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Cap Bon : région mondiale de la gastronomie 2028, une première africaine

- Culture
8 mai 2026
culture tunisie - Tunisia Times

C’est une consécration historique pour la Tunisie. Ce vendredi 8 mai à Korba, dans le gouvernorat de Nabeul, le Cap Bon a été officiellement couronné région mondiale de la gastronomie pour l’année 2028. Une désignation accordée par l’Institut international des arts culinaires, de la culture et du tourisme, qui place la péninsule tunisienne dans un cercle très fermé de territoires reconnus à l’échelle planétaire pour leur excellence culinaire et leur patrimoine alimentaire.

Un label mondial qui ouvre la voie au Sommet de la gastronomie 2028

Cette reconnaissance n’est pas symbolique. Elle entraîne concrètement l’attribution au Cap Bon de l’organisation du Sommet mondial de la gastronomie 2028, un événement international qui mobilise chaque année des professionnels, des institutions et des acteurs du tourisme gastronomique venus des quatre coins du globe. Pour Wahid Ben Faraj, commissaire régional du tourisme à Nabeul, ce titre vient couronner un effort collectif de valorisation du patrimoine culinaire tunisien. Il positionne désormais le Cap Bon au sein d’un réseau de quelque 60 régions labellisées à travers le monde, ouvrant la région à de nouvelles dynamiques d’échanges avec les acteurs internationaux du secteur.

Ce qui distingue cette distinction, c’est aussi sa portée continentale. Lamia Tamimi, directrice exécutive de l’initiative Sawa Taste of Tunisia, a précisé que le Cap Bon devient ainsi le premier candidat africain intégré à cette plateforme mondiale de la gastronomie. Un positionnement inédit qui renforce la visibilité de la région bien au-delà des frontières méditerranéennes et qui devrait, selon elle, transformer le territoire en vitrine internationale pendant une année entière, accueillant des délégations venues de toutes les régions labellisées.

Une évaluation terrain saluée par le jury international

Avant la proclamation officielle, une délégation internationale composée de membres du jury a conduit en début de semaine une mission d’évaluation approfondie dans le gouvernorat de Nabeul. L’objectif était d’apprécier le potentiel réel de la région, au-delà des dossiers de candidature. Les experts ont sillonné plusieurs sites naturels, culturels et touristiques, de Soliman à Haouaria en passant par Takelsa, le site archéologique punique de Kerkouane — classé au patrimoine mondial de l’Unesco — et la ville côtière de Kélibia.

Les visites de terrain ont mis en lumière la richesse des produits du terroir et la profondeur des traditions culinaires locales. Un intérêt particulier a été accordé aux savoir-faire liés à la production d’huile d’olive et aux métiers artisanaux qui structurent depuis des siècles l’identité alimentaire du Cap Bon. Les membres de la délégation ont également pris part à des ateliers culinaires au cours desquels ils ont pu découvrir et déguster plusieurs spécialités emblématiques : la chakchouka, le brik, le makroudh, ainsi que des préparations traditionnelles propres à la région de Kélibia.

Au terme de cette immersion, les experts ont salué la diversité gastronomique de la péninsule, la qualité de son environnement naturel et la cohérence entre ses atouts paysagers et ses traditions alimentaires. Des éléments qui ont pesé favorablement dans la décision finale du jury.

Diana Dood : « Une reconnaissance qui dépasse le cadre gastronomique »

Diana Dood, présidente de l’Institut international des arts culinaires, de la culture et du tourisme, a tenu à replacer cette distinction dans une perspective plus large. Pour elle, la labellisation du Cap Bon ne se limite pas à une reconnaissance de l’excellence culinaire de la région. Elle constitue avant tout un levier de coopération entre acteurs locaux et internationaux, au service de la valorisation du patrimoine culturel et alimentaire dans sa globalité. Une vision qui rejoint les ambitions affichées par les partenaires tunisiens impliqués dans ce dossier.

Un écosystème local mobilisé autour du tourisme durable

Derrière cette labellisation se dessine une stratégie de long terme. La distinction s’inscrit dans un cadre de coopération formalisé par un protocole signé entre la délégation régionale du tourisme de Nabeul, des structures de formation professionnelle, des associations environnementales actives dans la région et l’initiative Sawa Taste of Tunisia. Ce partenariat multisectoriel témoigne d’une volonté de dépasser la simple promotion touristique pour engager le territoire dans une démarche de développement durable, ancrée dans ses ressources locales.

Le Cap Bon dispose d’atouts naturels et culturels indéniables : un littoral préservé, des terres agricoles fertiles productrices d’agrumes, de vigne et d’olivier, une tradition culinaire transmise de génération en génération, et un patrimoine archéologique d’une richesse rare. Autant d’éléments qui fondent la légitimité de cette candidature et qui dessinent les contours d’une offre touristique gastronomique à fort potentiel.

Rapportée par La Presse de Tunisie, cette désignation intervient dans un contexte où la Tunisie cherche à diversifier son offre touristique et à valoriser ses territoires régionaux au-delà des circuits balnéaires classiques. Le Cap Bon, avec ce nouveau label, dispose désormais d’un tremplin pour s’imposer comme une destination gastronomique de référence à l’échelle mondiale, à l’horizon 2028.