12 views 4 mins 0 comments

« Nous serions fichus » : l’étrange sortie de Donald Trump sur les droits de douane

« Nous serions fichus » : l’étrange sortie de Donald Trump sur les droits de douane

Bien qu’il vienne d’annoncer de nouveaux droits de douane visant les importations aux États-Unis des pays partenaires de l’Iran, le président américain s’est inquiété d’une possible décision de la Cour suprême. Explications.

Donald Trump est suspendu à la décision de la Cour suprême. Si cette dernière lui est globalement favorable, elle aura la lourde tâche de statuer de la constitutionnalité – ou non – des droits de douane imposés par son administration, et ce, dans les tout prochains jours.

Dans l’attente de cet arbitrage, le président des États-Unis a estimé, ce lundi 12 janvier, que le pays serait « fichu » si ses taxes étaient jugées illégales, dans une sortie qui a de quoi étonner.

C’est sur Truth Social – son réseau social – que le locataire de la Maison-Blanche a pris la parole, prédisant un « désordre pas possible » en cas d’annulation des droits de douane par la Cour suprême. D’après lui, l’administration « ne serait pas en capacité de rembourser » les sommes perçues, estimées à « des centaines de milliards de dollars » qui seraient alors dues aux entreprises américaines.

Le tout, a-t-il ajouté, « sans même compter » ce que les pays et entreprises pourraient demander pour compenser « les investissements qu’ils réalisent pour éviter » ces surtaxes, soit « des milliers de milliards » de dollars. Le président américain a assuré que le pays serait « fichu » si ce scénario survenait, et que « ceux qui prétendent que cela se ferait rapidement et simplement ne feraient qu’apporter une réponse fausse, incomprise et non précise face à cette énorme et complexe question. […] Cela prendrait de nombreuses années simplement pour déterminer le montant. »

Plusieurs voix s’élèvent contre les droits de douane aux États-Unis

Ce discours alarmiste traduit-il une véritable crainte de la part du chef d’État ? Impossible à dire, avec Donald Trump. S’il s’est félicité, dans son adresse à la nation de mi-décembre, de ces surtaxes, il est tout cas de plus en plus critiqué au sein même de son pays sur la question.

Ainsi, le groupe de supermarchés américain Costco a déposé plainte auprès du Tribunal américain du commerce international, afin de demander le remboursement des surtaxes perçues. C’est le cas de plusieurs autres entreprises, comme la filiale américaine de Toyota.

Plusieurs États démocrates, et d’autres petites entreprises, ont également estimé que le républicain avait outrepassé ses pouvoirs en imposant ces droits de douane sur l’ensemble des biens. Si certaines juridictions fédérales ont bel et bien estimé que les surtaxes en question dépassaient le pouvoir présidentiel – l’impôt est une prérogative du Congrès aux États-Unis –, aucune ne s’est risquée jusqu’alors à annuler les droits de douane… Ce qui pourrait donc changer avec la décision de la Cour suprême.

En attendant, Donald Trump reste ferme, et a même indiqué ce mardi 13 janvier vouloir taxer de 25 % les importations aux États-Unis des pays qui continuent à faire du commerce avec l’Iran.