Le président américain a haussé le ton, vendredi, menaçant Téhéran de représailles si la répression des manifestations contre l’hyperinflation se poursuit.
Le pouvoir à Téhéran est prévenu. L’Iran est secoué depuis plusieurs jours par des manifestations contre la vie chère, réprimées par les forces de l’ordre. Dans un post sur Truth Social, Donald Trump a affirmé, ce vendredi 2 janvier, que « si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme c’est souvent le cas, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours ». Les affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre ont fait six morts, jeudi 1er janvier, les premiers depuis le début de la mobilisation.
L’agence de presse Fars explique que « vers 18 heures [15 h 30 à Paris] aujourd’hui, un groupe d’émeutiers a profité d’un rassemblement de protestation à Azna, dans la province du Lorestan (Ouest), pour attaquer un commissariat de police ». Deux autres personnes, des civils, ont été tuées dans des heurts à Lordegan, une ville de 40 000 habitants située dans le sud-ouest du pays.
« Certains manifestants ont commencé à jeter des pierres sur les bâtiments administratifs de la ville, dont le gouvernorat, la mosquée, la Fondation des martyrs, la mairie et des banques, avant de se diriger vers le gouvernorat », avait rapporté Far.
« Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir »
Dans la nuit de mercredi à jeudi, un membre des forces de l’ordre a par ailleurs été tué à Kouhdasht, une commune de 90 000 habitants dans l’ouest de l’Iran. Il faisait partie des forces du bassidj, des milices de volontaires islamistes, affiliées aux gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique. Trente personnes ont été accusées de « troubles à l’ordre public » et ont été arrêtées à Téhéran, a indiqué, jeudi soir, l’agence Tasnim, alors qu’aucun incident n’avait été officiellement rapporté ces derniers jours par les autorités dans la capitale.
« Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », a insisté le président américain. Le mouvement est parti dimanche de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique. Il a ensuite gagné des universités et le reste du pays. Un conseiller du guide suprême iranien, Ali Larijani, a mis en garde Donald Trump contre un risque de « déstabilisation » du Moyen-Orient. « Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains », a-t-il réagi sur X. « Qu’il prenne garde à ses soldats. »

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