Inflation, emploi, immigration… Voici les principaux points sur lesquels le président américain s’est exprimé pendant son allocution, mercredi.
C’est un moment que les présidents américains réservent traditionnellement à un événement marquant. Ainsi, en 2011, le démocrate Barack Obama donnait une allocution télévisée en prime time pour annoncer la mort d’Oussama ben Laden. Mais Donald Trump n’est pas un président américain comme les autres et il l’a encore démontré mercredi 17 décembre.
Dans une adresse à la nation qui a duré 18 minutes, le locataire de la Maison-Blanche a défendu le bilan des onze premiers mois de son second mandat. Son discours, un enchaînement de superlatifs, a été l’occasion d’annoncer qu’il maintiendrait le cap en matière de politiques migratoire et économique, et de se féliciter sur ses droits de douane, son « mot préféré », a-t-il reconnu, bien que celui-ci inquiète jusque dans son camp, à moins d’un an des élections législatives de mi-mandat.
Il a assuré avoir « hérité d’un chaos », et que « les États-Unis ont été dirigés par des politiciens qui ne se battaient que pour les privilégiés, les immigrés illégaux, les criminels de carrière, les terroristes et surtout les nations étrangères, qui ont profité de nous à des niveaux jamais vus auparavant ». Pour le locataire de la Maison-Blanche, le pays était « au bord de la ruine » avant son arrivée et « la risée du monde entier ». Mais « notre pays est de retour […] plus fort que jamais », a-t-il certifié depuis le salon diplomatique de la Maison-Blanche. « Ce n’est pas encore terminé, mais nous progressons à grands pas », a-t-il conclu.
Pendant ses presque vingt minutes d’allocution, Donald Trump n’a fait qu’une seule véritable annonce : la mise en place d’une « prime de guerrier » pour le 1,45 million de militaires américains. Ceux-ci recevront un chèque d’un montant de 1 776 dollars en référence à la date de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, dont l’Amérique fêtera en 2026 le 250e anniversaire. « Les chèques sont déjà en route », a-t-il également lancé.
Trump vante son bilan économique
Donald Trump l’a assuré : les États-Unis sont sur le point de connaître « un boom économique, comme le monde n’en a jamais connu ». Alors qu’avant le début de son second mandat, l’inflation était, d’après lui, « la pire depuis 48 ans », son retour à la Maison-Blanche aurait largement amélioré la situation. Donald Trump a illustré son discours en mettant en avant la baisse du prix de la dinde de Thanksgiving, des œufs ou encore de l’essence, et en assurant que le prix des médicaments allait, lui aussi, baisser. Un discours qui cherche à convaincre les Américains de la bonne santé économique du pays, alors que ceux-ci sont en partie déçus, et très préoccupés par leur pouvoir d’achat – sujet sur lequel le milliardaire a mis l’accent pendant sa campagne.
Ces propos interviennent alors que l’indice des prix à la consommation du gouvernement américain montre pourtant que les prix ont augmenté chaque mois depuis avril… Et qu’en septembre (date des dernières données disponibles, en raison de la paralysie des services gouvernementaux), le taux d’inflation a atteint 3 %. Par ailleurs, note NBC, là où Donald Trump affirme que le prix des œufs a baissé de 82 % depuis mars, les données de l’indice des prix à la consommation ne constatent qu’une baisse de 43,9 %, et même une hausse de plus de 10 % pour une douzaine d’œufs, depuis janvier. Même chose pour les prix de la dinde de Thanksgiving : alors que Trump affiche une baisse de 33 %, le Wells Fargo Agri-Food Institute ne voit qu’une diminution de 3,7 % des prix pour les marques nationales.
L’homme à la tête de la première puissance mondiale a également assuré que « les salaires augmentent beaucoup plus vite que l’inflation » grâce aux mesures qu’il a mises en place. Si, en janvier, les salaires moyens augmentaient de 4,1 %, ce rythme est retombé à 3,5 % en octobre et en novembre, a annoncé en début de semaine le Bureau des statistiques du travail.
« C’est la faute des démocrates »
Ce n’est pas tout : Donald Trump tire aussi à boulets rouges sur son prédécesseur et sur ses adversaires politiques. « On le voit aujourd’hui avec la forte hausse des primes d’assurance exigée par les démocrates. Ils réclament ces hausses, c’est de leur faute », a-t-il assuré : « Ce n’est pas la faute des républicains. C’est la faute des démocrates. C’est la loi sur les soins de santé inabordables, et tout le monde le sait. »
Il est bel et bien prévu que les cotisations mensuelles des assurés couverts par l’Affordable Care Act explosent et coûtent beaucoup plus cher à des millions d’Américains. Mais cette hausse est due au fait que le Congrès, contrôlé par les républicains, a échoué à plusieurs reprises à parvenir à un accord pour prolonger les aides publiques qui permettaient de maintenir les primes à un niveau abordable.
« Aucun immigré illégal n’a pu entrer dans le pays »
Autre sujet sur lequel Donald Trump a défendu son bilan : l’immigration. « Notre pays était envahi par une armée de 25 millions de personnes, dont beaucoup venaient de prisons et de centres de détention, d’institutions psychiatriques et d’asiles de fous », a assuré le président des États-Unis. Il a certifié que, depuis sept mois, « aucun immigré illégal n’a pu entrer dans le pays ».
Une affirmation, là encore, fausse. D’après les données des services des douanes et de la protection des frontières, 7,4 millions d’immigrants ont en réalité franchi la frontière en dehors des points de contrôle légaux sous l’administration Biden. En comptant aussi ceux qui ont franchi la frontière aux points d’entrée légaux mais toujours sans papiers, ce chiffre atteint 10,2 millions.
Le milliardaire s’est aussi félicité de la fin de « l’emprise des radicaux woke » dans les écoles, de la « reconstruction de l’armée des États-Unis », et des « huit guerres réglées en dix mois », dont l’accord passé entre Israël et le Hamas qui apporte « pour la première fois depuis 3 000 ans la paix au Moyen-Orient ».

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