Tunisie ont diminué de 50 % au cours des neuf premiers mois de 2026. Entre janvier et septembre, les livraisons maritimes en provenance de Russie ont atteint une moyenne de 24 000 barils par jour, contre 48 000 barils par jour durant la même période de 2025. Malgré ce recul important, la Russie reste le premier fournisseur de produits pétroliers raffinés du marché tunisien.

Cette évolution intervient dans un contexte de diversification des approvisionnements et de tensions sur les marchés énergétiques internationaux. L’Italie, les Pays-Bas, l’Égypte et l’Espagne figurent notamment parmi les pays qui contribuent aux importations tunisiennes. Toutefois, la baisse des volumes en provenance de Russie ne suffit pas à alléger les pressions sur les finances énergétiques du pays.

Importations de produits pétroliers russes en Tunisie : les chiffres des neuf premiers mois de 2026

Les données publiées le 10 octobre 2026 par la plateforme spécialisée Attaqa, sur la base des travaux de l’Unité de recherche sur l’énergie, font état d’un recul marqué des livraisons russes destinées à la Tunisie. Cette diminution concerne les produits pétroliers raffinés transportés par voie maritime, notamment le diesel et l’essence. Elle ne doit donc pas être confondue avec l’évolution des importations de pétrole brut.

Sur les neuf premiers mois de l’année, les volumes russes ont été divisés par deux par rapport à la période correspondante de 2025. La part de la Russie dans les importations tunisiennes de produits pétroliers raffinés est ainsi passée d’environ 61,5 % à 35,8 %.

Le recul des approvisionnements russes est plus important que celui enregistré pour l’ensemble des importations tunisiennes de produits pétroliers raffinés. Tous fournisseurs confondus, les volumes acheminés par voie maritime ont diminué de 14 % sur un an, passant d’une moyenne de 78 000 à 67 000 barils par jour.

Cette différence met en évidence une modification de la répartition des fournisseurs de la Tunisie. Alors que les livraisons russes reculent fortement, les volumes provenant des autres pays progressent. Leur moyenne quotidienne est passée d’environ 30 000 barils en 2025 à 43 000 barils en 2026, selon les périodes comparées.

L’Italie, les Pays-Bas et l’Égypte renforcent leur place

Malgré la baisse de ses livraisons, la Russie conserve la première place parmi les fournisseurs de produits pétroliers raffinés de la Tunisie. L’Italie occupe le deuxième rang, avec une moyenne de 8 000 barils par jour durant les neuf premiers mois de 2026. Ses expéditions ont toutefois reculé de 11 % par rapport aux 9 000 barils quotidiens enregistrés un an auparavant.

Les Pays-Bas arrivent ensuite avec environ 6 000 barils par jour. Leur retour parmi les fournisseurs tunisiens remonte à mars 2026, après une interruption depuis juin 2024.

L’Égypte et l’Espagne fournissent chacune environ 5 000 barils par jour. La progression des livraisons égyptiennes est particulièrement notable : les expéditions vers la Tunisie étaient restées très limitées durant les neuf premiers mois de 2025, avec une moyenne d’environ 322 barils par jour. Les volumes ont donc fortement augmenté sur la période étudiée.

D’autres pays participent également à l’approvisionnement du marché tunisien. La Grèce et Chypre figurent parmi les fournisseurs, avec des volumes proches de 5 000 barils par jour chacune selon les données disponibles. La Turquie et l’Inde font aussi partie des pays d’origine des cargaisons reçues par la Tunisie.

Cette répartition montre que les importations tunisiennes ne reposent pas exclusivement sur un seul partenaire commercial. Néanmoins, la Russie conserve une place importante, malgré la réduction de ses expéditions. L’évolution des flux en provenance des autres pays permet de comprendre comment la composition géographique des approvisionnements s’est modifiée en 2026.

Les restrictions russes sur les exportations de carburants

Le recul des livraisons russes intervient alors que Moscou a adopté des restrictions sur les exportations de certains carburants. À partir de juillet 2026, des mesures ont notamment limité les exportations d’essence et de diesel afin de préserver les disponibilités sur le marché intérieur russe.

Ces restrictions sont intervenues dans un contexte de perturbations de la production et du raffinage, notamment liées aux attaques ukrainiennes contre des installations pétrolières en Russie. Les difficultés d’approvisionnement intérieur et les tensions sur les prix ont contribué à la mise en place de ces mesures.

Le dispositif russe prévoit toutefois certaines exemptions selon les catégories d’exportateurs et de livraisons. Il convient donc de distinguer le contexte général des restrictions de leurs effets précis sur les volumes achetés par la Tunisie. Les données disponibles ne permettent pas d’attribuer l’intégralité de la baisse observée au seul changement de politique commerciale russe.

Cette évolution contraste avec la progression des achats tunisiens de produits pétroliers russes enregistrée en 2023, lorsque la réorientation d’une partie des exportations russes vers les marchés d’Afrique du Nord avait favorisé les échanges avec la région.

Le déficit énergétique tunisien se creuse malgré le recul des importations russes

La diminution des importations de produits pétroliers russes ne signifie pas nécessairement que la facture énergétique tunisienne baisse. Les volumes physiques importés et la valeur totale des achats constituent deux indicateurs différents. Les prix des produits, les conditions commerciales et la répartition entre fournisseurs peuvent notamment influencer le montant global des dépenses.

Selon les statistiques de l’Institut national de la statistique (INS), la valeur des importations tunisiennes de produits énergétiques a augmenté de 28,5 % durant les huit premiers mois de 2026. Sur la même période, le déficit commercial énergétique a atteint environ 8,93 milliards de dinars, contre 7,15 milliards de dinars entre janvier et août 2025.

Ces chiffres concernent l’ensemble des produits énergétiques échangés par la Tunisie. Ils ne mesurent donc pas uniquement les achats de carburants raffinés en provenance de Russie. Il serait inexact d’établir un lien direct entre la baisse des livraisons russes et l’aggravation du déficit sans disposer de données permettant d’isoler l’effet de chaque fournisseur, des prix et des autres composantes du bilan énergétique.

Une forte dépendance aux importations de carburants

La structure de l’approvisionnement tunisien contribue à expliquer l’importance des achats à l’étranger. La consommation nationale de carburants, notamment de diesel et d’essence, dépasse les volumes que la capacité de raffinage locale permet de couvrir.

La Société tunisienne des industries de raffinage (STIR), installée à Bizerte, est la seule raffinerie du pays. Selon les données rapportées par l’Unité de recherche sur l’énergie, sa capacité de traitement couvre environ 30 % des besoins du marché national. La Tunisie doit donc recourir aux importations pour compléter son approvisionnement en produits pétroliers raffinés.

Dans ce contexte, la diversification des fournisseurs constitue une évolution importante pour la répartition des achats énergétiques. La progression des livraisons en provenance de plusieurs pays accompagne la diminution de la part russe. Toutefois, la diversification géographique ne garantit pas, à elle seule, une réduction des dépenses d’importation.

Les chiffres disponibles illustrent ainsi deux évolutions simultanées : une baisse de 50 % des livraisons russes de produits pétroliers raffinés sur les neuf premiers mois de 2026 et une aggravation du déficit commercial énergétique tunisien sur les huit premiers mois de l’année. Les périodes et les périmètres statistiques étant différents, ces indicateurs doivent être interprétés séparément.