L’examen du projet de budget du ministère des Affaires religieuses pour l’exercice 2027 a été marqué par plusieurs questions relatives à la gestion du secteur religieux, aux conditions d’organisation du pèlerinage et à la situation des structures d’encadrement religieux dans les différentes régions du pays.
Dans ce cadre, une séance d’audition conjointe s’est tenue mercredi 4 novembre 2026, réunissant la commission des Droits et des libertés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et la commission de l’Investissement et de la coopération internationale du Conseil national des régions et des districts (CNRD). Les deux commissions ont entendu le ministre des Affaires religieuses sur les orientations et les prévisions budgétaires de son département pour 2027.
Neutralité des lieux de culte et respect des libertés fondamentales
Les travaux ont été conduits sous la présidence de Thabet El Abed, président de la commission des Droits et des libertés, et de Bilal Saidi, président de la commission de l’Investissement et de la coopération internationale. Plusieurs membres des deux commissions ont également pris part aux échanges, notamment Aymen Ben Salah, Hala Jeballah, Mohamed Chaabani, Mohamed Ali, Chokri Bahri et Bilal Mechri.
Dès l’ouverture de la réunion, les responsables de la commission des Droits et des libertés ont rappelé que l’évaluation du budget du secteur ne pouvait être dissociée de ses implications en matière de droits fondamentaux. La liberté de croyance et de conscience, ainsi que le droit de pratiquer les rites religieux, ont ainsi été placés parmi les principales questions à prendre en considération.
L’accent a notamment été mis sur la responsabilité des pouvoirs publics dans la mise en œuvre de ces principes, à travers des dispositifs administratifs et des politiques garantissant la neutralité du service public religieux et l’égalité de traitement entre les citoyens, sans distinction ni discrimination.
Ressources humaines : améliorer les conditions professionnelles et renforcer les garanties
La situation professionnelle des cadres religieux et des agents affectés aux mosquées a également occupé une place importante dans les discussions.
Les interventions ont mis en évidence la nécessité d’améliorer leurs conditions de travail, de renforcer leurs possibilités de formation et de consolider leur protection sociale. La transparence des procédures de recrutement, d’évaluation et de cessation des fonctions a également été soulevée, avec un appel à garantir l’équité et à prévoir des mécanismes de recours.
Les discussions ont, par ailleurs, souligné que la pertinence des choix budgétaires devait être appréciée à partir de leurs retombées concrètes : qualité des prestations, entretien des édifices religieux, efficacité de l’encadrement et répartition équitable des ressources entre les régions.
Les travaux se sont ainsi articulés autour de trois grandes dimensions : la protection des droits et des libertés et la neutralité des lieux de culte, la gestion des ressources humaines et l’amélioration de l’encadrement religieux, ainsi que la réalisation des crédits, le suivi des projets et la qualité de la gouvernance.
Pèlerinage, kouttabs et gestion des infrastructures religieuses au cœur des interrogations
Présentant les grandes lignes de son département pour 2027, le ministre des Affaires religieuses a exposé les principales missions de son administration. Celles-ci consistent notamment à assurer la mise en œuvre de la politique de l’État dans le domaine religieux, à faciliter l’exercice du culte et à promouvoir les valeurs de modération et de tolérance.
Le ministère intervient également dans la supervision des mosquées et des kouttabs, le développement des études et de la recherche en sciences islamiques, la promotion des médias à caractère religieux et la valorisation du patrimoine islamique.
Ses attributions couvrent aussi l’organisation du pèlerinage et l’accompagnement des Tunisiens qui s’y rendent, qu’ils résident dans le pays ou à l’étranger. Elles comprennent en outre le suivi des opérations de construction, de restauration et de maintenance des mosquées, ainsi que la formation des personnes chargées de l’orientation et de la sensibilisation religieuses.
À l’occasion de cette audition, les députés ont soulevé plusieurs préoccupations liées aux modalités d’organisation du pèlerinage, notamment son coût, sa durée et les conditions d’accompagnement des pèlerins. La disponibilité de guides et de personnels médicaux spécialisés a également fait partie des points abordés.
D’autres interventions ont concerné le fonctionnement des kouttabs, les conditions de leur création et le contrôle de leurs programmes éducatifs. La maîtrise de la consommation énergétique dans les lieux de culte et l’encadrement des projets de construction de mosquées ont également été examinés.
Des difficultés persistantes dans plusieurs régions
Au-delà des orientations générales, les élus ont attiré l’attention du ministre sur des difficultés rencontrées localement. Parmi les problèmes évoqués figurent l’insuffisance des cadres religieux, le nombre limité de kouttabs dans certaines zones, les retards dans la régularisation de la situation foncière de plusieurs mosquées et la persistance de postes vacants dans différentes régions.
Ces préoccupations ont remis en évidence les disparités territoriales auxquelles le secteur demeure confronté, ainsi que l’importance d’une meilleure adaptation des moyens humains et matériels aux besoins locaux.
En réponse aux différentes interventions, le ministre a apporté des éclaircissements sur les questions soulevées au cours de la séance.
Les éléments issus de cette audition seront pris en compte dans le rapport commun des deux commissions. Ce document sera présenté lors de la séance plénière conjointe de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, consacrée à l’examen du projet de budget de l’État pour l’année 2027.
