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Qui est Stephen Miller, le conseiller de Trump de plus en plus influent sur les dossiers internationaux ?

Qui est Stephen Miller, le conseiller de Trump de plus en plus influent sur les dossiers internationaux ?

PORTRAIT. Proche du président américain depuis plusieurs années, il est notamment le visage de la lutte contre l’immigration aux États-Unis, mais intervient de plus en plus sur la politique étrangère.

«Chaque jour, pendant les quatre années qu’a duré l’administration Biden, notre pays a été envahi et occupé de force par des immigrants illégaux, écrit sur X Stephen Miller, conseiller de Trump sur les questions de l’immigration et la politique intérieure. Des enfants américains innocents ont été violés, mutilés et assassinés. Des villes entières ont été relogées. Des quartiers entiers ont été transformés en camps de réfugiés. Des communautés entières ont été bouleversées. Les écoles et le système de santé ont été ravagés. Le Trésor public a été pillé. »

Sur son profil, l’influent chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, défend ICE, fustige le « wokisme », republie des photos de supposés immigrés ayant commis des délits et des extraits de Fox News… Des prises de position radicales qui en disent long sur l’influent conseiller de Donald Trump. Et, çà et là, Stephen Miller commente les affaires internationales.

Le quadragénaire se veut désormais porte-parole des velléités impérialistes de Donald Trump et copie sa façon de jouer les gros bras : récemment, il a ainsi assuré sur CNN que le monde est « gouverné par la force, par le pouvoir. Ce sont les lois d’airain du monde depuis la nuit des temps. »

Velléités expansionnistes et impérialisme

Le natif de Santa Monica jouait un rôle plus discret auprès de Donald Trump lors de son premier mandat. Mais depuis janvier 2025, il est apparu plus de 200 fois à la télévision. Conseiller de l’ombre du dirigeant états-unien pendant les pourparlers de paix en Ukraine à Mar-a-Lago fin décembre, il a aussi pris la parole après la capture de Nicolas Maduro au Venezuela, assurant sur CNN : « Nous sommes une superpuissance et sous la présidence de Trump, nous allons nous comporter en tant que telle. »

Le New York Times assure que Stephen Miller joue un rôle clé dans les stratégies de Donald Trump concernant le Groenland et le Venezuela, et pousse pour une approche agressive. Le quotidien est catégorique : ce qui n’était qu’une plaisanterie pendant le premier mandat est devenu une véritable menace présidentielle. Et l’usage de la force, autrefois presque tabou, est devenu une option.

Idéologue identitaire et anti-immigration

Depuis sa nomination au gouvernement, il y a un an presque jour pour jour, quelque 170 milliards de dollars supplémentaires ont été alloués à la répression migratoire. Il a aussi fixé un objectif aux services de l’immigration de 3 000 arrestations par jour contre 400 auparavant.

Autres mesures prises sous sa direction : l’interdiction d’entrer sur le territoire états-unien pour les voyageurs de 19 pays ou encore l’augmentation des limites légales des expulsions. Ces mesures drastiques sont notamment à l’origine de l’escalade, régulièrement filmée par des citoyens américains, des violences commises par l’ICE lors de leurs arrestations.

Cet architecte du trumpisme et pourfendeur du « wokisme » plaide également pour un renforcement du pouvoir exécutif. Loin de cacher ses ambitions, il pousse pour étendre les limites présidentielles depuis le retour de Trump au pouvoir. Rien de surprenant : fin 2020, il avait participé à la tentative de renversement du résultat électoral en promouvant de fausses listes de grands électeurs, rappelle Le Monde.

C’est en répondant aux moindres désirs du dirigeant de 79 ans qu’il a gagné sa confiance absolue. En témoigne la manière dont ce fils d’une famille d’immigrés juifs a piloté l’offensive contre des universités américaines jugées déviantes, ou encore comment il a remis au goût du jour l’Alien Enemy Act de 1798, qui permet de détenir et d’expulser des citoyens de nations ennemies sans audience préalable.