La « montagne maudite ». Situé au cœur des Pyrénées, à la frontière entre l’Espagne et l’Andorre, le petit village de Tor attire les passionnés d’énigmes non résolues. Le meurtre non élucidé en 1995 de Josep Montané, soixante-dix ans, connu sous le nom de Sansa, était le troisième en quinze ans. Les détails de l’affaire, un câble électrique autour du cou, un corps en décomposition et une histoire impliquant des contrebandiers, suscitent un réel intérêt pour les détectives amateurs.
Il est révélé aux grand public en 1997 lorsqu’un journaliste de télévision diffuse une enquête sur une chaîne catalane. Carles Porta écrira ensuite un livre, Tor. Treize Maisons et trois morts, puis lancera un podcast et une série documentaire sur ce fait divers. Depuis, des visiteurs affluent chaque été dans le village pour résoudre le crime. Tor – qui est aussi le nom de la montagne sur laquelle le village réside – est devenu une véritable attraction touristique.
Car les visiteurs aiment faire leurs propres recherches, ils séjournent dans l’ancienne maison de Sansa et parcourent le village à la recherche d’indices. Un guide touristique local, Antonio Zamorano, a même lancé une « Tor Experience » pour retracer l’histoire et raconter les théories du meurtre, rapporte le New York Times.
Les habitants ne supportent plus
Pour Merce Turallols, trente-huit ans, qui travaille à l’Hostal Montaña, le « tourisme lié aux affaires criminelles » a profité à l’hôtel familial, mais les habitants du village ne veulent plus que leurs maisons constituent le décor de cette enquête. L’été dernier, il était impossible de se garer, explique-t-elle. Les habitants ont même vu des personnes se promenant avec des câbles électriques autour du cou.
Aujourd’hui, le visage et les écrits de Carles Porta ornent les murs de l’Hostal Montaña. Mais Merce Tomàs, qui tient un restaurant dans le village, explique qu’elle renoncerait volontiers à l’augmentation du nombre de ses clients, ainsi qu’aux bénéfices tirés de ses produits dérivés, pour un retour à la normale. Ce qui n’arrivera pas avant que Carles Porta ne trouve le meurtrier, a-t-elle précisé au New York Times, car « les gens ont besoin d’une fin ».

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