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Ben Arous : un plan anti-embouteillages en préparation sur l’avenue de France

- Autos
8 mai 2026
auto tunisie - Tunisia Times

Les bouchons chroniques qui paralysent l’avenue de France à Ben Arous ont fini par interpeller le ministère de l’Intérieur. Après une question écrite déposée par la députée Olfa Marouani à l’Assemblée des représentants du peuple, le ministère a confirmé l’engagement de ses services dans l’élaboration d’un dispositif concret pour fluidifier la circulation dans cette zone parmi les plus saturées du Grand Tunis.

Une étude globale pour diagnostiquer la congestion

La réponse officielle du ministère de l’Intérieur, publiée sur le portail de l’Assemblée des représentants du peuple, indique que les services spécialisés dans la régulation du trafic routier ont été mobilisés pour conduire une analyse approfondie de la situation. L’objectif de cette démarche est d’identifier avec rigueur les facteurs qui alimentent la congestion sur ce tronçon, dont la fréquentation dépasse largement la capacité de la voirie actuelle.

Cette phase de diagnostic ne constitue pas une fin en soi. Elle doit aboutir à la conception d’un plan de circulation intégré, pensé pour répondre simultanément à plusieurs impératifs : la sécurité des usagers motorisés, la protection des piétons et la réduction des temps de trajet pour l’ensemble des habitants du secteur. Le ministère a insisté sur le fait que les solutions envisagées devront être opérationnelles « dans les meilleurs délais », sans pour autant préciser d’échéance formelle.

La méthode retenue traduit une volonté d’approche systémique plutôt que de mesures ponctuelles. Les autorités semblent vouloir éviter des interventions partielles qui risqueraient de déplacer les problèmes sans les résoudre, une critique souvent formulée par les riverains de zones urbaines denses comme Ben Arous.

Une « paralysie routière » dénoncée par la députée Marouani

C’est par le biais d’une question parlementaire écrite qu’Olfa Marouani, députée représentant la circonscription concernée, a mis en lumière l’ampleur des dysfonctionnements. Dans son interpellation, elle a employé l’expression de « paralysie routière » pour décrire l’état de l’avenue de France, soulignant que les perturbations ne se concentrent pas uniquement aux heures habituelles de pointe — matin et soir — mais s’étendent sur l’ensemble de la journée.

Cette précision est loin d’être anodine. Elle suggère que la congestion dépasse le simple phénomène pendulaire lié aux flux domicile-travail, et qu’elle résulte de facteurs structurels plus profonds liés à la configuration de la voirie, aux accès limités et à la densité des activités commerciales et administratives dans ce périmètre de la délégation de Ben Arous.

La parlementaire n’en était pas à sa première démarche sur ce dossier. Elle avait déjà saisi le ministère de l’Intérieur via une question orale, à travers laquelle elle réclamait la réouverture d’une ruelle adjacente à l’avenue de France, donnant accès au quartier Ibn Arafa. Cet axe secondaire, autrefois utilisé pour délester la circulation principale, a été barré par des blocs de pierre et des barrières métalliques, une mesure de sécurité prise au niveau des locaux de la sûreté nationale et de la garde nationale implantés dans ce secteur.

La fermeture d’une ruelle au cœur du problème

Selon Olfa Marouani, la mise hors service de cet accès constitue l’un des facteurs aggravants de la situation. En supprimant une voie de contournement naturelle pour les véhicules cherchant à éviter l’axe principal, les autorités sécuritaires ont, involontairement ou non, contribué à concentrer davantage de trafic sur une artère déjà insuffisante. Le résultat est une pression accrue sur l’avenue de France, sans alternative viable pour les usagers.

Cette problématique soulève une tension récurrente dans les zones urbaines où des infrastructures sécuritaires coexistent avec des espaces de vie dense : comment concilier les exigences légitimes de protection des installations sensibles avec les besoins de mobilité des populations riveraines ? La réponse du ministère ne tranche pas directement sur la question de la réouverture de la ruelle, mais l’étude en cours devrait, selon toute logique, intégrer cet élément dans son périmètre d’analyse.

Ben Arous, territoire sous pression urbaine

La situation décrite à Ben Arous s’inscrit dans un contexte plus large de saturation des infrastructures routières dans la banlieue sud de Tunis. Avec une population en croissance continue et un maillage de transports en commun qui peine à absorber les flux, les routes de la région subissent une pression croissante, notamment sur les axes reliant les zones résidentielles aux pôles d’activités économiques.

L’avenue de France, de par sa position stratégique dans la délégation de Ben Arous, concentre des flux provenant de plusieurs quartiers et constitue un point de passage incontournable pour de nombreux usagers. Son dysfonctionnement n’est donc pas un simple désagrément local : il produit des effets en cascade sur l’ensemble du réseau viaire de la zone, allongeant les temps de déplacement et générant des nuisances environnementales et sonores pour les habitants.

La démarche parlementaire d’Olfa Marouani, relayée par la réponse officielle du ministère de l’Intérieur, illustre la manière dont les mécanismes de contrôle législatif peuvent contribuer à accélérer la prise en charge de problèmes urbains chroniques. Reste à savoir si l’étude en cours débouchera sur des mesures concrètes et durables, ou si elle rejoindra la longue liste des diagnostics restés sans suite dans les tiroirs de l’administration.

Selon les informations rapportées par La Presse de Tunisie, aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la présentation des conclusions de l’étude ni pour la mise en œuvre du plan de circulation annoncé. Les habitants de Ben Arous, eux, continuent d’affronter quotidiennement des conditions de déplacement difficiles dans l’attente de solutions tangibles.