views 7 mins 0 comments

TRANSTU : dépôts sauvages dans le métro, des poursuites annoncées

- Autos
11 mai 2026
auto tunisie - Tunisia Times

Des sacs d’ordures ménagères retrouvés à l’intérieur de stations de métro, des déchets éparpillés le long des voies ferrées en pleine nuit : la Société des transports de Tunis (TRANSTU) tire la sonnette d’alarme face à des comportements qui perturbent ses opérations de maintenance et dégradent le cadre de vie des usagers. L’entreprise publique ne compte plus se contenter d’appels à la bonne volonté et annonce des poursuites contre les contrevenants identifiés.

Des stations ciblées, des équipes de nettoyage débordées

Dans un communiqué officiel relayé par linitiative.ca, la TRANSTU décrit une situation qui se répète malgré les efforts continus de ses agents de terrain. Des actes délibérés de dépôt d’ordures ont été enregistrés dans plusieurs stations du réseau de transport en commun tunisois, au point d’entraver le travail programmé des équipes de nettoyage nocturne chargées d’intervenir en dehors des heures de pointe.

Les stations concernées ont été nommément désignées par la société. Sur la ligne de métro n°4, les infractions ont été constatées aux stations « Saïdia », « Khaznadar », « Artisanat » et « Den Den ». La station « Marsa Aérienne », sur la ligne historique Tunis-Goulette-Marsa, est également touchée par ce phénomène. Ces points du réseau, fréquentés quotidiennement par des milliers d’usagers, se retrouvent ainsi confrontés à des dépôts de déchets ménagers et commerciaux qui n’ont rien à faire dans des espaces de transport public.

La nature même de ces actes — déchets ménagers et commerciaux jetés délibérément dans des espaces collectifs — indique que certains contrevenants utilisent les abords des voies ferrées et les halls de stations comme décharges de substitution, transférant la charge de collecte sur les épaules des agents de la TRANSTU. Cette situation mobilise des ressources humaines et financières qui auraient pu être affectées à l’amélioration des conditions de transport.

Une menace pour la sécurité et l’environnement du réseau

Au-delà de la question d’hygiène, la TRANSTU insiste sur les risques que représentent ces comportements pour la sécurité de l’ensemble du réseau. Des déchets déposés aux abords des voies ferrées ne constituent pas seulement une nuisance visuelle : ils peuvent créer des obstacles pour la circulation des rames, provoquer des incidents techniques et compliquer les interventions d’urgence. L’accumulation de matières inflammables à proximité des infrastructures ferroviaires représente également un danger potentiel que les professionnels du secteur ne peuvent pas ignorer.

La société affirme que ces infractions « portent atteinte à la sécurité, à la propreté de l’environnement » et réduisent à néant une partie des efforts déployés pour maintenir un cadre de qualité sur l’ensemble de ses réseaux. Derrière ce constat factuel se dessine une réalité quotidienne difficile pour les agents de terrain, contraints de faire face à des dégradations récurrentes qui s’ajoutent à leurs missions habituelles.

La question du comportement civique dans les transports en commun tunisiens n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension particulière dans un contexte où les opérateurs publics font face à des contraintes budgétaires importantes. Chaque intervention supplémentaire liée à des actes de malpropreté représente un coût réel pour une entreprise qui doit par ailleurs maintenir la qualité de service pour des centaines de milliers d’usagers.

La TRANSTU mobilise la société civile et annonce des sanctions

Face à cette situation, la TRANSTU adopte une double stratégie : d’un côté, elle appelle à une mobilisation collective impliquant les autorités locales et les représentants de la société civile ; de l’autre, elle avertit clairement que les contrevenants identifiés feront l’objet de poursuites judiciaires ou administratives. Ce changement de ton — plus ferme que les simples appels à la sensibilisation — marque une évolution dans la posture de l’entreprise publique face à un problème qui s’inscrit dans la durée.

L’implication explicitement réclamée des autorités locales est significative. Elle reconnaît que la TRANSTU ne peut pas, à elle seule, résoudre un problème qui relève autant de la culture civique que de la gestion des espaces publics. Les communes concernées par les stations touchées sont ainsi interpellées pour coordonner leurs actions avec celles de la société de transport, notamment en matière de surveillance et de sensibilisation des riverains.

Les associations de la société civile active dans le domaine environnemental et urbain sont également appelées à jouer un rôle de relais auprès des citoyens. Dans plusieurs quartiers tunisois, des collectifs citoyens ont déjà entrepris des initiatives de sensibilisation sur la gestion des déchets — un capital d’engagement que la TRANSTU souhaite visiblement mobiliser à son profit.

Sur le plan opérationnel, la société réaffirme sa détermination à poursuivre et renforcer ses opérations de nettoyage, dans les limites de ses moyens disponibles. L’objectif affiché reste de garantir aux usagers des stations propres et sécurisées, malgré les contraintes croissantes. Cette promesse de continuité du service s’accompagne d’un appel direct aux citoyens à adopter un comportement responsable dans les espaces partagés du réseau de transport public.

Le respect des infrastructures collectives — stations, quais, voies ferrées — est présenté par la TRANSTU non pas comme une contrainte imposée, mais comme une condition nécessaire à la pérennité d’un service public dont dépendent quotidiennement des dizaines de milliers de Tunisois pour leurs déplacements professionnels, scolaires et personnels.