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Usine de mouches noires à Menzel Bouzelfa : un décès et un incendie

- Tunisie
22 octobre 2026
usine de mouches noires à Menzel Bouzelfa

La contestation autour de l’usine de mouches noires à Menzel Bouzelfa, dans le gouvernorat de Nabeul, a connu une nouvelle escalade le mercredi 21 octobre 2026. Un homme d’une soixantaine d’années est décédé après avoir été percuté par un véhicule devant le site industriel contesté. Dans la soirée, des habitants ont incendié l’usine, alors que les protestations contre le démarrage de ses activités se poursuivaient.

Les événements se sont déroulés dans un climat de tension lié à l’implantation de cette unité d’élevage de mouches soldats noires. Les circonstances exactes de l’accident mortel doivent être établies par les investigations judiciaires. Le parquet aurait ordonné le transfert du corps de la victime vers un service de médecine légale pour autopsie, ainsi que l’ouverture d’une enquête.

Ce drame intervient après plusieurs semaines de mobilisation des habitants, qui contestent le projet en raison des préoccupations qu’ils expriment concernant ses éventuelles conséquences sanitaires et environnementales. La proximité de l’installation avec des zones habitées et agricoles figure également parmi les points soulevés dans le cadre de cette opposition.

Un décès devant l’usine de mouches noires à Menzel Bouzelfa suivi d’un incendie

Selon les premiers éléments rapportés au sujet des événements du mercredi 21 octobre, le décès s’est produit alors que des habitants s’opposaient à l’ouverture de l’unité industrielle. Les responsables de l’établissement auraient prévu une réception afin d’annoncer le démarrage de ses activités.

Un véhicule de transport de marchandises, qui acheminait des chaises destinées à cette réception, se trouvait devant le site lorsque l’accident s’est produit. L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, a été mortellement percuté dans des circonstances qui restent à préciser.

L’annonce de son décès a provoqué une réaction de colère parmi les habitants présents. Des citoyens ont ensuite mis le feu à l’usine, tandis que les rassemblements se poursuivaient dans la localité. Des habitants se sont également réunis devant l’hôpital local de Menzel Bouzelfa, dans l’attente de pouvoir récupérer le corps de la victime.

Ces événements ont marqué un nouveau tournant dans le conflit opposant une partie des riverains au projet industriel. La contestation, initialement centrée sur les conditions d’implantation et les conséquences potentielles de l’activité, a pris une dimension supplémentaire avec la mort du manifestant et l’incendie du site.

Sur le plan judiciaire, le procureur de la République se serait déplacé sur les lieux pour constater le décès. Le parquet aurait également ordonné le transfert du corps vers un service de médecine légale afin de procéder à une autopsie. Une enquête a été annoncée pour déterminer les circonstances de la mort et permettre d’établir les responsabilités éventuelles.

À ce stade, les éléments disponibles ne permettent pas de tirer de conclusions définitives sur le déroulement exact de l’accident. Les investigations doivent notamment contribuer à préciser les circonstances de la collision, le contexte dans lequel elle s’est produite et les responsabilités susceptibles d’être engagées.

L’incendie de l’usine constitue un autre volet des événements de la soirée. Les circonstances précises du départ de feu, l’étendue des dégâts matériels et les conséquences de l’incendie doivent être distinguées des faits établis concernant le décès. Ces différents aspects relèvent de questions distinctes, qui nécessitent des vérifications spécifiques.

Un projet industriel contesté depuis plusieurs semaines pour ses impacts potentiels

La crise autour de l’usine de mouches noires à Menzel Bouzelfa ne date pas du 21 octobre. Le projet avait déjà suscité plusieurs mobilisations locales en raison de son implantation et de la nature de l’activité envisagée. Le 3 octobre 2026, des habitants et des agriculteurs s’étaient rassemblés pour demander l’arrêt du projet.

L’unité est destinée à l’élevage de larves de mouches soldats noires, qui peuvent être transformées en protéines utilisées notamment dans l’alimentation animale. Le projet s’inscrit dans une activité de valorisation de matières organiques, mais son implantation dans un environnement résidentiel et agricole a alimenté les inquiétudes exprimées par les riverains.

Les opposants évoquent plusieurs risques potentiels liés au fonctionnement de l’installation. Leurs préoccupations portent notamment sur les nuisances, la gestion des déchets organiques et les éventuelles conséquences de l’activité sur les ressources en eau et les terres agricoles. Ils s’interrogent également sur la compatibilité du projet avec son environnement immédiat.

La proximité des habitations et des espaces agricoles constitue ainsi un élément central de la contestation. Les habitants souhaitent obtenir des garanties concernant les conditions d’exploitation de l’usine, les mesures de prévention des nuisances et la protection de leur cadre de vie.

Les questions environnementales concernent notamment le traitement des matières utilisées pour l’élevage des insectes. Les riverains redoutent les effets possibles des déchets organiques sur la qualité de l’air, les sols et les ressources hydriques. Il s’agit de préoccupations exprimées dans le cadre de la mobilisation locale, qui ne doivent pas être assimilées à des dommages scientifiquement établis en l’absence de résultats d’expertise permettant de les confirmer.

Le dossier a également connu une évolution administrative avant les événements du 21 octobre. Le 18 octobre, une décision concernant une unité industrielle située à Grombalia, également liée à l’élevage de mouches noires, avait été rapportée. Elle prévoyait le retrait de son classement en catégorie 3 et sa fermeture temporaire, dans l’attente de modifications nécessaires.

Cette décision concerne le site de Grombalia et ne doit pas être confondue avec la situation propre à Menzel Bouzelfa. Les deux dossiers s’inscrivent toutefois dans un contexte de contestation autour des installations d’élevage d’insectes et de leurs conditions d’implantation.

À Menzel Bouzelfa, les manifestations des semaines précédentes avaient déjà mis en évidence les interrogations des habitants sur les autorisations accordées au projet et sur l’évaluation de ses effets potentiels. La mobilisation du 3 octobre avait notamment porté sur les risques sanitaires et environnementaux associés à l’activité envisagée.

Les événements du 21 octobre ajoutent donc un volet humain et judiciaire à un différend qui concernait jusque-là principalement l’implantation et le fonctionnement de l’installation. L’enquête sur le décès doit établir les circonstances de l’accident, tandis que les questions relatives à l’usine relèvent également des décisions administratives et des éventuelles vérifications environnementales.