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Budget 2027 : l’éducation dépasse pour la première fois le seuil des 9 milliards de dinars en Tunisie

- Tunisie
7 novembre 2026

Le secteur de l’éducation franchit un cap historique dans le projet de budget de l’État pour l’année 2027. Les ressources financières allouées au ministère de l’Éducation dépassent, pour la première fois, la barre des 9 milliards de dinars, traduisant l’importance des dépenses publiques consacrées au système éducatif.

Selon les données présentées lors de l’examen du budget du ministère, les crédits proposés pour 2027 s’élèvent à 9,184 milliards de dinars, contre 8,7 milliards de dinars en 2026. Cette progression représente une augmentation d’environ 484,5 millions de dinars, soit un taux de croissance de 5,56 %.

Le budget de l’Éducation représente ainsi près de 19,1 % du budget global de l’État, estimé à environ 68,9 milliards de dinars. Sur la période allant de 2020 à 2027, les ressources financières consacrées à ce secteur ont progressé de 41 %.

Lors d’une séance conjointe consacrée à l’examen du budget du ministère, le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, a souligné que les crédits prévus témoignent de la place accordée à l’enseignement dans les priorités publiques et de la volonté de poursuivre les investissements dans ce domaine.

La masse salariale absorbe la majeure partie des crédits

L’analyse de la répartition budgétaire montre que les dépenses de rémunération continuent de représenter la part dominante des ressources du ministère, avoisinant 90 % de l’ensemble des crédits prévus pour 2027.

Le ministère compte 215 503 agents, dont 4 588 mis à disposition dans le cadre de la coopération technique. Le personnel enseignant représente environ 75 % de l’ensemble des ressources humaines du secteur.

La hausse de la masse salariale devrait dépasser 585 millions de dinars au cours de l’année prochaine. Cette enveloppe comprend notamment 348 millions de dinars destinés aux augmentations salariales, ainsi que 150 millions de dinars consacrés à la prise en charge du coût des nouveaux recrutements, qui concernent 5 855 postes, sans compter les dépenses liées aux promotions et à la régularisation de la situation des travailleurs des chantiers.

La lutte contre le décrochage scolaire parmi les priorités

Sur le plan des réformes, le ministère entend intensifier ses efforts pour limiter l’abandon scolaire précoce, notamment à travers l’élargissement du programme de la deuxième chance et l’ouverture d’une nouvelle antenne dans le gouvernorat de Mahdia.

Le département prévoit également de renforcer les mécanismes permettant d’identifier précocement les élèves exposés à l’échec scolaire, afin de leur assurer un accompagnement adapté et de prévenir leur sortie prématurée du système éducatif.

La généralisation de l’année préparatoire et l’amélioration de sa qualité figurent également parmi les objectifs annoncés, parallèlement au renforcement des acquis des élèves du primaire et à l’amélioration du niveau d’apprentissage dans les collèges et les lycées.

La transformation numérique, l’amélioration de la vie scolaire, le développement des activités culturelles, éducatives et sportives, ainsi que le renforcement des compétences des enseignants et des cadres pédagogiques constituent d’autres axes de l’action ministérielle.

L’enseignement secondaire concentre la part la plus importante du budget

Les crédits du ministère de l’Éducation pour 2027 sont répartis entre trois principaux programmes : l’enseignement primaire, l’enseignement préparatoire et secondaire, ainsi que les activités de pilotage et de soutien.

L’enseignement préparatoire et secondaire bénéficie de l’enveloppe la plus importante, avec près de 4,898 milliards de dinars, contre 3,437 milliards de dinars consacrés à l’enseignement primaire.

Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement liées à la rentrée scolaire figurent parmi les principaux postes budgétaires, avec une enveloppe estimée à 485,5 millions de dinars.

Recul des crédits d’investissement malgré de nouveaux projets scolaires

En revanche, les chiffres relatifs à l’investissement font apparaître une diminution des ressources destinées à l’aménagement et à l’entretien des établissements éducatifs. Ces crédits passent à 410 millions de dinars en 2027, contre 480 millions de dinars au cours de l’année précédente, soit une baisse de 70 millions de dinars.

Ces financements doivent notamment permettre de poursuivre les projets en cours et de lancer de nouvelles opérations de rénovation et d’entretien dans les écoles primaires, les collèges et les lycées.

Le nombre d’écoles primaires devrait atteindre 4 604 établissements au cours de la prochaine année scolaire, contre 4 596 actuellement. Les collèges et les lycées devraient, quant à eux, être au nombre de 1 576, accueillant environ 1 146 109 élèves.

Le programme prévoit également la création de neuf nouveaux établissements scolaires en prévision de la prochaine rentrée : six collèges dans les gouvernorats de Zaghouan, Jendouba, Béja et Sousse, ainsi que trois lycées à Nabeul, Béja et Bizerte.

Des défis structurels qui persistent

Malgré l’augmentation des crédits budgétaires, le système éducatif tunisien reste confronté à plusieurs difficultés structurelles, notamment la surcharge des classes, les disparités entre les régions et le manque de ressources dans certaines spécialités.

Le ministre de l’Éducation a réaffirmé la poursuite des efforts visant à remédier à ces insuffisances, en mettant l’accent sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement, la modernisation des infrastructures et des équipements scolaires, la réduction des inégalités régionales ainsi que le renforcement des mécanismes d’évaluation et de suivi.

Au-delà de cette progression budgétaire historique, le principal enjeu pour 2027 sera de transformer les moyens financiers supplémentaires en améliorations concrètes des conditions d’apprentissage, des résultats scolaires et de la qualité des services éducatifs.