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« Fureur épique » : les États-Unis déploient un arsenal militaire massif au Moyen-Orient

« Fureur épique » : les États-Unis déploient un arsenal militaire massif au Moyen-Orient

De la Méditerranée à l’océan Indien, Washington a déployé en quelques semaines l’un de ses dispositifs militaires les plus massifs depuis la guerre d’Irak. Explications.

«Fureur épique ». C’est le nom choisi par les États-Unis pour l’opération militaire déclenchée ce samedi 28 février contre l’Iran, en coordination étroite avec Israël. Quelques heures seulement après que le président Donald Trump a affiché, vendredi 27 février, son irritation face à des négociations jugées insuffisantes, malgré les « progrès » revendiqués par le médiateur omanais, Washington est passé de la pression diplomatique à l’action militaire.

Selon le New York Times, l’offensive était préparée de longue date. Ces dernières semaines déjà, le locataire de la Maison-Blanche évoquait la présence d’une « armada » américaine déployée aux abords de l’Iran. Un dispositif bâti autour d’une concentration navale et aérienne hors norme, appuyée par un réseau resserré de bases avancées encerclant la République islamique d’Iran.

Les forces maritimes

Washington a engagé plus d’une douzaine de bâtiments de combat dans la région. Deux groupes aéronavals structurent l’ensemble : l’un opère en mer d’Oman ; l’autre en Méditerranée orientale, après une escale logistique à Souda Bay, avant de croiser à plusieurs centaines de kilomètres à l’ouest d’Haïfa, précise le New York Times.

À leur bord, plusieurs milliers de marins et des escadrons capables de conduire des frappes en profondeur. La présence simultanée de deux porte-avions dans cette zone demeure un fait rarissime. Près de 10 000 militaires sont directement embarqués dans ces forces navales, auxquelles s’ajoutent neuf destroyers et plusieurs bâtiments de combat littoral, armés de missiles de croisière et de systèmes de défense antiaérienne.

Les forces aériennes

L’aviation constitue l’autre pilier de la manœuvre américaine. D’après les données issues du site de suivi aérien Flightradar24, des dizaines d’appareils supplémentaires ont été envoyés vers le Moyen-Orient. Les forces américaines disposent désormais sur zone de chasseurs furtifs F-22, de F-15, de F-35 et de F-16, d’avions de veille radar E-3 Sentry ainsi que d’une noria d’avions-ravitailleurs KC-135. Plusieurs bombardiers stratégiques furtifs B-2 à long rayon d’action ont également été placés en alerte renforcée.

Selon le Military Times, douze F-22 ont par ailleurs été déployés sur une base israélienne afin de consolider la posture de dissuasion américaine. Le Pentagone a simultanément renforcé la protection de ses troupes en déployant des systèmes antimissiles Patriot et THAAD face au risque de frappes balistiques iraniennes.

Un arc de bases resserré autour de l’Iran

Cette puissance militaire s’appuie sur quelques points d’ancrage décisifs. Au Bahreïn, siège de la Cinquième flotte de la marine américaine, Washington contrôle un carrefour maritime stratégique couvrant le golfe Persique, la mer Rouge et une partie de l’océan Indien, précise The Independent.

Au Qatar, la base d’Al Udeid Air Base constitue le quartier général avancé du Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Environ 10 000 militaires y sont stationnés. En Jordanie, la base de Muwaffaq al-Salti, à proximité d’Amman, est devenue un véritable hub aérien : plus de soixante avions d’attaque y ont été déployés entre mi-janvier et mi-février, auxquels s’ajoutent des appareils de guerre électronique et plusieurs drones MQ-9 Reaper, selon l’imagerie satellite.

Aux Émirats arabes unis, la base d’Al Dhafra, au sud d’Abu Dhabi, demeure un centre majeur de la projection aérienne américaine, tandis que le port de Dubaï, et notamment Jebel Ali, reste la principale escale de la marine américaine dans la région. En Irak, les forces américaines conservent des points d’appui à Aïn al-Assad et à Erbil, plateforme clé pour l’entraînement, le renseignement et la coordination logistique.