Le président de la République, Kaïs Saïed, a appelé à faciliter l’accès aux crédits aux oléiculteurs et à intervenir face aux difficultés rencontrées par les producteurs de dattes en Tunisie. Ces demandes ont été formulées lors d’une rencontre tenue mercredi 21 octobre 2026 au palais de Carthage avec Ezzedine Ben Cheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers agricoles, notamment le financement des petits producteurs d’olives, la fixation d’un prix de référence pour leur récolte, le renforcement des capacités de stockage de l’huile d’olive et l’amélioration de sa commercialisation sur les marchés internationaux.
Le chef de l’État a également demandé une intervention urgente dans la filière des dattes, tout en insistant sur la disponibilité des engrais, des semences et des autres intrants nécessaires à la production agricole. La reconstitution du cheptel national et la valorisation de la recherche scientifique figurent également parmi les sujets abordés au cours de cette réunion.
Crédits aux oléiculteurs : financement, prix de référence et stockage de l’huile d’olive
La campagne oléicole occupe une place importante dans les préoccupations exprimées par Kaïs Saïed. Le président de la République a insisté sur la nécessité d’accompagner les petits producteurs en leur permettant d’accéder à des financements adaptés à leurs besoins.
Il a notamment demandé la mise en place de crédits aux oléiculteurs dans des conditions avantageuses, ainsi que l’ouverture de nouvelles lignes de financement. L’objectif évoqué est de permettre aux petits agriculteurs de disposer des ressources nécessaires à leur activité et de mieux protéger leurs intérêts lors de la commercialisation de leur récolte.
Le président a également insisté sur la fixation d’un prix de référence pour les olives. Ce mécanisme est présenté comme un moyen de garantir les droits des producteurs. Toutefois, les modalités d’application, le niveau éventuel de ce prix et le calendrier de sa mise en œuvre n’ont pas été précisés dans les informations disponibles.
La question du financement intervient à plusieurs étapes de la filière oléicole. Les agriculteurs doivent pouvoir organiser leurs activités et disposer des moyens nécessaires à la récolte. Les conditions de stockage et de commercialisation jouent également un rôle dans la valorisation de la production.
Dans ce contexte, Kaïs Saïed a appelé à renforcer les capacités de stockage de l’Office national de l’huile (ONH). Cette institution est concernée par la gestion et la valorisation de l’huile d’olive tunisienne. Le renforcement de ses capacités figure parmi les orientations présentées lors de la rencontre avec le ministre de l’Agriculture.
Le chef de l’État a, par ailleurs, demandé de redoubler d’efforts pour promouvoir l’huile d’olive tunisienne sur les marchés internationaux. Cette orientation associe le soutien aux producteurs à la valorisation commerciale d’un produit agricole national.
Les crédits aux oléiculteurs, la question du prix de référence et les capacités de stockage constituent ainsi trois axes distincts des demandes présidentielles. Les annonces rapportées portent sur des orientations et des instructions, sans détailler les conditions concrètes d’accès aux financements ni les éventuels dispositifs qui seront retenus.
Les moyens de production et la protection des oliveraies
La rencontre du 21 octobre a également porté sur la protection du patrimoine végétal. Kaïs Saïed a appelé les commissariats régionaux au développement agricole à renforcer leurs interventions face aux maladies affectant les oliveraies et à la propagation du charançon rouge du palmier.
La disponibilité des intrants agricoles constitue un autre point abordé. Le président a insisté sur la nécessité d’assurer une distribution équitable des engrais dans les délais requis et de garantir l’approvisionnement en semences et autres produits indispensables aux agriculteurs.
Il a également demandé de réduire les lenteurs administratives susceptibles de compliquer la mise à disposition de ces moyens de production. Les instructions concernent donc à la fois la disponibilité des intrants, leur distribution et le fonctionnement des structures chargées du développement agricole.
Ces différents sujets ont été évoqués dans le cadre d’une approche plus large du secteur agricole tunisien. Le soutien financier aux producteurs s’accompagne, dans les orientations présentées, d’une attention portée aux conditions de production et à la protection des cultures.
Prix des dattes en Tunisie : une intervention urgente demandée
Les difficultés rencontrées par les producteurs de dattes ont également été évoquées au cours de la réunion à Carthage. Kaïs Saïed a demandé une intervention urgente dans cette filière, en dénonçant les pratiques de certains intermédiaires accusés de faire baisser délibérément les prix d’achat des récoltes.
Le président a appelé à agir face à ces difficultés, en inscrivant cette intervention dans une démarche concernant également les autres secteurs agricoles. Les prix payés aux producteurs et les conditions de commercialisation constituent ainsi des questions centrales des préoccupations exprimées.
La campagne des dattes 2026-2027 est concernée par ces enjeux. Les informations disponibles ne précisent toutefois ni le niveau des prix envisagés ni les mesures opérationnelles qui pourraient être adoptées. Aucune décision chiffrée concernant un prix minimum ou un mécanisme particulier d’achat n’est détaillée dans les éléments rapportés.
La question des prix des dattes s’inscrit parmi les dossiers agricoles abordés avec le ministre de l’Agriculture, aux côtés du financement des oléiculteurs et de la disponibilité des intrants. Les demandes présidentielles concernent ainsi plusieurs filières et différents aspects de la rémunération des producteurs.
Reconstitution du cheptel et valorisation de la recherche agricole
Le cheptel national figure également parmi les priorités soulevées par Kaïs Saïed. Le président a souligné la nécessité de reconstituer les effectifs du cheptel, dont il a relevé la diminution malgré l’existence de l’Office de l’élevage.
Il a aussi rappelé que plusieurs offices publics avaient progressivement perdu une partie de leurs missions. Cette question a été abordée dans le cadre des discussions sur le rôle des structures publiques dans l’accompagnement des activités agricoles et de l’élevage.
La recherche scientifique constitue un autre volet des orientations présentées. Kaïs Saïed a appelé à mieux exploiter les compétences des instituts agronomiques spécialisés, ainsi qu’à valoriser les résultats des travaux scientifiques et les thèses universitaires tunisiennes.
L’objectif évoqué est de mieux mobiliser les connaissances et les compétences disponibles au niveau national au service de la production agricole. Cette orientation concerne les liens entre les institutions de recherche, les besoins du secteur et les possibilités de développement de la production.
Plus largement, le président de la République a présenté l’agriculture comme un élément essentiel de la sécurité nationale et de la souveraineté alimentaire. Il a estimé que les ressources du pays, ses traditions agricoles et ses compétences scientifiques pouvaient contribuer à renforcer l’autosuffisance alimentaire.
Il a également évoqué la nécessité de réduire la dépendance aux importations alimentaires et de développer les capacités nationales de production. La perspective d’une Tunisie productrice de richesse et exportatrice a été mentionnée, avec une référence à la création de l’Office Rjim Maatoug pour le développement du Sud et du Sahara.
