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Iran : Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, écope de 6 ans de prison

Iran : Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, écope de 6 ans de prison

La militante a déjà été condamnée à plusieurs reprises, notamment pour « activités de propagande ». Malgré ces peines, elle a toujours continué à lutter pour la liberté de son peuple.

Une photo de la militante iranienne des droits humains fournie par la Fondation Narges Mohammadi le 2 octobre 2023. © Téhéran, Iran | AFP | dimanche 08/02/2026 – 17:43 UTC+1 | 441 mots AJOUTE ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES Un tribunal iranien a condamné Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix en 2023, à six ans de prison, a indiqué son avocat à l’AFP dimanche. La militante des droits humains, âgée de 53 ans, avait été arrêté le 12 décembre dans la ville de Mashhad (nord-est) avec d’autres militants, après avoir pris la parole lors d’une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort. “Elle a été condamnée à six ans de prison pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes”, a déclaré son avocat, Mostafa Nili, ajoutant qu’elle avait également écopé d’une interdiction de quitter le pays pendant deux ans. La militante a été condamnée dans une autre affaire à un an et demi de prison pour “activités de propagande” et à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, dans la province orientale du Khorassan du Sud, a précisé l’avocat. Selon la loi iranienne, les peines de prison sont non cumulables. M. Nili a toutefois exprimé l’espoir que, en raison du mauvais état de santé de Mme Mohammadi, elle puisse être temporairement “libérée sous caution pour être soignée”. Il a également précisé que le verdict n’était pas définitif et pouvait faire l’objet d’un appel. Ces 25 dernières années, Mme Mohammadi a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement contre la peine de mort en Iran et le code vestimentaire strict pour les femmes. Elle a passé une grande partie de la dernière décennie derrière les barreaux et n’a pas vu ses deux enfants, qui vivent à Paris, depuis 2015. En décembre 2024, elle avait été libérée pendant trois semaines pour raisons médicales, liées à “son état physique après l’ablation d’une tumeur et une greffe osseuse”, selon son avocat. Même derrière les barreaux, la lauréate du prix Nobel n’est pas restée silencieuse, organisant des manifestations dans la cour de prison et menant des grèves de la faim, et s’est illustrée en défendant les droits des prisonniers politiques. Née en 1972 à Zanjan, dans le nord-ouest de l’Iran, Narges Mohammadi a fait des études en physique avant de devenir ingénieure. Elle s’est lancée parallèlement dans le journalisme au sein de journaux réformateurs. Dans les années 2000, elle a rejoint le Centre des défenseurs des droits de l’Homme, fondé par l’avocate iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003. Narges Mohammadi avait obtenu le Nobel en 2023 pour “son combat contre l’oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous”. L’Iran est deuxième au classement mondial du nombre d’exécutions après la Chine, selon des groupes de défense des droits humains, dont Amnesty International.

La lauréate du prix Nobel de la Paix 2023, Narges Mohammadi, a été condamnée à six ans de prison et a une interdiction de quitter l’Iran pendant deux ans, a indiqué son avocat, Mostafa Nili, ce dimanche.

Cette condamnation intervient deux mois après son arrestation aux funérailles de l’avocat Khosrow Alikordi, à Mechhed, dans le nord-est du pays, auxquelles elle avait pris la parole. « Elle a été condamnée pour rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes », a précisé son avocat.

Téhéran l’a également condamnée à un an et demi de prison pour « activités de propagande » et à deux ans d’exil dans la ville de Khosf, dans la province orientale du Khorassan du Sud, dans une autre affaire, a-t-il ajouté.

Déjà libérée pour raisons de santé

Cependant, Me. Mostafa Nili se veut optimiste. Il a assuré que la militante de 53 ans pourrait être libérée temporairement « sous caution » en raison de son état de santé. Il a également précisé que le verdict n’était pas définitif et pouvait faire l’objet d’un appel.

C’est son état de santé, déjà, qui lui avait permis de recouvrer trois semaines de liberté, en décembre 2024, alors qu’elle était incarcérée dans la prison d’Evin, l’une des plus dures du pays. Une décision prise en raison de « son état physique après l’ablation d’une tumeur et une greffe osseuse », mais qui avait été « insuffisante », selon sa fondation éponyme.

Une vie de combats

Narges Mohammadi a passé la majeure partie de ces dix dernières années en prison, pour son engagement contre le voile obligatoire pour les femmes et la peine de mort. Mais en dépit de son enfermement, elle a toujours continué à lutter derrière les grilles de sa prison, contre les violations des droits de l’homme et pour la démocratie en Iran. Avec elle, le quartier des femmes était alors devenu un bastion de la contestation contre la République islamique.

« La prison est le noyau dur de la résistance de la société iranienne, et notre combat à l’intérieur est un message clair au pouvoir despotique selon lequel la prison n’entravera pas notre mouvement de vie, de résistance et de lutte contre le pouvoir », déclarait-elle au Point en septembre 2023, dans une interview écrite transmise depuis sa cellule.

Narges Mohammadi avait obtenu le Nobel de la paix cette même année pour « son combat contre l’oppression des femmes en Iran et pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous ».