Les maladies non transmissibles constituent un défi majeur pour le système de santé tunisien. Quatre catégories de pathologies seraient à l’origine de plus de 80 % des décès prématurés et représenteraient 86 % de la mortalité totale dans le pays.
La situation sanitaire en Tunisie appelle à un renforcement des politiques de prévention et du dépistage précoce. C’est l’alerte lancée vendredi 6 novembre 2026 par Fraj Hamzaoui, président du neuvième congrès de la Société tunisienne de médecine générale et familiale (STMGF), organisé à Mahdia autour du thème de l’innovation au service de la prévention des maladies non transmissibles.
Les pathologies concernées sont principalement l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, les maladies respiratoires chroniques et les affections cardiovasculaires. Leur poids dépasse largement le cadre médical, puisqu’elles entraînent également des répercussions économiques et sociales importantes, aussi bien pour les familles que pour la collectivité.
Face à cette réalité, le responsable met en avant la prévention comme un moyen essentiel de limiter les complications, d’éviter des décès et de maîtriser les dépenses de santé.
Le médecin généraliste, premier acteur du dépistage
La détection des facteurs de risque avant l’apparition de complications constitue l’un des principaux enjeux de la lutte contre ces maladies. Le médecin généraliste occupe, à cet égard, une position stratégique grâce à sa proximité avec les patients, sa capacité à identifier les premiers signes d’alerte et son rôle dans l’accompagnement médical.
Les examens biologiques de routine peuvent notamment révéler des anomalies permettant d’intervenir suffisamment tôt. Dans cette perspective, la STMGF travaille sur une deuxième phase d’étude consacrée au prédiabète, avec pour objectif de mieux identifier ses différents stades et de définir des stratégies de prévention adaptées.
Une clinique numérique pour rapprocher les soins des citoyens
Le congrès de Mahdia a également permis de mettre en lumière des solutions technologiques destinées à moderniser les services médicaux. Parmi les projets présentés figure celui d’un cabinet médical numérique reposant sur des équipements connectés à une plateforme interactive.
Le dispositif permet aux utilisateurs de réaliser eux-mêmes plusieurs mesures, notamment celles de la tension artérielle, de la glycémie, du rythme cardiaque et du poids. Les données recueillies sont ensuite transmises électroniquement à une plateforme sécurisée, permettant au médecin traitant d’en assurer le suivi.
La solution prévoit également la possibilité de programmer des consultations à distance dans différentes spécialités. Elle pourrait ainsi faciliter l’accès aux soins pour les habitants des régions éloignées des structures hospitalières, tout en contribuant à réduire les déplacements et la pression sur les établissements de santé.
La technologie au service de nouvelles perspectives médicales
Au-delà du suivi des patients atteints de maladies chroniques, cette approche numérique pourrait ouvrir de nouvelles possibilités pour le développement du tourisme médical en Tunisie. Les patients étrangers pourraient notamment organiser leurs consultations avant leur arrivée et transmettre leurs examens médicaux aux spécialistes concernés.
Ces outils pourraient également renforcer les capacités de surveillance sanitaire et améliorer la prise en charge lors des crises épidémiques, grâce à une circulation plus rapide des informations médicales.
Entre dépistage précoce, sensibilisation et transformation numérique, les initiatives présentées lors de ce congrès mettent en évidence un enjeu central : faire de la prévention un pilier durable de la politique de santé publique en Tunisie.
