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Opération « fureur épique » : entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la guerre a commencé

Opération « fureur épique » : entre les États-Unis, Israël et l’Iran, la guerre a commencé

Les armées américaine et israélienne ont lancé samedi des frappes d’ampleur contre plusieurs villes iraniennes. En représailles, la République islamique a visé plusieurs pays du Moyen-Orient.

Deux terribles détonations ont retenti samedi à l’aube dans le centre et l’est de Téhéran, provoquant d’imposants panaches de fumée au-dessus de la capitale iranienne. Dans la foulée, des explosions ont été entendues dans d’autres villes du pays : Ispahan (centre), Qom (centre), Karaj (ouest de Téhéran) et Kermanchah (ouest). Les États-Unis et Israël ont annoncé avoir mené des frappes d’ampleur contre la République islamique.

Depuis sa résidence de Palm Beach en Floride, Donald Trump a indiqué que l’objectif des États-Unis était d’« éliminer des menaces imminentes » de l’Iran : « détruire » les capacités de missiles de l’Iran et de « réduire à néant » sa marine.

Coiffé d’une casquette blanche siglée USA et s’exprimant derrière un pupitre portant le sceau présidentiel américain, le pensionnaire de la Maison-Blanche a également appelé le peuple iranien à « s’emparer du pouvoir ». « Cela sera certainement votre seule chance pour des générations à venir », a-t-il souligné.

Sur X, le Pentagone a dévoilé le nom officiel de l’opération militaire américaine de grande ampleur déclenchée en Iran : « fureur épique ».

De son côté, Israël a annoncé, par la voix du ministère israélien de la Défense, avoir lancé une « frappe préventive » afin « d’éliminer les menaces pesant sur l’État d’Israël ». « Il ne faut en aucun cas permettre à ce régime terroriste meurtrier d’acquérir l’arme nucléaire, qui lui donnerait les moyens de menacer l’humanité tout entière », a déclaré dans un message vidéo le Premier ministre Benyamin Netanyahou dans un message vidéo en hébreu adressé à la population israélienne.

La participation inattendue d’Israël aux frappes contre l’Iran

En réalité, l’opération militaire américaine contre l’Iran n’est pas une surprise. Cela fait près de deux mois que Donald Trump menace de frapper l’Iran s’il n’arrive pas à conclure avec Téhéran un accord sur le nucléaire iranien, son programme de missiles balistiques et son soutien aux groupes paramilitaires non étatiques dans la région.

À l’issue du dernier cycle de négociations jeudi à Genève, les deux parties avaient néanmoins constaté des progrès et devaient se retrouver la semaine prochaine pour des discussions techniques à Vienne. Mais les positions restaient encore très éloignées pour envisager la conclusion rapide d’un compromis.

Mais le plus inattendu dans cette opération militaire reste la participation active d’Israël. L’État hébreu, qui avait déjà déclenché l’an dernier un conflit majeur contre l’Iran, désormais connu sous le nom de « guerre des douze jours », avait alors réussi à réduire les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique, qui ne représentait plus, à ce titre, une menace imminente contre ses intérêts.

À la différence de Donald Trump, qui disait souhaiter donner le temps à la diplomatie et contraindre par la pression militaire le régime iranien à accepter un accord à ses propres conditions, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pousse depuis plusieurs semaines pour une opération militaire décisive visant à profiter de la faiblesse actuelle de la République islamique pour tenter de lui porter le coup fatal, en visant notamment ses responsables politiques.

Ce n’est donc par un hasard si, selon l’agence de presse semi-officielle iranienne Isna, l’une des cibles des deux frappes israéliennes tôt dans la matinée se trouvait dans le quartier Pasteur, dans le centre de Téhéran, où se trouve notamment la résidence du guide suprême et numéro un iranien, Ali Khamenei, ainsi que la présidence.

Quelle riposte pour l’Iran ?

Deux heures après les premières explosions, un important dispositif de sécurité était déployé et les rues étaient bloquées autour du quartier de la résidence du guide suprême Ali Khamenei, tandis que l’agence officielle de la République islamique (IRNA) affirmait que le président Massoud Pezeshkian était « sain et sauf ».

Au même moment, plusieurs fortes explosions étaient entendues à Jérusalem, ainsi qu’à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Qatar, des pays qui abritent des bases américaines. Ces explosions sont survenues peu après que les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir « lancé la première vague de riposte à l’agression contre l’Iran ».