Les Tunisiens établis hors du pays peuvent souffler : les dispositifs douaniers qui leur permettent d’importer des véhicules et des effets personnels dans des conditions avantageuses sont maintenus pour cette année, sans modification par rapport aux dispositions en vigueur en 2025. Une confirmation officielle qui arrive à point nommé, à l’approche de la saison estivale durant laquelle des milliers de membres de la communauté tunisienne à l’étranger rentrent au pays.
Un régime d’exonération stable pour l’importation de voitures
Le colonel Chokri Jebri, porte-parole de la Direction générale des douanes, a apporté des précisions importantes à l’Agence TAP concernant le cadre réglementaire applicable aux Tunisiens résidant à l’étranger, communément désignés par le sigle TRE. Selon lui, les conditions d’accès aux avantages fiscaux et douaniers n’ont subi aucun changement, et les bénéficiaires peuvent se référer aux mêmes critères que ceux de l’an passé.
Pour prétendre à l’importation d’un véhicule en franchise totale de droits et taxes, le demandeur doit répondre à plusieurs critères cumulatifs. Il doit d’abord posséder la nationalité tunisienne et être âgé d’au moins 18 ans. La condition centrale reste celle de la résidence : il est impératif de justifier d’un établissement effectif et continu à l’étranger d’une durée minimale de deux ans. Par ailleurs, la durée de séjour annuel en Tunisie ne doit pas franchir le seuil des 183 jours, faute de quoi le bénéfice de l’exonération pourrait être remis en cause.
Le véhicule concerné par l’importation doit quant à lui avoir été mis en circulation depuis moins de cinq ans au moment de son introduction sur le territoire tunisien. Cette limite d’âge vise à encadrer le type de véhicules admis dans ce dispositif préférentiel, en excluant les voitures trop anciennes. Une fois accordé, ce privilège est renouvelable tous les dix ans, à condition que le titulaire continue de satisfaire aux exigences de résidence à l’étranger.
Deux options d’exonération au choix du bénéficiaire
L’un des aspects les plus pratiques de ce dispositif réside dans la possibilité offerte aux TRE de choisir entre deux régimes distincts, selon leur situation et leurs besoins. Le premier est celui de l’exonération totale, qui permet d’importer le véhicule sans acquitter aucun droit de douane ni taxe applicable. Ce régime est particulièrement attractif, mais il s’accompagne de restrictions quant à l’utilisation du véhicule sur le territoire national.
Le second régime, dit d’exonération partielle, implique le paiement d’une quote-part comprise entre 25 % et 30 % des droits normalement exigibles. En contrepartie de cette contribution, le propriétaire du véhicule obtient une immatriculation tunisienne ordinaire et bénéficie d’une liberté totale d’usage de son véhicule, sans les contraintes liées au statut spécial. Cette formule séduit ceux qui envisagent de laisser leur voiture en Tunisie sur une longue durée ou de la mettre à disposition de membres de leur famille.
Le colonel Jebri a tenu à préciser que ces deux options coexistent depuis plusieurs années et qu’elles répondent à des besoins différents au sein de la communauté tunisienne établie à l’étranger. Le maintien de ce choix dual reflète une volonté des autorités de proposer un cadre souple, capable de s’adapter à des profils variés de bénéficiaires.
Le plafond des effets personnels maintenu à 5 000 dinars
Au-delà des véhicules, la question des bagages et des effets personnels constitue un autre volet central pour les TRE lors de leurs voyages en Tunisie. Sur ce point également, les règles en vigueur restent identiques à celles appliquées l’année précédente. Le plafond autorisé pour les effets personnels à caractère non commercial est maintenu à 5 000 dinars tunisiens.
Le porte-parole de la Direction générale des douanes a précisé que ce montant n’a pas été revu depuis sa dernière réévaluation à la hausse intervenue en 2025. Cette stabilité est perçue positivement par les associations représentant les TRE, qui avaient par le passé déploré des seuils jugés trop bas au regard du coût réel des biens importés.
Concrètement, ce plafond de 5 000 dinars s’applique aux marchandises transportées par les voyageurs tunisiens résidant à l’étranger, à condition qu’elles soient destinées à un usage strictement personnel et familial, et non à une revente ou à toute activité commerciale. Les agents des douanes sont habilités à contrôler la nature et la quantité des articles déclarés afin de s’assurer du respect de cette règle.
Cette mesure vise à faciliter les déplacements des membres de la diaspora tunisienne tout en préservant les intérêts économiques nationaux, notamment pour éviter une concurrence déloyale avec le commerce local. Le maintien de ce cadre réglementaire stable témoigne d’une continuité dans la politique douanière à l’égard des TRE, une communauté dont les transferts de fonds représentent une contribution significative à l’économie tunisienne.
Selon les données relayées par La Presse de Tunisie, ces dispositions s’inscrivent dans un effort plus large des autorités tunisiennes pour entretenir des liens économiques et administratifs solides avec la diaspora, particulièrement dans la perspective de la saison estivale, période de forte mobilité pour les Tunisiens de l’étranger. Les douanes rappellent que toutes les informations relatives aux procédures d’importation sont disponibles auprès des services compétents et des postes frontaliers.
