Le gouvernement sénégalais a lancé jeudi sa première émission obligataire publique de l’année pour lever 200 milliards de francs CFA (362 millions de dollars. Après la crise de mauvaise communication de données sur la taille réelle de sa dette, réellement non encore résolue, Dakar a préféré s’appuyer sur un financement régional. L’accès aux financements du Fonds monétaire international demeure encore verrouillé.
En effet, l’institution financière multilatérale a suspendu en 2024 son programme triennal de 1,8 milliard de dollars après qu’une nouvelle administration a découvert des milliards de dollars de dettes non déclarées. Le résultat est que le poids de la dette sénégalaise a atteint 132% du produit intérieur brut fin 2024. Le gouvernement et le FMI travaillent actuellement sur cette affaire et à élaborer un nouveau programme.
Le pays dépend depuis l’année dernière du marché obligataire régional, ainsi que des titres de créance destinés aux investisseurs particuliers, pour répondre à ses besoins budgétaires.
Il ne s’agit pas d’une mission facile, le marché montrant des signes de saturation. Sur un montant de 95 milliards programmé le 12 décembre 2025 par l’ensemble des pays de l’UEMOA, seuls 35 milliards ont été effectivement mobilisés et les coûts sont croissants. Continuer à refinancer la dette sur ce marché dans ces conditions ne fait que transférer le risque souverain vers les bilans des banques régionales, créant une fragilité systémique.
L’émission sénégalaise comporte des maturités réparties en quatre tranches (maturités de 3, 5, 7 et 10 ans) avec un coupon compris entre 6,4 et 6,95%. Les ressources mobilisées contribueront au financement des besoins budgétaires pour l’année 2026. Les souscriptions se poursuivront jusqu’au 19 mars.

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