La Bourse de Tunis a clôturé la séance du 5 novembre sur une note légèrement positive. Derrière la progression des principaux indices, les échanges révèlent toutefois un marché partagé, marqué par l’absence d’une tendance dominante et par le poids toujours prépondérant des valeurs financières.
La séance s’est achevée sur un équilibre presque parfait entre les titres en mouvement : 21 valeurs ont enregistré une progression, autant ont terminé dans le rouge, tandis que 21 autres ont conservé leurs niveaux précédents. Dans ce contexte peu animé, le Tunindex a avancé de 0,15 % pour atteindre 18 696,43 points. De son côté, le Tunindex20 a gagné 0,16 %, à 8 198,35 points. La capitalisation boursière s’est établie à 45 974 millions de dinars.
Cette évolution positive ne traduit cependant pas une amélioration généralisée. La performance des indices demeure étroitement liée aux grandes capitalisations, notamment celles relevant du secteur financier. Celui-ci représente 66,82 % de la capitalisation globale, dont 58,41 % pour les seules banques.
La répartition sectorielle des performances confirme cette dépendance. Les services financiers se sont distingués avec une progression de 1,28 %, tandis que le compartiment bancaire a gagné 0,21 %. À l’inverse, les assurances ont perdu 0,48 % et l’agroalimentaire a reculé de 0,26 %. Une configuration qui souligne le caractère sélectif de la hausse enregistrée.
Des mouvements de capitaux qui traduisent des stratégies divergentes
L’analyse des échanges par catégorie d’investisseurs apporte un éclairage supplémentaire sur les orientations du marché. Les investisseurs étrangers ont réalisé 14 775 dinars d’achats, contre 145 834 dinars de ventes, faisant apparaître un solde vendeur. Leur participation représente néanmoins 17,72 % de la capitalisation boursière.
Parallèlement, la clientèle classée dans la catégorie « T. Libre » a contribué de manière importante à soutenir les achats. Elle a concentré 68,69 % des capitaux acheteurs, contre 60,81 % des montants enregistrés à la vente.
Les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) ont, pour leur part, affiché une orientation davantage vendeuse, avec 1,13 million de dinars de cessions, contre 0,99 million de dinars d’acquisitions.
Des échanges dominés par un nombre restreint de valeurs
L’activité sur le marché principal est demeurée relativement modeste. Le volume des capitaux échangés s’est limité à 4,87 millions de dinars, portant sur 413 824 titres à travers 1 501 transactions. Aucun échange de blocs n’a été enregistré. Les compartiments obligataire et hors cote n’ont, quant à eux, connu aucune activité.
En matière de capitaux traités, Sotetel arrive en première position avec 544 624 dinars, suivie d’Amen Bank, qui totalise 454 135 dinars, puis de Poulina Group Holding avec 393 403 dinars.
Sur le plan des volumes, Carthage Cement s’est imposée en tête avec 136 057 titres échangés.
Du côté des meilleures performances individuelles, Telnet Holding a signé la plus forte progression de la séance, avec un gain de 5,48 %, portant son cours à 12,130 dinars. BTE (ADP) a suivi avec une hausse de 4,34 %, devant Sotemail qui a progressé de 4,26 %.
À l’opposé, SITS a enregistré le recul le plus marqué, cédant 4,26 %. Siphat a perdu 4,23 %, tandis qu’Astrée a terminé en baisse de 3,60 %.
Une progression annuelle solide, mais une concentration persistante
Au-delà des fluctuations quotidiennes, les indicateurs cumulés depuis le début de l’année témoignent d’une évolution favorable de la place financière tunisienne. Le Tunindex affiche une progression de 39,01 %, tandis que la capitalisation boursière s’est appréciée de 32,62 %.
Cette performance reste toutefois à relativiser au regard du sommet annuel de 21 552,73 points atteint le 17 juillet. Le principal indice de la Bourse de Tunis évolue encore à environ 13 % de ce niveau.
La structure du marché demeure également fortement concentrée. Les cinq premières sociétés en termes de capitalisation représentent ensemble 48,54 % de la valeur totale du marché. BIAT occupe la première place avec une part de 14,58 %. À elles seules, les banques concentrent 46,20 % de la capitalisation boursière.
L’évolution des transactions depuis janvier confirme, par ailleurs, des disparités entre les différents compartiments. Les capitaux cumulés ont atteint 4,81 milliards de dinars, soit une augmentation de 16,07 %. Les échanges portant sur les titres de capital cotés ont, de leur côté, progressé de 81,53 %.
En revanche, le marché obligataire a enregistré une contraction de 32,68 %, alors que l’activité du hors cote a chuté de 99,28 %.
La répartition mensuelle des échanges met également en évidence une activité irrégulière. Le mois d’avril a concentré à lui seul 732,9 millions de dinars, soit 26,20 % des capitaux négociés depuis le début de l’année. Pour novembre, le montant cumulé s’élève actuellement à 23,8 millions de dinars.
Les prochains indicateurs à suivre
Dans les prochaines séances, l’attention devrait se porter sur la capacité des valeurs financières à maintenir leur rôle moteur, dans un contexte où les autres secteurs peinent encore à prendre le relais.
Le comportement des investisseurs étrangers constituera également un indicateur à surveiller, compte tenu de l’écart observé entre leurs achats et leurs ventes. Enfin, la reprise éventuelle des opérations de blocs pourrait contribuer à redynamiser les échanges, après une année marquée par leur poids dans l’activité boursière.
La clôture du 5 novembre illustre ainsi une situation particulière : les indices conservent une orientation positive, mais cette progression ne s’accompagne pas encore d’une mobilisation suffisamment large des valeurs cotées. L’évolution de la Bourse dépendra désormais autant de la consolidation des grandes capitalisations que de la capacité du marché à élargir sa dynamique à d’autres compartiments.
