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Tunisie : les réserves alimentaires sous surveillance, plusieurs mois de consommation assurés pour les produits de base

- Tunisie
6 novembre 2026

La question de la sécurité alimentaire et de la régularité de l’approvisionnement a été au centre des discussions parlementaires en Tunisie. Lors d’une audition tenue jeudi 5 novembre 2026, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a présenté les données relatives aux réserves nationales de plusieurs produits essentiels, mettant en évidence des capacités de couverture jugées suffisantes pour les prochains mois.

Selon les chiffres communiqués, les stocks disponibles atteignent 130 000 tonnes de sucre, soit l’équivalent de cinq mois de consommation. Le pays dispose également de 9 000 tonnes de riz, correspondant à six mois de besoins, ainsi que de 6 000 tonnes de café, permettant de couvrir environ quatre mois d’approvisionnement.

Le secteur avicole affiche, pour sa part, une offre renforcée, avec 16 000 tonnes de viande de volaille et quelque 160 millions d’œufs destinés à répondre à la demande du marché.

Des difficultés de distribution malgré des réserves disponibles

Si les indicateurs relatifs aux stocks nationaux semblent rassurants, la situation de l’approvisionnement reste marquée par des perturbations dans certaines régions. Ces difficultés ne sont pas nécessairement liées à un manque de marchandises, mais également à des contraintes techniques, logistiques et climatiques.

Le matériel vieillissant utilisé par l’Office du Commerce de Tunisie (OCT) pour le conditionnement du thé rouge constitue notamment un obstacle à la fluidité de sa commercialisation.

Dans le secteur des produits agricoles, les fortes températures enregistrées ont affecté les rendements de la tomate, entraînant une diminution de l’offre et des tensions ponctuelles sur les prix des légumes.

Prix réglementés et mesures de protection du pouvoir d’achat

Face à ces déséquilibres, les autorités maintiennent plusieurs mécanismes d’intervention sur le marché. Le gel des prix des produits subventionnés demeure en vigueur, parallèlement à l’encadrement des marges bénéficiaires.

Le dispositif gouvernemental comprend également une démarche de rationalisation des subventions énergétiques, avec notamment le recours à des bouteilles de gaz adaptées aux besoins des professionnels.

Les députés réclament une réorganisation du système d’approvisionnement

Les interventions des parlementaires ont également mis en lumière la persistance de difficultés concernant la disponibilité de certains produits, notamment la farine, la semoule et l’huile subventionnée.

Pour remédier à ces problèmes récurrents, plusieurs pistes de réforme ont été soulevées. Elles portent principalement sur la révision des circuits de distribution, une meilleure organisation du fonctionnement de l’Office du Commerce de Tunisie et le règlement des dettes accumulées par cet établissement auprès de la Société Tunisienne du Sucre.

Au-delà des volumes annoncés, les échanges parlementaires soulèvent ainsi un enjeu majeur : assurer une meilleure articulation entre les réserves disponibles, les mécanismes de distribution et l’accès effectif des consommateurs aux produits de première nécessité.