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Bill Bazzi : 100 jours pour renforcer les liens USA-Tunisie

- Politique
8 mai 2026
politique tunisie - Tunisia Times

Cent jours après sa prise de fonctions à Tunis, l’ambassadeur américain Bill Bazzi a livré vendredi un premier bilan de son mandat, mettant en avant des avancées concrètes sur plusieurs fronts stratégiques. Dans un message vidéo diffusé sur les comptes officiels de l’ambassade des États-Unis en Tunisie, le diplomate a détaillé les axes prioritaires de son action et annoncé une série d’initiatives à venir, dont une commémoration historique qui mobilisera les deux pays dans les prochaines semaines.

Un partenariat économique et sécuritaire en mouvement

Depuis son arrivée en Tunisie, Bill Bazzi a cherché à imprimer une dynamique nouvelle aux relations bilatérales. Selon ses propres termes, ces trois premiers mois ont été marqués par le lancement de nouveaux projets commerciaux, l’identification de pistes d’investissement inédites et l’approfondissement de la coopération militaire entre Washington et Tunis. « Durant cette période, nous avons lancé de nouveaux projets commerciaux, exploré de nouvelles opportunités d’affaires et renforcé notre partenariat militaire et sécuritaire », a-t-il déclaré dans son message vidéo.

Sur le plan économique, cette dynamique s’inscrit dans un contexte où la Tunisie cherche à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des flux d’investissements étrangers. La présence américaine, à travers ses programmes d’aide au développement et ses échanges commerciaux, reste un levier important pour l’économie tunisienne. L’ambassadeur n’a pas précisé les secteurs visés par ces nouvelles opportunités d’affaires, mais la feuille de route semble déjà tracée.

Du côté sécuritaire, la coopération entre les deux pays s’inscrit dans une longue tradition. Les États-Unis figurent parmi les principaux partenaires militaires de la Tunisie, notamment à travers des programmes de formation, des exercices conjoints et des transferts d’équipements. Bill Bazzi a tenu à souligner que cet axe reste central dans l’agenda diplomatique américain à Tunis.

Freedom 250 : une double commémoration aux racines historiques profondes

Au-delà du bilan opérationnel, c’est une annonce symbolique qui a retenu l’attention dans le message de l’ambassadeur. Bill Bazzi a officiellement lancé le programme « Freedom 250 », une initiative commémorative qui associe deux anniversaires fondateurs : le 250e anniversaire de l’indépendance américaine et le 70e anniversaire de l’indépendance tunisienne. Une coïncidence de calendrier que le diplomate a qualifiée de « puissant rappel de l’amitié durable entre nos deux nations ».

Le slogan choisi pour cette célébration, « À jamais » — rendu en arabe par l’expression wa illa al abad — n’est pas le fruit du hasard. Il puise directement sa source dans le traité d’amitié et de commerce signé en 1797 entre les États-Unis et la Régence de Tunis. Ce texte, conclu il y a plus de deux siècles, est l’un des plus anciens accords liant Washington à un pays du monde arabe et africain. Son existence témoigne d’une relation diplomatique qui précède de beaucoup les indépendances des deux nations dans leur forme actuelle.

En choisissant ce slogan, l’ambassade américaine entend ancrer la commémoration dans une profondeur historique qui dépasse les enjeux contemporains. Bill Bazzi a d’ailleurs évoqué des portraits du bey de Tunis et de George Washington, ainsi que des archives photographiques des présidents Habib Bourguiba et John F. Kennedy, pour illustrer la densité de cette relation à travers le temps. « Nos ancêtres connaissaient clairement le grand potentiel de cette relation, et je suis honoré de poursuivre ce travail », a-t-il affirmé, dans un propos qui mêle hommage historique et engagement personnel.

Des événements attendus dans les prochaines semaines

Le lancement officiel de « Freedom 250 » s’accompagnera d’une série de manifestations culturelles et commémoratives prévues sur le territoire tunisien dans les semaines à venir. L’ambassade n’a pas encore détaillé le calendrier précis de ces événements, mais leur annonce a d’ores et déjà suscité l’intérêt des milieux diplomatiques et culturels tunisiens. Ces célébrations devraient offrir un cadre propice à des échanges élargis entre les deux sociétés civiles, au-delà des cercles institutionnels habituels.

La démarche de Bill Bazzi s’inscrit dans une volonté affichée de donner une visibilité accrue à la présence américaine en Tunisie, à un moment où le pays traverse une période de recomposition politique et économique. En misant sur la mémoire partagée et les liens anciens entre les deux nations, le diplomate cherche à inscrire l’action de l’ambassade dans une narrative à la fois historique et tournée vers l’avenir.

Un diplomate qui mise sur la continuité et l’enracinement

Le profil de Bill Bazzi, dont la nomination avait été suivie de près par les observateurs des relations tuniso-américaines, correspond à une approche pragmatique de la diplomatie bilatérale. Son bilan des 100 premiers jours, relayé par Webmanagercenter, met en lumière une stratégie à plusieurs niveaux : consolider les acquis existants sur le plan sécuritaire, ouvrir de nouvelles perspectives économiques et investir le champ symbolique et culturel pour renforcer les liens entre les deux peuples.

La référence constante à l’histoire dans le discours de l’ambassadeur — le traité de 1797, les portraits de dirigeants historiques, le slogan tiré d’un texte bicentenaire — traduit une volonté de légitimer la relation bilatérale par sa profondeur temporelle. Une posture qui résonne différemment selon les interlocuteurs tunisiens, certains y voyant une reconnaissance sincère des liens anciens, d’autres attendant de voir ces déclarations se traduire en actes concrets sur le terrain économique et social.

Pour l’heure, l’ambassade des États-Unis en Tunisie se prépare à une séquence commémorative inédite. Les événements liés à « Freedom 250 » seront une première occasion pour Bill Bazzi de montrer comment il entend incarner ce partenariat au quotidien, au-delà des déclarations d’intention formulées à l’occasion de ce premier bilan de mandat.