4 views 9 mins 0 comments

Fête de l’Évacuation en Tunisie : retour sur les événements du 15 octobre 1963

- Politique, Tunisie
15 octobre 2026
Fête de l’Évacuation en Tunisie

La Fête de l’Évacuation en Tunisie est célébrée chaque année le 15 octobre pour commémorer le départ des dernières troupes françaises de la base militaire de Bizerte, en 1963. Cette date marque une étape importante dans l’achèvement de la souveraineté nationale tunisienne, sept ans après la proclamation de l’indépendance, en 1956. En 2026, la Tunisie célèbre le 63e anniversaire de cet événement historique, associé à la bataille de Bizerte, aux sacrifices humains et aux négociations ayant précédé le retrait militaire français.

Cette commémoration permet de revenir sur une période déterminante de l’histoire contemporaine du pays. Elle rappelle notamment le rôle de Bizerte dans les relations entre la Tunisie et la France après l’indépendance, ainsi que les conséquences humaines des affrontements survenus autour de cette base stratégique.

La Fête de l’Évacuation en Tunisie : les étapes historiques du départ français

L’indépendance de la Tunisie, proclamée en 1956, n’a pas immédiatement entraîné le départ de toutes les forces militaires françaises du territoire. La base navale de Bizerte est restée sous contrôle français pendant plusieurs années, en raison de son importance stratégique en Méditerranée.

La question de cette présence militaire a ainsi constitué un enjeu majeur des relations entre les deux pays. Les autorités tunisiennes souhaitaient que le retrait des forces françaises complète le processus d’indépendance et permette à l’État tunisien d’exercer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

Le 15 octobre 1963, les derniers soldats français ont quitté la base de Bizerte. Cet événement est devenu la référence historique de la Fête de l’Évacuation, célébrée chaque année à cette date. Il représente une étape distincte de l’indépendance de 1956, puisqu’il concerne la fin de la présence militaire française dans cette installation stratégique.

La bataille de Bizerte constitue un épisode central de cette histoire. Les affrontements ont entraîné des pertes humaines parmi les militaires, les civils et les volontaires tunisiens. Selon l’inscription figurant sur le monument du cimetière des Martyrs de Bizerte, le bilan s’élève à 630 morts, toutes ces catégories confondues. Des milliers de blessés sont également mentionnés dans les récits consacrés à cette période.

Ces pertes humaines occupent une place importante dans la mémoire nationale liée à l’évacuation. Elles rappellent que le retrait militaire français a été précédé d’une confrontation dont les conséquences ont touché la population et les forces engagées dans les combats.

La dimension internationale de la crise a également compté dans son évolution. L’Organisation des Nations unies a été saisie de la question, tandis que les démarches diplomatiques se poursuivaient. Le président français de l’époque, Charles de Gaulle, considérait la base de Bizerte comme un équipement stratégique pour la défense de la Méditerranée.

De son côté, le président tunisien Habib Bourguiba a défendu la position de la Tunisie sur le retrait des troupes françaises. La pression diplomatique et les discussions entre les parties ont progressivement ouvert la voie à des négociations, avant le départ des derniers soldats français en octobre 1963.

La Fête de l’Évacuation s’inscrit donc dans une séquence historique qui associe plusieurs éléments : l’indépendance obtenue en 1956, le maintien temporaire de la présence militaire française à Bizerte, les affrontements, les démarches diplomatiques et le retrait final de 1963.

Une commémoration liée à la mémoire nationale et à la transmission historique

Le 63e anniversaire de la Fête de l’Évacuation, célébré le 15 octobre 2026, intervient dans le cadre des commémorations nationales consacrées à l’histoire de l’indépendance tunisienne. À Bizerte, ville directement associée à cet événement, les cérémonies permettent de rappeler les circonstances du départ des troupes françaises et le bilan humain des affrontements.

Le cimetière des Martyrs de Bizerte constitue l’un des lieux de mémoire liés à cette période. Le monument qui y figure porte l’inscription faisant état de 630 morts. Ce chiffre regroupe les militaires, les civils et les volontaires tombés lors des combats. Les blessés, dont le nombre est évoqué en milliers, font également partie du bilan humain associé à la bataille.

Au-delà des cérémonies officielles, la transmission de cette histoire aux jeunes générations constitue un autre aspect des commémorations. L’enseignement des événements de Bizerte permet de replacer la Fête de l’Évacuation dans la chronologie de la construction de l’État tunisien et de distinguer les différentes étapes de l’émancipation nationale.

La date du 15 octobre 1963 est notamment à différencier de celle du 20 mars 1956, qui correspond à la proclamation de l’indépendance. Les deux événements sont liés, mais ils ne désignent pas la même étape historique. Le premier marque le départ des dernières troupes françaises de la base de Bizerte, tandis que le second correspond à la reconnaissance de l’indépendance tunisienne.

En 2020, le président Kaïs Saïed avait appelé à réintroduire l’enseignement de la bataille de Bizerte en prenant également en compte les journées qui l’ont précédée et suivie. Cette approche met l’accent sur la compréhension du déroulement des événements, plutôt que sur la seule mémorisation de la date anniversaire.

Lors des cérémonies du 62e anniversaire, organisées à Bizerte en octobre 2025, Kaïs Saïed avait également évoqué les sacrifices des martyrs et des blessés. À cette occasion, il avait présenté la fidélité à leur mémoire comme un élément de référence pour la construction de la Tunisie contemporaine.

Les commémorations de la Fête de l’Évacuation s’appuient ainsi sur plusieurs dimensions historiques : le souvenir des personnes mortes ou blessées lors des affrontements, le rôle de Bizerte dans les relations franco-tunisiennes, les négociations qui ont précédé le retrait militaire et la place de cet événement dans l’histoire nationale.

Pour les établissements scolaires et les initiatives de transmission historique, ces éléments permettent d’aborder la période à travers des faits précis, des dates identifiables et des acteurs historiques. Ils contribuent également à situer la bataille de Bizerte dans le contexte plus large des transformations politiques et institutionnelles intervenues en Tunisie après 1956.