En coulisses, le vice-président s’est évertué à apaiser les relations entre le président américain et le patron de X. L’objectif : s’allier à nouveau avec Elon Musk, en vue notamment des élections de mi-mandat.
La guerre entre la Russie et l’Ukraine, le conflit israélo-palestinien, les tensions entre la Thaïlande et le Cambodge… Si, depuis son arrivée à la Maison-Blanche il y a un an, Donald Trump s’est présenté comme un « faiseur de paix », c’est bien son vice-président qui, en coulisses, s’est évertué à atténuer les tensions entre le chef de l’État et son ex- « bro », Elon Musk. Bien que Trump et Musk soient de nouveau en (plus ou moins) bons termes, leur relation reste fragile, selon des proches des deux milliardaires, interviewés par The Washington Post.
Pour comprendre, revenons plusieurs mois en arrière. La bromance entre Donald Trump et Elon Musk s’est bâtie sur des idées et des objectifs communs – à savoir, la victoire des républicains à l’élection présidentielle et la réduction de ce qu’ils considèrent comme des dépenses publiques excessives. L’argent a également pris une place prépondérante dans cette amitié, puisque le patron de Tesla a investi pas moins de 45 millions de dollars par mois dans la campagne de l’ancien candidat.
Entre deux visites à Palm Beach, dans la résidence de Donald Trump en Floride, Elon Musk, alors intégré à l’équipe présidentielle, a été chargé d’élaborer le Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE). L’objectif : réduire les dépenses publiques et trouver 2 000 milliards de dollars (environ 1 759 milliards d’euros) d’économies dans le budget fédéral. Le tout, en usant de méthodes parfois brutales, près de 300 000 agents publics ayant été remerciés, selon des chiffres publiés par le New York Times en mai.
Fin d’une bromance
Sur fond de différends naissants entre les deux hommes, au sujet notamment du projet de loi budgétaire proposé par Trump, Elon Musk quitte le DOGE à la fin du mois de mai (sans avoir atteint son objectif de départ). Peu à peu, les tensions se renforcent : en juin, le propriétaire de X pointe, sur son réseau social, les liens du président avec le pédocriminel Jeffrey Epstein. Un mois plus tard, Musk annonce la création d’un nouveau parti politique, censé « rendre [la] liberté » aux Américains et baptisé « America Party ».
Chez les républicains, cette annonce, synonyme de la perte de nombreux financements et du risque de la division de leur base d’électeurs, sème la panique. « Bien qu’imprévisible, Musk n’en demeure pas moins un allié de taille. Grâce à ses ressources quasi illimitées et à son influence numérique sans égale, il pourrait se révéler un atout majeur pour le mouvement MAGA une fois Trump hors jeu », souligne The Washington Post. Ainsi, face à ce qu’ils considèrent comme une menace imminente à l’approche notamment des élections de mi-mandat en 2026, les plus fins stratèges politiques de l’équipe présidentielle entrent en scène pour apaiser les tensions. À commencer par le vice-président, J. D. Vance.
Ce dernier part avec un avantage de taille, Elon Musk et lui entretenant de bonnes relations depuis le début du second mandat de Trump. Ils étaient même amis bien avant l’élection. Le milliardaire et le vice-président, lui-même ancien investisseur de la Silicon Valley, partagent non seulement une vision du monde basée sur la technologie, mais également un goût prononcé pour les réseaux sociaux. Selon plusieurs sources du Washington Post, Musk avait même fait pression sur Trump pour qu’il choisisse Vance comme colistier.
D’ailleurs, dès le mois de février, dans un message publié sur X, Musk avait qualifié le natif de Middletown de « meilleur VP [vice-président] de tous les temps et notre futur président ». Preuve que le patron de Tesla voit en son allié un futur candidat pour l’élection de 2028.
Les retrouvailles
Le même mois, quelques jours après l’entrée en fonction de la nouvelle administration, Vance a invité Musk à dîner avec sa famille à l’Observatoire naval. Depuis, les deux hommes échangent plusieurs fois par semaine. « Vance […] a tout à y gagner. Si la brouille entre Trump et Musk a fait la une des journaux, le rôle de Vance dans leurs retrouvailles met en lumière sa propre relation avec le milliardaire », peut-on lire dans l’enquête du quotidien américain.
Car les anciens meilleurs ennemis se sont bel et bien retrouvés. En témoigne la participation d’Elon Musk à un dîner à la Maison-Blanche en l’honneur du prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie saoudite, en novembre. À noter que le patron de X a également renoncé à son projet de parti politique, à la suite notamment de l’assassinat du militant conservateur Charlie Kirk, qui l’a poussé à s’impliquer dans la campagne aux côtés des républicains. Et non plus contre eux.

Partager :