Il redevient un simple mortel. Déjà défait de son titre de duc d’York, Andrew va dire adieu à celui de « prince » et devra quitter son manoir Royal Lodge, à Windsor, a annoncé Buckingham, ce jeudi 30 octobre. « Le prince Andrew sera désormais connu sous le nom d’Andrew Mountbatten-Windsor. »
« Ces sanctions sont jugées nécessaires », précise le communiqué, « même s’il continue de nier les accusations portées contre lui. Leurs Majestés tiennent à préciser que leurs pensées et leur plus profonde sympathie vont aux victimes et aux survivants de toute forme d’abus ». Une référence au scandale Epstein, dans lequel Andrew est empêtré depuis plus de 20 ans.
Accusation de trafic sexuel
L’amitié entre Andrew et Epstein, au début des années 2000, a été largement documentée par les caméras. C’est en 2015 que Virginia Roberts Giuffre, l’une des premières victimes de Jeffrey Epstein, porte plainte en Floride. À l’époque, la jeune femme – qui a mis fin à ses jours en avril 2025 – affirme avoir été contrainte par le pédocriminel et sa rabatteuse Ghislaine Maxwell à avoir des relations sexuelles avec plusieurs hommes. Dont le prince Andrew, en 2001, quand elle avait 17 ans.
À LIRE AUSSI Après la déchéance du prince Andrew, Charles III en première ligneElizabeth protège son fils préféré mais Andrew finit par accorder une interview à la BBC en novembre 2019. Il implose devant les caméras, jurant à la fois « catégoriquement, absolument, que ce n’est pas arrivé » tout en disant n’avoir « aucun souvenir » d’avoir rencontré Virginia Roberts. Il y a pourtant cette photo, développée en 2001. On le voit tout sourire, le bras autour de la taille de la jeune fille, avec Ghislaine Maxwell en arrière-plan. Il assure que la photo pourrait être un montage, sans apporter de preuve convaincante.
Pour contredire le récit de la jeune femme à propos d’une virée en boîte de nuit où elle le décrivait « en sueur », il insiste : c’est impossible car il était, à cette époque, physiologiquement incapable de transpirer. Un « problème médical » lié, selon lui, à une décharge d’adrénaline lors de la guerre des Malouines. Les tabloïds britanniques s’en donnent à cœur joie. Le Sun publie des photos de « 7 fois où le prince Andrew a transpiré en faisant la fête » – dont une en juillet 2000, où l’on voit « Randy Andy » (Andy le chaud) quitter un club des auréoles sous les bras.
La chute
Andrew se met en retrait, mais l’infamie le poursuit. Poursuivi à New York au civil par Virginia Giuffre, il conclut un accord à l’amiable en février 2022, sans reconnaître de culpabilité. Selon le Telegraph, il aurait lui aurait versé 12 millions de livres pour éviter un procès. Avant de mourir, Elizabeth II le dépossède de ses fonctions de représentation militaires et civiles ainsi que de sa dignité d’Altesse royale.
Acculé, Andrew a tenté de prendre les devants il y a deux semaines, renonçant à son titre de duc d’York et de chevalier de la Jarretière. Pas de quoi satisfaire les manifestants qui continuent de se rassembler devant Windsor et de réclamer une enquête officielle en brandissant des pancartes « end royal secrecy » (« mettez fin au secret royal »).
Désormais privé de son titre de « prince », Andrew ne sera pas à la rue : selon la BBC, il fera ses valises pour le château de Sandringham, propriété privée du roi Charles III. La famille de Virginie Giuffre a réagi ce jeudi par communiqué : « Aujourd’hui, une fille américaine ordinaire, issue d’une famille américaine ordinaire, a fait tomber un prince britannique par sa vérité et son courage extraordinaire. »

Partager :