La municipalité de Manouba serre la vis sur l’occupation anarchique de la voie publique. Un délai d’une semaine a été officiellement notifié aux propriétaires de véhicules laissés à l’abandon ou immobilisés de façon prolongée sur les routes et espaces publics de la ville, avec une mise en fourrière garantie à la clé en cas de non-conformité.
Une semaine pour dégager les véhicules encombrants
C’est par une déclaration transmise à l’agence TAP que Fethi Derouaz, secrétaire général de la municipalité chargé de la gestion, a détaillé les contours de cette décision. L’ultimatum vise en priorité les véhicules qui stationnent depuis de longues semaines, voire des mois, sans bouger — qu’il s’agisse de voitures hors d’état de circuler ou de celles exposées à la vente sur le bord des routes.
Deux zones sont particulièrement ciblées : les abords de la mosquée Manouba El Maamour et le secteur faisant face au terrain de Toubjia. Ces emplacements concentrent un nombre significatif de véhicules qui monopolisent l’espace public au détriment des riverains et des autres usagers.
Selon Fethi Derouaz, cette situation génère plusieurs nuisances concrètes : elle nuit à l’esthétique des quartiers, altère l’image des voies publiques, perturbe la fluidité du trafic et peut représenter un risque réel pour la sécurité routière. C’est l’accumulation de ces facteurs qui a conduit la municipalité à passer à l’action.
Fourrière, frais de remorquage et amendes : les conséquences du non-respect
Passé le délai de sept jours, les autorités municipales ne se contenteront pas de simples avertissements. Les véhicules toujours en place feront l’objet d’un constat officiel dressé par un huissier de justice. L’enlèvement sera ensuite réalisé en étroite coordination avec les services de police et la garde municipale compétente sur le territoire concerné.
Pour les propriétaires qui n’auront pas réagi à temps, la facture risque d’être salée. Ils devront assumer l’intégralité des coûts liés au remorquage, au transport jusqu’à la fourrière et au gardiennage du véhicule. À ces frais s’ajouteront les amendes municipales prévues par la réglementation en vigueur.
Cette approche — préavis court, procédure formelle, coût à la charge du contrevenant — s’inscrit dans une logique de responsabilisation des propriétaires de véhicules. La municipalité entend ainsi envoyer un signal clair : l’espace public n’est pas un parking à ciel ouvert ni un lieu d’exposition commerciale informelle.
Un programme plus large de requalification urbaine
Cette opération de mise en ordre ne constitue pas une action isolée. Elle fait partie d’un programme municipal global axé sur la propreté et l’amélioration du cadre de vie, qui mobilise à la fois le personnel municipal et le matériel dédié à la collecte et à l’entretien de la voirie.
En parallèle, la municipalité de Manouba mène un travail de fond sur son dépôt municipal. Un inventaire rigoureux des biens stockés est en cours, accompagné d’un tri et d’une séparation des matériaux. L’objectif est de rationaliser la gestion des actifs communaux et de valoriser ce qui peut encore l’être.
Dans ce cadre, des démarches sont engagées pour céder des matériaux métalliques hors d’usage à la Société tunisienne de sidérurgie, connue sous le nom d’El Fouladh. Cette cession s’appuie sur le décret n°423 de 2025, signé le 24 septembre 2025, qui encadre ce type de transaction entre collectivités locales et entreprises publiques spécialisées.
Par ailleurs, la municipalité prépare l’organisation d’une vente aux enchères portant sur plusieurs équipements lourds devenus inutilisables. Cette procédure, soumise à des formalités réglementaires strictes, est actuellement en cours de finalisation avant toute mise en vente effective.
Ces différentes actions témoignent d’une volonté affichée de la municipalité de Manouba de moderniser sa gestion patrimoniale tout en rendant à la ville un visage plus ordonné et plus agréable pour ses habitants. La question des véhicules abandonnés, souvent perçue comme un problème secondaire, cristallise en réalité des enjeux de sécurité, d’urbanisme et de qualité de vie qui touchent directement le quotidien des Manoubois.
